Présenté en compétition à la Mostra de Venise le 10 septembre 2026, « NAZA » recueille les témoignages anonymes de personnes ayant participé aux opérations militaires israéliennes à Gaza. Yuval Abraham les interroge de nuit sur des toits de Tel Aviv ; Rachel Szor signe avec lui la réalisation de cette enquête filmée. Le mot qui lui donne son titre désigne, dans le vocabulaire rapporté par les témoins, le nombre de civils susceptibles de mourir lors d’une frappe. Le documentaire a reçu le prix spécial du jury de la Mostra le 12 septembre. (Source : Le Monde, 2026 ; AlloCiné, 2026.)
« NAZA » : Yuval Abraham et Rachel Szor après « No Other Land »
Yuval Abraham et Rachel Szor avaient coréalisé « No Other Land » avec Basel Adra et Hamdan Ballal. Ce documentaire consacré à la colonisation en Cisjordanie a obtenu l’Oscar du meilleur long métrage documentaire en 2025. Leur nouveau film déplace l’enquête vers les services de renseignement et les unités engagées dans la guerre à Gaza. Abraham et Szor en signent la réalisation et l’écriture ; Szor assure la photographie, tandis que la production réunit The Guardian et JW Films. La fiche du film mentionne Harry Davies, Lindsay Poulton et James Wilson parmi les producteurs. (Source : Le Monde, 2026 ; Wikipédia, 2026.)
« NAZA » conserve de leur travail antérieur une place centrale accordée au témoignage, mais modifie la position de la caméra. Les personnes filmées ne décrivent pas des violences subies : elles exposent des procédures auxquelles elles disent avoir pris part. Abraham explique avoir cherché plusieurs sources pour documenter des politiques et des protocoles, plutôt que des actes isolés. Certaines discussions préparatoires ont duré des mois, selon son entretien avec « Le Monde ». Le choix de l’anonymat permet de recueillir ces paroles tout en imposant au spectateur de les évaluer sans visage identifiable. (Source : Le Monde, 2026.)
Les fiches de diffusion ne s’accordent pas entièrement sur la durée : AlloCiné indique une heure et dix-sept minutes, quand « Le Monde » et Metacritic indiquent une heure et vingt minutes. AlloCiné classe le long métrage parmi les documentaires et mentionne l’anglais et l’hébreu comme langues du film. Abraham y figure à l’écran sous son propre nom. (Source : AlloCiné, 2026 ; Le Monde, 2026 ; Metacritic, 2026.)
Le dispositif nocturne de « NAZA »
Sur les toits de Tel Aviv, les interlocuteurs d’Abraham demeurent dans l’obscurité. Certaines voix sont modifiées pour protéger leur identité. Les entretiens concernent des activités différentes, du renseignement aux opérations menées sur le terrain ; les témoins décrivent la surveillance des habitants de Gaza et la désignation de cibles. « Le Monde » en présente une vingtaine, tandis que son compte rendu vidéo en dénombre 24. Cette divergence de formulation ne change pas le principe du film : confronter des récits individuels afin de reconstituer une chaîne de décisions. (Source : Le Monde, 2026.)
La ville occupe les intervalles entre ces dépositions. Des appartements éclairés apparaissent derrière les interlocuteurs, et le centre militaire de Tel Aviv entre dans les plans nocturnes relevés par « Le Monde ». Szor explique que ces images situent les témoignages dans une ville dont la vie ordinaire se poursuit à proximité de Gaza. Le contraste ne dépend ni d’images de combat ni d’une reconstitution : il naît de la continuité visible du quotidien pendant que les voix racontent les frappes. (Source : Le Monde, 2026.)
« Télérama » relève la rareté de ce point de vue intérieur, tout en estimant que le dispositif installe parfois une distance avec les personnes dont le sort est décrit. Cette réserve touche à une limite concrète de la mise en scène : les Palestiniens apparaissent principalement à travers les paroles de ceux qui ont contribué à les surveiller ou à les viser. Les entretiens portent alors moins sur la représentation directe des victimes que sur la manière dont leurs vies ont été traitées par une organisation militaire. (Source : Télérama, 2026.)
Surveillance et frappes : ce que racontent les témoins
Les personnes interrogées décrivent un usage de la surveillance téléphonique et de programmes d’intelligence artificielle pour repérer des cibles présumées à Gaza. Dans le film tel que le rapporte « Le Monde », le programme Lavender sert à identifier des profils à partir de communications. Une fois une personne désignée, sa présence au domicile peut être recherchée par le suivi des échanges de ses proches. Les témoignages affirment que des maisons ont été frappées de nuit alors que des membres de la famille s’y trouvaient. Ces descriptions constituent les accusations documentées par le film, non des conclusions judiciaires établies par sa projection. (Source : Le Monde, 2026.)
Le terme « naza » intervient au moment d’évaluer les morts civiles attendues lors d’une attaque aérienne. Sa fonction dans les propos recueillis n’est pas seulement lexicale : un nombre entre dans la préparation d’une frappe. Le film examine ce passage d’une population habitant des immeubles à des estimations inscrites dans un processus de ciblage. Selon les témoignages relatés par « Le Monde », le nombre envisagé pouvait atteindre plusieurs centaines de personnes pour une cible. (Source : Le Monde, 2026.)
D’autres récits concernent les secteurs évacués du nord de Gaza et des civils atteints dans des zones dont ils ne connaissaient pas toujours les limites. Abraham explique que ses questions cherchent les détails des procédures, sans traiter chaque interlocuteur comme l’unique responsable des faits racontés. Les silences et les réponses rapportés par « Le Monde » laissent apparaître des attitudes différentes face aux actes décrits, depuis la justification par les ordres jusqu’à l’expression tardive d’une culpabilité. (Source : Le Monde, 2026.)
« NAZA » à Venise : prix et réception critique
La Mostra a intégré « NAZA » tardivement à sa compétition officielle de 2026. Après sa présentation du 10 septembre, le jury lui a attribué le prix spécial le 12 septembre. La distinction porte sur le film d’Abraham et Szor, et non sur « No Other Land », leur précédente collaboration. « Le Monde » a consacré une critique au documentaire dès sa projection ; « Télérama » a mis l’accent sur la singularité de son dispositif tout en formulant une réserve sur la distance qu’il crée. (Source : AlloCiné, 2026 ; Le Monde, 2026 ; Télérama, 2026.)
Metacritic affichait, lors de la consultation de sa fiche, une note de 94 sur 100 à partir de quinze critiques. Un tel score renseigne sur l’accueil de la presse recensée par la plateforme ; il ne mesure ni l’audience du film ni l’accord du public avec ses conclusions. Les comptes rendus divergent sur l’effet produit par les entretiens nocturnes : certains insistent sur leur force cinématographique, tandis que la réserve de « Télérama » porte sur la place laissée aux Palestiniens dans ce récit de l’intérieur des services israéliens. (Source : Metacritic, 2026 ; Télérama, 2026.)
La sortie française annoncée par AlloCiné est fixée au 12 octobre 2026. « Les Inrockuptibles » font état de projections en France les 12 et 13 octobre, puis d’une mise à disposition gratuite sur Internet annoncée pour novembre, après l’exploitation en salle. À la date de cette annonce, cette diffusion en ligne reste à venir. Le parcours du documentaire passe donc, dans l’ordre communiqué, par les festivals, des séances en salles et une publication gratuite annoncée par ses réalisateurs. (Source : AlloCiné, 2026 ; Les Inrockuptibles, 2026.)
Critique sur NAZA
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de NAZA figurent Self, interprété par يوفال إبراهيم. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.







