Louis de Funès: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Louis de Funès en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
167
œuvres recensées
166 films · 1 série
- Première année recensée
- 1946
- Dernière année recensée
- 1983
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1945, Louis de Funès obtient son premier rôle au cinéma dans La Tentation de Barbizon, de Jean Stelli. Il a alors 31 ans et joue un portier de cabaret, avec une réplique qui ouvre une longue présence à l’écran. Né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, mort le 27 janvier 1983 à Nantes, il vient tardivement au cinéma après des années de petits métiers, de piano de bar et de scène.
Courbevoie, la fourrure et le piano
Louis Germain David de Funès de Galarza grandit dans une famille d’origine espagnole. Son père, Carlos de Funes de Galarza, traverse les années avec des fortunes changeantes, tandis que sa mère, Leonor Soto Reguera, fait vivre le foyer par la vente de fourrures. La famille s’installe d’abord à Neuilly-sur-Seine puis à Courbevoie, rue Carnot, après des revers financiers.
En 1920, la famille déménage à Villiers-sur-Marne. Leonor lui donne ses premières leçons de piano à 5 ans, sans solfège. À 10 ans, il entre au collège Jules-Ferry de Coulommiers, où il reste pensionnaire pendant 3 ans. Rêveur et peu docile, il s’y tourne vers le dessin, la pêche et les jeux qui font rire ses camarades.
Son premier contact avec la scène date de juin 1926, lors d’un spectacle donné au théâtre municipal de Coulommiers pour le cinquantenaire du collège. Il y chante et joue dans Le Royal Dindon, opéra-comique en un acte de Luigi Bordèse. Le passage est bref, mais il laisse une trace dans les remarques du journal local, qui salue sa prestation parmi les élèves.
En 1930, à 16 ans, il entre à l’École professionnelle de la fourrure près de la place de la Bastille, d’où il est renvoyé pour chahut. Il passe ensuite par plusieurs emplois, du comptable à l’étalagiste, avant d’intégrer en 1932 l’École technique de photographie et de cinéma, dans la section cinéma. Il y croise Henri Decaë, futur directeur de la photographie de plusieurs films, mais l’expérience tourne court après un renvoi pour incendie volontaire.
Les années de scène et de cabaret
En 1936, alors qu’il travaille comme vendeur dans un magasin parisien, il épouse Germaine Carroyer. Le couple part à Saint-Étienne, puis à Charleville-Mézières, où naît son premier fils, Daniel, en juillet 1937. Il revient à Courbevoie en 1938 après avoir occupé plusieurs postes de décorateur, dessinateur industriel et aide-comptable.
À la mobilisation de 1939, il est affecté à des travaux de manutention et de terrassement. Réformé en 1940, il échappe aux combats. Pendant la « drôle de guerre », il anime de petits divertissements pour les soldats et imite Maurice Chevalier. Sous l’Occupation, il gagne sa vie comme pianiste de bar, joue dans divers établissements parisiens et rejoint le Conservatoire International de Jazz, où il rencontre Jeanne Barthélémy.
En 1943, il décide de devenir comédien et s’inscrit au cours Simon, qu’il intègre grâce à une scène des Fourberies de Scapin de Molière. Daniel Gélin lui donne ensuite l’occasion de débuter dans L’Amant de paille de Marc-Gilbert Sauvajon. Au cinéma, il apparaît dans La Tentation de Barbizon en 1945, puis dans plusieurs silhouettes et petits rôles, parfois sous plusieurs identités dans un même film.
En 1949, il joue dans Pas de week-end pour notre amour, comédie autour de Luis Mariano. Il y tient un domestique-pianiste et laisse entendre un mélange de musique de salon, d’opérettes et de jazz. L’année suivante, il fait partie de la troupe Les Burlesques de Paris de Max Révol, avant que Sacha Guitry ne lui confie plusieurs rôles dans La Poison, Je l’ai été trois fois, La Vie d’un honnête homme et Si Paris nous était conté.
Le visage comique prend forme
En 1952, il rejoint les Branquignols de Robert Dhéry. Il y apparaît d’abord dans la revue Bouboute et Sélection, puis retrouve régulièrement la scène dans des spectacles où sa précision gestuelle prend de l’ampleur. Cette période lui donne des rôles plus lisibles et des traits de caractère qui vont revenir dans les films des années suivantes.
En 1953, il joue M. Triboudot, le photographe, dans Dortoir des grandes d’Henri Decoin. La même année, il apparaît dans Ah ! Les belles bacchantes, revue qui connaît deux années de représentations et le fait davantage remarquer. Il tourne alors ses premiers films en couleurs dans l’adaptation cinématographique de cette revue, réalisée par Jean Loubignac, puis dans La Reine Margot de Jean Dréville.
En 1956, La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara marque un tournant. Il y joue avec Jean Gabin et Bourvil, dans un rôle qui met en place le type de personnage qu’il va développer : autorité brusque, impatience, répliques sèches, gestes très tenus puis explosion soudaine. Le succès se prolonge avec Poisson d’avril, Ni vu ni connu et La Vie à deux, où son visage devient familier du cinéma français.
Dans Oscar, d’Edouard Molinaro, il reprend un rôle né au théâtre et impose une mécanique comique fondée sur les nerfs, les quiproquos et la vitesse de parole. Le film prépare les grandes machines populaires de la décennie suivante, sans rompre avec la scène, qui demeure un appui constant dans son travail.
Les années 1960, la cadence des succès
En 1963, Pouic-Pouic lance une série de comédies qui vont dominer le box-office français. L’année suivante, il crée Ludovic Cruchot dans Le Gendarme de Saint-Tropez, puis le commissaire Juve dans Fantômas. Les deux personnages se prolongent en suites et forment des repères durables de sa carrière.
En 1965, Le Corniaud d’Henri Verneuil, avec Bourvil, lui offre un duo très suivi. L’année suivante, La Grande Vadrouille de Gérard Oury le place face au même partenaire dans une comédie de fuite et de déguisements qui attire des foules considérables dans les salles. Il y joue Stanislas Lefort, chef d’orchestre pris dans le chaos de l’Occupation.
La suite de la décennie garde la même cadence. Le Grand Restaurant, Les Grandes Vacances, Le Petit Baigneur et Hibernatus poursuivent la série des personnages emportés par leur propre autorité, leur manie du contrôle et leurs colères soudaines. En 1968, Le Gendarme se marie prolonge la série de Saint-Tropez avec Cruchot. Le public suit ces films dans plusieurs pays européens, et leur diffusion télévisée élargit encore leur présence.
À cette époque, ses prestations restent aussi liées à la musique. Il a déjà montré, dans certains films, sa manière de mêler jeu et piano, de Pas de week-end pour notre amour à L’Homme orchestre. Cette base musicale nourrit des scènes qui reposent sur le rythme autant que sur la parole.
De Rabbi Jacob à La Soupe aux choux
En 1971, La Folie des grandeurs renouvelle sa présence dans une comédie de prestige avec Gérard Oury. Deux ans plus tard, Les Aventures de Rabbi Jacob le place dans le rôle de Victor Pivert, personnage agité pris dans une suite de malentendus et de déplacements forcés. Le film connaît un large écho en France et en Europe, et il reçoit une nomination au Golden Globe en 1975.
En 1976, L’Aile ou la Cuisse lui donne un nouveau face-à-face avec une France de la consommation et des circuits industriels, dans le rôle de Charles Duchemin. En 1978, La Zizanie prolonge cette veine. Deux ans plus tard, L’Avare l’installe dans Molière, puis La Soupe aux choux en 1981 lui offre le rôle de Claude Ratinier, dit Le Glaude.
En 1980, il reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. La distinction vient tard, après une suite de films qui ont trouvé un vaste public sans le placer au centre des cérémonies de récompenses. Il apparaît encore à la télévision dans Le Grand Échiquier et Midi trente en 1972, puis reste présent par la rediffusion de ses films les plus connus.
Louis de Funès meurt le 27 janvier 1983 à Nantes. Son image reste attachée à des rôles de crispation, de vitesse et de contrôle perdu, à des films souvent cités pour leur efficacité populaire, et à une manière de jouer qui passe par le geste, le regard et la parole hachée.
- 1945 — La Tentation de Barbizon, de Jean Stelli
- 1956 — La Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara
- 1964 — Le Gendarme de Saint-Tropez, de Jean Girault, rôle de Ludovic Cruchot
- 1964 — Fantômas, de André Hunebelle, rôle du commissaire Juve
- 1965 — Le Corniaud, de Henri Verneuil, rôle de Léopold Saroyan
- 1966 — La Grande Vadrouille, de Gérard Oury, rôle de Stanislas Lefort
- 1973 — Les Aventures de Rabbi Jacob, de Gérard Oury, rôle de Victor Pivert
- 1976 — L’Aile ou la Cuisse, de Claude Zidi, rôle de Charles Duchemin
- 1981 — La Soupe aux choux, de Jean Girault, rôle de Claude Ratinier
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