Dora Doll: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Dora Doll en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
138
œuvres recensées
125 films · 13 séries
- Première année recensée
- 1938
- Dernière année recensée
- 2007
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1947, Henri-Georges Clouzot la distribue dans « Quai des Orfèvres », où Dora Doll joue Léa, l’amie de Paulo. Le nom de scène de Dorothea Hermina Feinberg circule déjà depuis plusieurs années sur les plateaux français, après des figurations chez Marcel Carné et Abel Gance. Née à Berlin le 19 mai 1922, morte à Nîmes le 15 novembre 2015, elle traverse le cinéma français des années 1940 aux années 2000.
Dora Doll, de Berlin aux scènes françaises
Dorothea Hermina Feinberg arrive en France à la fin des années 1930. Elle veut alors devenir comédienne et apprend rapidement le français, puis l’italien et l’anglais, après avoir grandi avec le russe et l’allemand. Le Conservatoire lui ouvre ses portes comme auditrice dans le cours de Louis Jouvet, qui la prend en sympathie et accompagne ses premiers pas sur scène.
La guerre et l’après-guerre la voient déjà passer devant la caméra, dans des apparitions brèves chez Marc Allégret, Marcel Carné ou Abel Gance. En 1938, elle figure dans « Hôtel du Nord ». L’année suivante, elle apparaît dans « Entente cordiale », puis dans « Battement de cœur » en 1940. Ces présences discrètes la placent dans un cinéma de studio où les seconds rôles font tenir l’ensemble.
Les années 1941 et 1946 la montrent encore dans des partitions courtes, avant que « Quai des Orfèvres » ne lui offre une scène plus nette. Elle y croise l’univers de Clouzot, puis retrouve ce milieu dans « Manon » en 1949, sous la même direction. La matière du jeu s’installe alors dans des emplois de présence, d’appui, de friction avec les autres personnages.
Les années 1950 et les visages du cinéma français
En 1954, Jacques Becker la choisit pour « Touchez pas au grisbi », où elle interprète Lola, l’amie de Max. Le film place Dora Doll dans un registre plus exposé, aux côtés d’un univers policier sèchement dessiné. La même année, elle passe par « Destinées », « La Cage aux souris », « Obsession » et « Votre dévoué Blake ». Cette concentration de tournages dit moins une montée abstraite qu’une présence régulière dans les productions françaises du moment.
« French Cancan », en 1955, lui donne La Génisse dans le monde de Jean Renoir. Elle apparaît aussi dans « Nana », « Chiens perdus sans collier », « Les Impures », « Le Crâneur » et « Sophie et le Crime ». Les réalisateurs changent, les emplois aussi, mais l’actrice reste dans cet espace du cinéma français où les silhouettes secondaires structurent les récits autant que les têtes d’affiche.
Le film qui la fixe durablement dans les mémoires de cette décennie reste « Touchez pas au grisbi ». Dora Doll y trouve un personnage nommé, identifiable, dans une distribution où les rôles de femmes tiennent une place précise. Elle travaille encore avec Jean Delannoy, Jean Gourguet, Christian-Jaque, Marcel Blistène, Maurice Labro ou Pierre Gaspard-Huit, dans un ensemble de films qui composent une activité soutenue sans qu’un seul registre ne la résume.
De Clouzot à Zinnemann
Le tournage de « Le Bal des maudits » l’emmène à Hollywood en 1958, où elle joue Simone aux côtés de Montgomery Clift et Marlon Brando. Avant cela, elle avait déjà tourné un rôle non crédité dans « Un acte d’amour », puis poursuivi avec plusieurs films français du début des années 1950. La traversée américaine ne constitue pas une rupture spectaculaire, mais un déplacement de plus dans une filmographie qui circule d’un cinéma à l’autre.
Dans les années 1960, elle apparaît encore dans « Mélodie en sous-sol » de Henri Verneuil, en 1963. Le rôle de la Comtesse Doublianoff lui donne une autre visibilité, au milieu du tandem Jean Gabin et Alain Delon. En 1976, elle figure dans « Calmos » de Bertrand Blier, puis en 1977 dans « Julia » de Fred Zinnemann, avec Jane Fonda.
Ces titres dessinent une fréquentation continue de cinéastes très différents. Dora Doll passe de Clouzot à Renoir, de Becker à Zinnemann, sans changer d’axe d’une manière brutale. Elle demeure disponible pour des rôles de femme de passage, de comtesse, d’amie, de mère, de propriétaire, de présence brève mais nommée, dans des films où chaque apparition compte dans l’économie du récit.
La télévision et la reconnaissance populaire
En 1983, elle joue Fanchon Fleur de Lys dans « Marianne, une étoile pour Napoléon ». L’année suivante, elle tient un rôle dans « Catherine », avant d’apparaître dans « L’Enfer » de Claude Chabrol en 1994, où elle incarne Mme Chabert. Entre ces dates, elle revient surtout dans des productions destinées au public télévisuel, avec « Les Cœurs brûlés » en 1992, « Le Château des Oliviers » en 1993 et « Les Allumettes suédoises » en 1996.
La notoriété la plus large vient avec « Cap des Pins », feuilleton diffusé entre 1998 et 2000. Elle y joue la mère de Paul Barge et la belle-mère de Claude Jade. Le personnage lui vaut une forte identification du public, dans une série quotidienne où sa présence s’installe sur la durée. Dora Doll y retrouve un format feuilletonnant qui donne un autre rythme à son travail, loin des apparitions fragmentées du cinéma de studio.
Elle met fin à sa carrière en 2007. Elle se retire ensuite en Camargue, à Saint-Gilles, dans le Gard. Sa mort intervient le 15 novembre 2015, peu avant minuit, à Nîmes. Entre Berlin et le sud de la France, entre les seconds rôles du cinéma d’après-guerre et les feuilletons des années 1990, Dora Doll aura traversé plus de 60 ans d’images françaises.
Filmographie sélective
- 1938: « Hôtel du Nord » de Marcel Carné
- 1947: « Quai des Orfèvres » de Henri-Georges Clouzot
- 1949: « Manon » de Henri-Georges Clouzot
- 1954: « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker
- 1955: « French Cancan » de Jean Renoir
- 1958: « Le Bal des maudits » de Edward Dmytryk
- 1963: « Mélodie en sous-sol » de Henri Verneuil
- 1976: « Calmos » de Bertrand Blier
- 1977: « Julia » de Fred Zinnemann
- 1992: « Les Cœurs brûlés »
- 1993: « Le Château des Oliviers »
- 1994: « L’Enfer » de Claude Chabrol
- 1996: « Les Allumettes suédoises »
- 1998-2000: « Cap des Pins »
Films et séries avec Dora Doll
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