“De ces quatre hommes, lequel est le cerveau ?”
Présenté en 1969, « Le Cerveau » réunit Gérard Oury, Jean-Paul Belmondo, Bourvil, David Niven et Eli Wallach dans un casse franco-italien de 115 minutes. La sortie du 7 mars 1969 place le film dans la continuité du succès de La Grande Vadrouille, avec un budget alors présenté comme le plus important du cinéma français de l’époque.
« Le Cerveau » de Gérard Oury: un casse comique porté par Jean-Paul Belmondo et Bourvil
Le scénario, signé par Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, part de l’attaque du train postal Glasgow-Londres et du transfert des fonds de l’OTAN de Paris à Bruxelles. Anatole et Arthur préparent le vol, tandis qu’une autre bande agit sous les ordres d’un génie du crime surnommé « le Cerveau ». Le film fait entrer dans la même mécanique des malfrats, la mafia sicilienne et des intérêts militaires, sur fond de faux remake de hold-up et de déménagement de quartier général allié.
La distribution aligne Jean-Paul Belmondo, Bourvil, David Niven, Eli Wallach, Silvia Monti, Raymond Gérôme, Fernand Guiot et Jacques Balutin. Oury retrouve Belmondo et Bourvil après Un drôle de dimanche, tandis que Bourvil apparaît pour son dernier film réalisé par le cinéaste. La musique de Georges Delerue accompagne l’ensemble, avec la chanson The Brain du groupe américain The American Breed au générique et Cento giorni pendant l’entrée de Silvia Monti.
« Le Cerveau », budget record, tournage retardé et décor de prodige industriel
Le financement passe par Gaumont, Dino de Laurentiis et Paramount Pictures, cette dernière exigeant son propre négatif pour viser le marché américain. Deux versions du film sont alors tournées, en français et en anglais, avec l’accord de Belmondo et de Bourvil pour jouer dans cette langue. Le 16 février 1968, à New York, Charles Bluhdorn et Alain Poiré signent l’accord de partenariat entre Gaumont et Paramount Pictures, appartenant au conglomérat Gulf+Western.
Le tournage, prévu au printemps 1968, commence le 10 juillet 1968 après le retard causé par Mai-68, puis par la météo normande. Des moyens considérables sont mobilisés, avec deux trains blindés, une dizaine de wagons, des kilomètres de voie ferrée, des voitures radio, des hélicoptères et une escouade de motards. Le paquebot France intervient pour la fin du film, tandis qu’une réplique de la statue de la Liberté en polyester, haute de 13,5 m et pesant 3,5 tonnes, structure l’un des grands dispositifs visuels du tournage.
La prise de vues traverse la France, l’Angleterre, les États-Unis et l’Italie, avec Paris, Le Havre, Rouen, Péronville, Bargème, Poissy, Tancarville, Saint-Maurice et plusieurs sites du sud de la capitale. La scène de la DS coupée en deux se tourne au Havre, la séquence du château nocturne à Bargème, le passage de la statue devant l’église à Rouen. À la sortie, le film attire plus de 5 millions de spectateurs et reste en deçà du succès de Le Corniaud et de La Grande Vadrouille.
« Le Cerveau », entre comédie de casse et machine de production franco-américaine
Le film repose sur une idée de double vol, avec un train spécial chargé des fonds secrets de l’OTAN et une bande rivale issue du casse Glasgow-Londres. La mécanique tient sur des déplacements, des déguisements, des ratés matériels et un personnage de stratège au crâne trop lourd pour rester droit sous l’émotion. Gérard Oury fait circuler l’action entre Londres, Paris, Bruxelles, New York et les sites de tournage français, au prix d’une logistique qui ressemble parfois davantage à une opération industrielle qu’à une comédie de plateau.
Cette dimension se lit aussi dans le rapport au marché américain. Paramount Pictures impose un négatif distinct, Belmondo et Bourvil acceptent l’anglais, et le film se pense dès sa fabrication comme une œuvre exportable. L’idée de départ, selon Oury, consistait à intégrer « deux nigauds » dans le vol d’un train postal mené par des spécialistes, un ressort qui donne au récit sa tension burlesque sans le détacher de ses sources historiques. À l’écran, la fantaisie du dispositif ferroviaire, la présence du paquebot France et la statue de la Liberté composent un décor où le casse devient affaire d’échelle, de circulation et de contraintes très concrètes.
Critique sur Le Cerveau
Où regarder en streaming Le Cerveau
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Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Le Cerveau figurent Arthur Lespinasse, interprété par Jean-Paul Belmondo, Anatole, interprété par Bourvil et Colonnel Carol Matthews, Aka 'Le Cerveau', interprété par David Niven. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.






























