Francisco Rabal: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Francisco Rabal en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
204
œuvres recensées
195 films · 9 séries
- Première année recensée
- 1933
- Dernière année recensée
- 2001
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1958, Nazarín de Luis Buñuel place Francisco Rabal au centre d’un cinéma qui circule bien au-delà de l’Espagne. Le film l’associe à un cinéaste dont il retrouvera ensuite la méthode dans Viridiana en 1961 et Belle de jour en 1966, où il joue Hyppolite.
Des studios de Chamartín aux premières scènes
Francisco Rabal Valera naît le 8 mars 1926 à Águilas, dans la région de Murcie. Enfant, il lit et écrit déjà à 4 ans. La guerre civile espagnole bouleverse ensuite la famille, contrainte de quitter les déplacements ouvriers pour Madrid puis les villages de la Sierra.
À Madrid, il travaille comme assistant électricien aux studios Chamartín. Le cinéma l’attrape par la marge, d’abord comme figurant dans La rueda de la vida en 1942, El crimen de Pepe Conde en 1946 et La Lola se va a los puertos en 1947. Rafael Gil lui confie ses premières répliques dans La Reine sainte la même année.
Le théâtre occupe vite une place décisive. Il rejoint la compagnie d’Isabel Garcés et participe à Diario íntimo de la tía Angélica de José María Pemán en 1946. En 1952, Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller lui vaut une visibilité plus large sur scène.
Il retrouve ensuite José Tamayo au Festival International de Théâtre Classique de Mérida. Il y joue Œdipe roi en 1954, Jules César en 1955, Thyeste en 1956 puis à nouveau Œdipe roi en 1960. Avec le même metteur en scène, il partage l’affiche de La vie est un songe au Teatro Español de Madrid en 1955.
Buñuel, puis l’Europe
Nazarín ouvre une séquence où Luis Buñuel revient régulièrement. Francisco Rabal tourne ensuite Viridiana, puis Belle de jour, avant de retrouver le cinéaste dans Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma en 1995, où il prête sa voix à Luis Buñuel. Entre ces dates, il sert une cinématographie qui circule entre Espagne, France et Italie.
Michelangelo Antonioni le dirige dans L’Éclipse en 1962. Jacques Rivette l’engage dans La Religieuse en 1967, Luchino Visconti dans Les Sorcières la même année, Valerio Zurlini dans Le Désert des Tartares et Claude Chabrol dans Marie-Chantal contre Dr Kha. Ces rôles le placent au cœur d’une circulation européenne très nette des années 1960.
Il tourne aussi en Italie avec Le Convoi de la peur de William Friedkin en 1977, où il joue Nilo. Avant cela, Friedkin l’avait envisagé pour French Connection, sans retenir finalement sa présence au générique. Rabal ne se limite pas à ce cinéma d’auteurs, puisqu’il apparaît aussi dans Les Anges exterminés en 1968 et dans Tout est possible à Grenade en 1954.
Par ailleurs, il travaille en Espagne dans Camino del Rocío, Tormento et Les Longues Vacances de 36. La variété des producteurs et des pays dessine une présence continue, sans rupture voyante, dans des films très différents par leur format et leur langue.
Les années de reconnaissance
Les distinctions arrivent tôt. En 1953, Francisco Rabal reçoit pour Hommes en détresse le Lion de bronze à la Mostra de Venise et le prix d’interprétation du Círculo de Escritores Cinematográficos. La même année, Hay un camino a la derecha lui vaut la Coquille d’argent du meilleur acteur au Festival du film de Saint-Sébastien.
Le Festival de Cannes l’honore ensuite pour Les Saints innocents en 1984. Dans ce film de Mario Camus, il joue Azarías et partage le prix d’interprétation masculine avec Alfredo Landa. L’année précédente, le même Mario Camus l’avait dirigé dans La Ruche, et Rabal avait travaillé aussi dans Truhanes avec Miguel Hermoso.
Le palmarès du Festival international du film de Saint-Sébastien inclut ensuite un hommage en 1977. Il reçoit plus tard le prix national du Cinéma du ministère espagnol de la Culture, distinction qui le place parmi les rares lauréats de cette récompense. La même reconnaissance institutionnelle accompagne une filmographie qui continue d’avancer dans les années 1990.
En 1990, il joue Máximo Espejo dans Attache-moi! de Pedro Almodóvar. En 1996, il incarne Tiresias dans Edipo alcalde. Trois ans plus tôt, Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma lui offre un détour par le doublage, avec la voix de Buñuel.
Les dernières années à l’écran
Francisco Rabal reste présent dans les productions de la fin du siècle. En 1985, Luigi Comencini le dirige dans La storia. En 1978, il joue Lorenzo dans La Fille, puis revient dans des œuvres plus tardives comme Dagon en 2001, où il interprète Ezequiel.
Sa présence s’étire jusqu’aux toutes dernières semaines de sa vie. Il meurt le 29 août 2001. Dans l’intervalle, Le Convoi de la peur, La Religieuse, Les Saints innocents et Attache-moi! montrent des registres très différents, du religieux au burlesque noir, du récit politique au drame rural.
Le théâtre n’a jamais complètement disparu de cet ensemble. Son adieu à la scène survient en 1974 avec C’était hier de Harold Pinter, aux côtés d’Irene Gutiérrez Caba. Le geste ferme une activité parallèle qui avait débuté bien avant ses grands rôles de cinéma, sans jamais céder toute la place au film.
Rabal laisse l’image d’un acteur espagnol passé par les studios de Madrid, les scènes classiques, le Buñuel mexicain et plusieurs cinémas nationaux européens. Le nom de Paco Rabal accompagne celui de Francisco Rabal dans la mémoire des écrans et des affiches.
Films et séries avec Francisco Rabal
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