Fusion Paramount-Warner Bros. : Tony Gilroy tire la sonnette d’alarme

Avec un drame à 36 millions de dollars, Gilroy défend un modèle de cinéma, pas seulement des enseignes.

Tony Gilroy voit dans la fusion annoncée de Paramount et Warner Bros. une menace pour le financement des films adultes à budget moyen. Derrière les enseignes, il défend les films qu’on peut encore fabriquer.

Sommaire2 sections
  1. 0136 millions, et une place à défendre
  2. 02Deux identités, une même maison

À la première mondiale de Behemoth! au Festival de New York, Gilroy a jugé tragique la perspective de démanteler l’architecture économique du cinéma au nom du capital-risque. Son intervention accompagne un film choisi comme pièce centrale de la 64e édition du festival : un drame adulte produit pour 36 millions de dollars, qu’il présente précisément comme un exemple du modèle à préserver.

Le calendrier impose une réserve nette. Au 3 octobre 2026, Skydance prévoit de conclure l’opération le 6 octobre. La fusion est donc annoncée, pas encore conclue. L’alerte de Gilroy porte sur ses effets redoutés, et non sur un démantèlement déjà accompli.

Le sujet n’est pas seulement de savoir quel nom figurera sur la porte, mais quels films pourront la franchir.

36 millions, et une place à défendre

Gilroy ne défend pas le cinéma en général, cette abstraction commode qu’on peut invoquer sans jamais parler d’argent. Il désigne une catégorie précise : le drame destiné aux adultes, doté d’un budget intermédiaire. Avec ses 36 millions de dollars de production, Behemoth! donne un montant concret à son inquiétude. On quitte les grandes déclarations pour parler de ce qui permet à un long métrage d’exister.

Son argument est économique avant d’être nostalgique. Ce qu’il redoute, c’est la remise en cause d’une organisation capable de financer ce type de projet. Cela ne démontre pas que la fusion condamnera les drames adultes; cela explique pourquoi il s’y oppose. Pas besoin de transformer une alerte en faire-part de décès.

Deux identités, une même maison

David Ellison a annoncé que les deux studios historiques seraient réunis sous une société nommée Skydance, tout en conservant leurs identités distinctes. Sa promesse concerne donc la continuité des enseignes. L’inquiétude exprimée par Gilroy concerne, elle, les conditions économiques de la création : les deux positions ne répondent pas exactement à la même question.

Sanne Wohlenberg, productrice de Behemoth!, place le débat du côté des cinéastes. Elle estime que la consolidation pourrait réduire les possibilités qui leur sont offertes et intensifier la concurrence dans le secteur. Son avertissement porte sur l’accès aux projets, au-delà de la survie des noms : elle redoute des possibilités plus limitées pour les cinéastes.

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