Cinéma & Divertissement

G.I. Joe : Conspiration, le comic derrière les ninjas de l’Himalaya

La mission de Snake Eyes et Jinx emprunte au récit muet de Larry Hama, sans en reprendre toute la mécanique.

Publié le 3 min de lecture

La mission de Snake Eyes et Jinx emprunte au récit muet de Larry Hama, sans en reprendre toute la mécanique.

Dans G.I. Joe : Conspiration, la mission himalayenne de Snake Eyes et Jinx rend hommage à Silent Interlude, le comic de Larry Hama. Les ninjas prennent le relais des dialogues, mais l’adaptation ne se résume pas à couper les micros.

Au sommaire
  1. 01Silence, on capture
  2. 02Scarlett n’attend pas le sauveur
  3. 03Couper les paroles, pas la lisibilité

Réalisé par Jon M. Chu et sorti en 2013, le long métrage envoie les deux personnages capturer Storm Shadow dans une séquence presque dépourvue de paroles. Ce choix renvoie au numéro 21 de G.I. Joe: A Real American Hero, écrit et dessiné par Hama. Le rapprochement tient donc à une manière de raconter, pas seulement à la présence de combattants dans un décor montagneux.

Affiche de G.I. Joe : Conspiration
Affiche de G.I. Joe : Conspiration

Le récit sans dialogues a aussi fait l’objet d’une initiative collective chez Marvel : en 2001, l’éditeur a lancé ’Nuff Said, qui proposait des numéros avec peu ou pas de dialogues. Une contrainte féconde : quand les personnages cessent d’expliquer ce qu’ils font, l’image doit assurer le boulot.

Chez Chu, l’hommage conserve le principe du silence, mais change la mission et ses enjeux.

Silence, on capture

Dans le comic, Snake Eyes infiltre une base de montagne pour secourir Scarlett. Le film redistribue les rôles : Jinx l’accompagne et Storm Shadow devient la cible d’une capture. On ne regarde donc pas une transposition scène par scène du numéro de Hama. Le décor montagneux et l’économie de paroles constituent les points de contact les plus nets entre deux opérations différentes.

La différence mérite qu’on s’y arrête. Sauver une prisonnière ou capturer un adversaire ne donne pas la même fonction à l’intervention de Snake Eyes. Le film reprend une forme narrative tout en lui assignant un autre objectif. En 2013, Jon M. Chu a décrit la préservation de l’esprit de Silent Interlude comme un défi. Préserver un esprit, ce n’est pas photocopier des cases.

Scène officielle : G.I. Joe : Conspiration
G.I. Joe : Conspiration © Droits réservés

Scarlett n’attend pas le sauveur

Le comic réserve précisément un déplacement à son scénario de sauvetage : Scarlett finit par se libérer elle-même, sans attendre Snake Eyes. Ce fait empêche de réduire le récit à une simple démonstration des capacités du ninja. La prisonnière agit aussi. Derrière la mission annoncée, Hama ménage une autre trajectoire, qui ne dépend pas de l’arrivée du héros.

Le silence porte également une information distincte de l’action. Sur la dernière page, Snake Eyes et Storm Shadow présentent le même tatouage. Un détail visuel suffit à établir cette correspondance. La page ne sert plus seulement à montrer un affrontement : elle donne quelque chose à lire dans les corps.

Couper les paroles, pas la lisibilité

La séquence himalayenne concentre donc un enjeu de mise en scène précis : raconter une opération avec très peu de dialogues. C’est l’intérêt de cet hommage, qui fait du geste le principal véhicule du récit plutôt que son illustration. Sa limite tient au montage rapide, qui gêne la lisibilité des combats. Retirer les explications verbales rend cette difficulté d’autant plus sensible : on demande davantage aux images.

Le contraste avec Hama se situe là, dans la circulation de l’information. Le comic fait aussi travailler le regard hors du combat : sa dernière page montre le tatouage identique de Snake Eyes et Storm Shadow.

Scène officielle : G.I. Joe : Conspiration
G.I. Joe : Conspiration © Droits réservés

Bande-annonce VF de G.I. Joe : Conspiration

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Vincent Bazire
Écrit par

Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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