Comprendre le salaire d’un commis de cuisine

MargauxBlog emploi16 septembre 2025

Pas si facile de savoir combien gagne vraiment un commis de cuisine, entre longues heures derrière les fourneaux et débuts sur le terrain. La réalité du métier se ressent dans chaque euro à la fin du mois, qui fluctue selon l’expérience et la structure. Derrière le tablier, quelques nuances méritent d’être regardées de plus près.

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Salaire d’un commis de cuisine : la réalité derrière les fourneaux

Un matin d’automne, le réveil vibre à 5h30. La lumière est encore éteinte là-dehors, la cuisine attend qu’on s’y engouffre. Le commis de cuisine, souvent tout juste sorti de l’école ou encore étudiant, prend son tablier, entre dans ce monde de brûlures, de couteaux affûtés et de gestes précis. Mais très vite, la même question surgit, discrète puis persistante : combien gagne-t-on, vraiment, quand on coupe, lave, prépare, recommence ?

Les chiffres nus : ce que dit la fiche de paie

Le salaire d’un commis de cuisine ne fait pas dans la dentelle. Il annonce la couleur : entre 1 530 € et 1 750 € bruts par mois en entrée de jeu, que ce soit à l’hôpital, la cantine, la brasserie du coin, ou le restaurant qui rêve d’une étoile. Un tarif qui bouge peu sur le ticket de caisse du public ou du privé. Petit détail, le secteur public fonctionne avec une grille (comme celle des agents en collectivité), la progression y est encadrée, presque administrative ; l’ancienneté y laisse une trace, mais pas le feu d’artifice. Du côté privé, certes, le nom sur la devanture peut faire grimper l’addition : une institution connue, quelques années d’expérience, et le salaire monte à 2 200 €, voire un peu plus.

Ce qui est étrange, c’est qu’en cuisine, l’indépendance attire aussi. Certains, à force de stages ou de prises de risques, s’installent comme traiteurs, free-lance, à domicile : là, tout dépend du carnet de commandes. Parfois c’est la fête, parfois on survit avec des 2 500 € à 3 000 €, et le mois d’après, rien. Les montagnes russes du statut indépendant.

L’arrière-cuisine de la progression

On imagine souvent que le commis rase les murs, éternel apprenti. En réalité, on embauche au bas de l’échelle, mais la cuisine bouge vite, et les plus motivés grimpent. Ceux qui supportent la cadence, la pression, et qui savent apprendre à l’instinct finissent chef de partie, sous-chef, puis chef. Rares sont ceux qui s’arrêtent toute une vie au même poste. Mais il faut encaisser, s’accrocher, saisir les bonnes opportunités sans se brûler.

Parfois, la méconnaissance du métier laisse croire que « commis », c’est l’équivalent du stagiaire ou d’un job temporaire. Faux : c’est la base du métier, la rampe de lancement de tout cuisinier qui rêve de ses propres recettes. Les films français l’habillent de poésie, mais la réalité, c’est la rigueur, la sueur et le désir de bien faire (voir cette sélection de films français autour du travail).

Détours et faux-semblants

Ce que peu de gens voient : la formation fait toute la différence, mais il n’y a pas d’unique voie royale. Entre le CAP Cuisine, le Bac Pro Cuisine ou des formations professionnelles plus courtes, chacun choisit son tempo. L’école n’est jamais très loin, mais c’est en cuisine qu’on apprend vraiment sur le tas. Beaucoup optent pour l’alternance, histoire de toucher un salaire tout en forgeant leur main.

Un truc que certains ignorent : parfois, dans les grands groupes ou les cantines, le salaire bouge peu malgré l’expérience. On se retrouve coincé dans les grilles. À l’inverse, dans un petit restaurant ou en indépendant, il y a l’espoir d’un meilleur revenu, mais aussi plus de risques.

Petite histoire de plonge

Il y a cette fille, Adèle, 22 ans, débarquée de province, CAP en poche. L’auberge affichait complet chaque week-end. Elle a commencé à 1 550 € brut, l’œil sur le chef qui criait beaucoup, sur les collègues qui parlaient peu. Quelques mois plus tard, elle a pris le relais sur la mise en place : entrées, desserts, stocks à surveiller. On l’a augmentée de 100 €. Pas grand-chose, mais assez pour qu’elle reste et rêve à la suite : chef de partie, puis ouvrir un jour un food-truck à son nom.

Changement de regard sur la valeur

Du dehors, on pense parfois : « Mal payé, métier pénible ». Mais derrière le chiffre, il y a la liberté de mouvement, la sensation d’appartenir à une brigade, les perspectives d’évolution. Le commis apprend, teste, rate, recommence. C’est la base qui construit la suite. Ce n’est ni glamour, ni désespérant. Simplement vivant.

On le sent tout de suite : le vrai piège, c’est d’imaginer qu’un revenu dit tout de la valeur d’une profession. Un commis de cuisine, tout comme un ouvrier qualifié, un soudeur, un carreleur ou même un graphiste, sert une société qui n’y regarde pas toujours de si près.

Quand la fiche de paie ne dit pas tout

C’est là que ça devient intéressant. Entre la sueur et le sourire désabusé du service de midi, il y a une fierté brute, difficile à mesurer, qui ne tient pas sur un bulletin de salaire.

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