
Procédures de ciblage, crédibilité des témoins, vérifications : la controverse porte sur les fondations mêmes de l’enquête documentaire.
L’armée israélienne accuse NAZA de déformer ses procédures de ciblage et de comporter des erreurs factuelles. Les cinéastes défendent leur méthode : une bataille de crédibilité, pas un verdict établi sur les accusations du film.
Réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, ce documentaire de 77 minutes a été présenté à Venise en septembre 2026, puis montré aux festivals de San Sebastián et de New York. La controverse intervient donc après ces présentations, avant une nouvelle étape de son exploitation : au 2 octobre 2026, sa sortie en salles aux États-Unis est annoncée pour la semaine suivante.
Le désaccord porte autant sur ce que raconte le film que sur ceux qui lui donnent matière à le raconter.

L’armée israélienne conteste le récit du documentaire et sa présentation des méthodes de ciblage. Elle affirme que le film en donne une image déformée et repose sur des erreurs factuelles. Ce sont les arguments de l’institution mise en cause, pas des conclusions indépendamment établies.
Cette distinction n’a rien d’une précaution décorative. On peut rapporter un démenti sans lui conférer valeur de démonstration, comme on peut décrire les accusations d’un documentaire sans les tenir pour acquises. Confondre ces deux niveaux reviendrait à distribuer les bons points avant d’avoir examiné les preuves. Un peu court pour une affaire de cette nature.

Les cinéastes contestent la description de leurs 24 contributeurs comme des personnes subalternes. Leur réponse vise donc aussi la crédibilité des témoignages : quelle place accorder à ceux qui parlent, et quelle valeur donner à leur parole?
Yuval Abraham et Rachel Szor affirment avoir vérifié ces témoignages à l’aide de documents et de sources confidentielles. Ils opposent à la contestation de l’armée un travail de recoupement revendiqué, plutôt qu’une simple défense du droit à filmer. Le nombre de témoins n’est pas, à lui seul, une preuve; la méthode de vérification est précisément l’un des points en débat.
Ces déclarations ne permettent pas de trancher les accusations et leurs réfutations. Elles dessinent en revanche clairement les positions : l’armée attaque la fidélité du récit à ses procédures; les réalisateurs défendent leurs contributeurs et les vérifications effectuées autour de leurs témoignages.

Après Venise, San Sebastián et New York, NAZA doit poursuivre sa circulation hors du circuit festivalier. Le calendrier annoncé au 2 octobre 2026 prévoit une sortie en salles aux États-Unis la semaine suivante, puis une diffusion gratuite en ligne vers la fin novembre.