Jean Yanne: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Jean Yanne en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
108
œuvres recensées
102 films · 6 séries
- Première année recensée
- 1952
- Dernière année recensée
- 2003
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1964, l’émission « Un égale trois » disparaît de l’antenne après cinq numéros. Jean Yanne y travaille avec Jacques Martin, dans un format qui heurte le ministère de l’Information et une partie des téléspectateurs. Le même nom, déjà connu au cabaret, à la radio et à la télévision, se trouve alors associé à une manière de parler qui prend à rebours les usages de son époque.
Jean Yanne, du cabaret aux micros
Jean Roger Gouyé naît le 18 juillet 1933 aux Lilas, en Seine. Il grandit dans une famille où le travail manuel domine, puis quitte rapidement les études après le lycée Chaptal, où il obtient le BEPC et participe à une activité théâtre. L’apprentissage d’ébéniste qu’il tente ensuite s’interrompt vite, faute de rémunération.
En 1950, il entre au Centre de formation des journalistes de Paris et s’y attarde cinq mois. Il y trouve surtout un terrain pour ses numéros d’amuseur, avant de travailler comme pigiste pour L’Aurore, Paris-Presse, L’Écho de la Mode et L’Humanité Dimanche. Il écrit aussi des reportages pour Time-Life et une rubrique intitulée « Le coin du dragueur » dans Dragueur de mines.
Le pseudonyme Jean Yanne apparaît à cette période. Le nom de scène vient du prénom breton Yann, choisi pour remplacer un patronyme souvent déformé. Dès 1953, il s’installe aux Trois Baudets avec Bob du Pac, puis triomphe en 1954 dans « Cinémassacre » de Boris Vian, une suite de sketches loufoques.
Les Trois Baudets et la radio
En 1957, il publie avec Siné « J’y va-t-y j’y Vatican » puis « Ça fait des bulles », deux revues anticléricales. Il enregistre la même année des chansons à l’Olympia, auxquelles s’ajoutent des titres de studio réunis sous le nom Le misanthrope provocateur. Sa manière de charger les couplets de faux sérieux et de grimaces verbales se remarque alors sur scène.
En janvier 1958, la presse salue son passage à La Fontaine des Quatre-Saisons. Le texte de l’époque le présente comme un « jeune de grand avenir », et souligne sa présence aux côtés de Francis Blanche, Jacqueline Maillan et Pierre Doris. En 1960, il revient aux Trois Baudets avec « Une colonne à la cinq », spectacle burlesque qui détourne Cinq colonnes à la une de Pierre Lazareff.
Le début des années 1960 le voit gagner la radio, puis une place de chroniqueur et d’animateur. Il travaille avec Jacques Martin, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, tout en composant et en chantant dans des émissions comiques. En 1961, il publie un disque de rock sous le nom de Johnny ‘Rock’ Feller et ses ‘Rock’ Child, avec J’aime pas le rock, Le rock coco et Saint-Rock.
L’irrévérence à l’antenne
En 1964, Jean Yanne et Jacques Martin lancent « Un égale trois », diffusée à 20 h 30 sur l’unique chaîne de télévision. Le programme s’arrête après cinq numéros, après avoir irrité le ministère de l’Information et une partie du public. L’un des sketches montre Napoléon et ses généraux disputant une course cycliste entre Iéna et Waterloo.
L’année suivante, il travaille à « Dim Dam Dom », puis continue à brouiller les lignes entre chanson, chronique et satire. Pendant le printemps 1968, lors d’une émission du dimanche, il prononce par dérision la formule « Il est interdit d’interdire ». Le slogan circule ensuite au premier degré, alors que lui-même l’avait lancé sur un mode moqueur.
Par ailleurs, ses relations avec les directions de l’audiovisuel restent tendues. Le terme de « champion en matière de licenciements » lui est appliqué, et cette réputation accompagne une activité où la provocation tient lieu de méthode. En mai-juin 1968, il figure parmi les chanteurs qui affichent leur solidarité avec les grévistes de l’ORTF dans Le Monde.
De Chabrol à Pialat
En 1969, Jean Yanne passe à « Erotissimo », puis à « Que la bête meure » de Claude Chabrol. L’année suivante, il tourne « Le Boucher » avec le même cinéaste. Ces rôles le placent dans des films où la comédie laisse parfois surgir une menace plus nette, sans qu’il abandonne pour autant son ton de départ.
En 1971, Maurice Pialat lui confie « Nous ne vieillirons pas ensemble ». Pour ce film, il reçoit en 1972 le prix d’interprétation masculine du festival de Cannes. Il travaille aussi sous la direction de Jean-Luc Godard et de Claude Lelouch, tout en gardant les seconds rôles qui ponctuent cette période.
Dans ces années-là, il reste visible dans des comédies comme « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et « Les Chinois à Paris », qu’il réalise aussi, puis dans « Moi y’en a vouloir des sous ». Ses films visent les hypocrisies sociales avec une brutalité de ton qui prolonge ses attaques radiophoniques.
Les années 1980 et les derniers rôles
En 1982, il apparaît dans « Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ » dans le rôle de Paulus. L’année suivante, il est Murat, fonctionnaire à la Kommandantur, dans « Papy fait de la résistance ». Ces films prolongent son goût pour les autorités tournées en ridicule, avec une diction qui mord sur chaque réplique.
En 1991, il joue M. Homais dans « Madame Bovary ». En 1992, il retrouve le cinéma dans « Indochine », où il interprète Guy Asselin. Trois ans plus tard, « Le Hussard sur le toit » lui donne le rôle de Hawker, puis « Belle Maman » arrive en 1999 avec Paul.
Au début des années 2000, il joue encore le Comte de Morangias dans « Le Pacte des loups » en 2001. En 2003, « Les Thibault » le montre sous les traits d’Oscar Thibault. La même année, le 23 mai, il meurt à Morsains, dans la Marne.
Films et séries avec Jean Yanne
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