Mai 2023. Les salles obscures vibrent une dernière fois au son de Come and Get Your Love. James Gunn signe l’adieu définitif à sa bande de marginaux cosmiques, celle qui a transformé un raton laveur génétiquement modifié et un arbre parlant en icônes planétaires. Derrière chaque personnage, des acteurs qui ont porté cette saga pendant près d’une décennie.
L’essentiel à retenir
- Chris Pratt incarne une dernière fois Peter Quill/Star-Lord, toujours hanté par la perte de Gamora
- Rocket (Bradley Cooper) devient le cœur émotionnel du film avec son passé déchirant
- Will Poulter fait son entrée fracassante dans le MCU en Adam Warlock
- Chukwudi Iwuji compose un antagoniste glaçant : le Maître de l’Évolution
- La distribution réunit Zoe Saldaña, Dave Bautista, Karen Gillan, Pom Klementieff pour un dernier chapitre
Chris Pratt : Star-Lord entre nostalgie et acceptation
Peter Quill n’est plus le jeune aventurier insouciant de 2014. Chris Pratt livre ici une performance empreinte de mélancolie. Son personnage, rongé par l’absence de Gamora, doit accepter que certaines pertes restent irréversibles. L’acteur américain, révélé au grand public dans Parks and Recreation, boucle ainsi un cycle de neuf ans au sein du MCU.
Cette trilogie aura transformé Pratt, passé de l’humour potache d’Andy Dwyer à l’action blockbuster. Entre Jurassic World et les Gardiens, il s’est imposé comme l’une des têtes d’affiche d’Hollywood. Pourtant, c’est bien dans la peau de Star-Lord qu’il semble le plus à l’aise, jonglant entre répliques décalées et instants d’émotion brute.
Rocket au centre : Bradley Cooper et l’âme brisée
Impossible de parler du casting sans évoquer Bradley Cooper, qui prête sa voix à Rocket depuis le premier opus. Vol. 3 place le raton laveur au cœur du récit. Son passé, ses traumatismes, sa rage : tout remonte à la surface. Cooper, habitué aux rôles dramatiques (A Star is Born, Silver Linings Playbook), insuffle une profondeur déchirante à ce personnage né dans un laboratoire.
Sur le plateau, c’est Sean Gunn qui assure la capture de mouvement. Frère du réalisateur, il donne corps à Rocket lors du tournage, permettant aux autres acteurs d’interagir avec une présence physique réelle. Ce tandem Cooper-Gunn fonctionne depuis le début, créant l’un des personnages les plus attachants du MCU.
Zoe Saldaña : une Gamora qui ne se souvient de rien
La Gamora de 2023 n’est pas celle qui a aimé Peter Quill. Zoe Saldaña incarne ici la version de 2014, récupérée lors du casse temporel d’Endgame. Plus sauvage, plus méfiante, cette Gamora navigue aux côtés des Ravageurs. L’actrice américaine offre une interprétation radicalement différente, explorant ce que serait son personnage sans les années passées auprès des Gardiens.
Saldaña, pilier du MCU et de Avatar, prouve une fois encore sa capacité à transcender le motion-capture et les effets spéciaux pour créer des êtres de chair et d’émotions.
Dave Bautista tire sa révérence en Drax
Pour Dave Bautista, Vol. 3 marque la fin de l’aventure. L’ancien catcheur WWE, reconverti acteur, fait ses adieux à Drax le Destructeur. Il l’a répété en interviews : il se sent « soulagé » de quitter ce rôle exigeant, entre maquillages interminables et ambitions artistiques contrariées. Bautista aspire à des personnages plus dramatiques, loin des muscles saillants et du second degré.
Pourtant, Drax reste l’un des grands succès de sa carrière. Son timing comique, sa naïveté touchante, son évolution vers un rôle protecteur : autant de facettes qui ont marqué les spectateurs.
Nébula et Mantis : Karen Gillan et Pom Klementieff, piliers discrets
Karen Gillan poursuit la trajectoire de Nébula, passée d’antagoniste torturée à membre essentiel des Gardiens. L’actrice écossaise, connue pour Doctor Who, apporte une gravité bienvenue à l’équipe. Nébula trouve dans Vol. 3 un nouveau rôle : celui de protectrice, de figure maternelle pour les enfants sauvés par les Gardiens.
Pom Klementieff, seule Française du casting, confirme que Mantis n’est pas qu’un faire-valoir comique. L’actrice formée au Cours Florent mêle humour et vulnérabilité, donnant à son personnage une dimension insoupçonnée. Mantis décide d’ailleurs de quitter l’équipe en fin de film, partant explorer l’univers en compagnie des Abilisks.
Will Poulter : l’arrivée fracassante d’Adam Warlock
Attendu depuis des années par les fans de Marvel Comics, Adam Warlock fait enfin son entrée. Will Poulter, acteur britannique remarqué dans Midsommar et The Maze Runner, incarne cet être artificiel d’une puissance colossale. Problème : Ayesha l’a sorti de son cocon trop tôt. Résultat ? Un Adam immature, impulsif, presque enfantin.
Poulter apporte une fraîcheur inattendue à ce qui aurait pu être un antagoniste monolithique. Son Adam Warlock cherche sa place, passe d’ennemi à allié, sauve Peter Quill dans l’espace. C’est l’une des belles surprises du film.
Chukwudi Iwuji : le Maître de l’Évolution, monstre froid
Difficile de trouver plus glaçant que Chukwudi Iwuji en Maître de l’Évolution. Acteur nigérian formé à Yale, habitué des productions shakespeariennes, Iwuji compose un savant fou obsédé par la création d’une société parfaite. Son personnage cache son visage défiguré sous un masque prothétique, séquelle d’une ancienne confrontation avec Rocket.
James Gunn l’avait déjà dirigé dans Peacemaker. Ici, il lui confie un rôle autrement plus sombre, celui d’un démiurge sans empathie, prêt à tout pour atteindre son utopie génétique. La performance d’Iwuji, théâtrale et terrifiante, ancre le film dans un registre plus adulte que les précédents volets.
Vin Diesel et le minimalisme de Groot
Trois mots. C’est tout ce que prononce Vin Diesel dans ce film : « Je », « s’appelle », « Groot ». Pourtant, l’acteur enregistre chaque réplique avec des inflexions différentes, créant une palette émotionnelle surprenante. Diesel, star de Fast & Furious, a enregistré la phrase en plusieurs langues pour les versions internationales.
Sur le plateau, Austin Freeman assure la capture de mouvement, donnant à Groot sa gestuelle caractéristique. Le personnage, devenu adolescent puis adulte au fil des films, retrouve ici une maturité apaisée.
Les seconds rôles qui font la différence
Sylvester Stallone reprend brièvement son rôle de Stakar Ogord. Elizabeth Debicki revient en Ayesha, la prêtresse dorée des Souverains, désormais mère d’Adam Warlock. Sa mort lors de la destruction de la Contre-Terre marque un tournant pour son fils.
Parmi les nouveaux venus, Maria Bakalova prête sa voix à Cosmo le chien spatial, Nathan Fillion apparaît en Maître Karja, et Asim Chaudhry donne vie à Moustache, l’un des compagnons d’infortune de Rocket dans le Pack 89.
James Gunn : le chef d’orchestre derrière la caméra
Difficile de dissocier le casting de celui qui l’a assemblé. James Gunn, licencié puis réembauché par Disney après une polémique sur d’anciens tweets, signe ici son adieu aux Gardiens avant de prendre les rênes de DC Studios. Son écriture, mêlant humour décalé, violence graphique et émotions à fleur de peau, a défini l’identité de cette trilogie.
Le tournage, débuté en novembre 2021 à Atlanta, s’est étalé sur six mois. Gunn a tourné simultanément le spécial Joyeuses Fêtes, maximisant la présence de ses acteurs. Sa direction permet à chacun de briller, du plus connu au plus discret.
Un casting qui reste une famille
Ce qui frappe dans Vol. 3, c’est la chimie palpable entre les acteurs. Neuf ans de collaboration ont créé des liens authentiques, visibles à l’écran. Pratt, Saldaña, Bautista, Gillan, Klementieff : tous parlent des Gardiens comme d’une seconde famille. Cette complicité transcende les effets spéciaux et les scènes d’action.
Le film ne cache pas son statut d’adieu. La dernière scène montre Quill retrouvant son grand-père sur Terre, Rocket dirigeant une nouvelle équipe, Mantis partant à l’aventure, Drax et Nébula veillant sur les enfants sauvés. Chacun trouve sa place, son épilogue. L’écran affiche : « Le légendaire Star-Lord reviendra ». Peut-être. Mais cette configuration précise des Gardiens, elle, ne se reformera pas.
Le succès au box-office : un casting qui paie
En France, Vol. 3 démarre avec plus de 159 000 entrées le premier jour, dépassant les deux précédents opus. Au bout d’une semaine, il franchit le cap des 1,3 million d’entrées. Outre-Atlantique, le film engrange 114 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture, se positionnant entre les performances des premier et deuxième volets.
Ces chiffres témoignent de l’attachement du public pour ces personnages et ceux qui les incarnent. La trilogie des Gardiens aura rapporté plus de 2,5 milliards de dollars dans le monde, prouvant qu’un raton laveur et un arbre peuvent rivaliser avec Iron Man et Captain America.
Après les Gardiens : que deviennent-ils ?
Chris Pratt continue de jongler entre action et animation, prêtant sa voix à Mario dans le film d’Illumination. Dave Bautista se tourne vers des projets plus intimistes, comme Knock at the Cabin de M. Night Shyamalan. Zoe Saldaña poursuit l’aventure Avatar jusqu’en 2031.
Karen Gillan enchaîne entre blockbusters et projets indépendants. Pom Klementieff multiplie les apparitions aux côtés de Tom Cruise dans Mission Impossible. Will Poulter, lui, vient tout juste d’intégrer l’écurie Marvel et pourrait revenir dans de futures productions.
James Gunn, quant à lui, lance l’univers DC avec Superman: Legacy prévu pour 2025. Il laisse derrière lui une œuvre cohérente, trois films qui ont redéfini ce qu’une franchise de super-héros pouvait être : drôle, violente, psychédélique, et profondément humaine.
Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 n’est pas seulement un film de super-héros. C’est un film sur la famille qu’on se choisit, sur les traumatismes qu’on surmonte, sur les adieux qu’on apprend à faire. Et derrière chaque personnage, un acteur qui a su donner vie à des êtres improbables, transformant des marginaux cosmiques en légendes.
