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    Nrmagazine » The Odyssey de Christopher Nolan : 5 films à voir après l’épopée qui fait trembler le box-office
    Blog Entertainment 7 Minutes de Lecture

    The Odyssey de Christopher Nolan : 5 films à voir après l’épopée qui fait trembler le box-office

    De Interstellar à Troy, cinq cousins de route pour prolonger le grand vertige homérique
    Vincent Bazire20 juillet 2026
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    Christopher Nolan a sorti son mastodonte homérique, et on sait déjà ce qui va se passer : certains vont parler de génie, d’autres de démesure, tout le monde va regarder l’horloge en se demandant comment une telle machine a pu tenir debout. Alors, plutôt que de refaire le procès du grand spectacle, on prend le problème par l’autre bout : quels films regarder quand The Odyssey vous a laissé avec le cerveau en vrac et l’envie de repartir voguer ?

    La source de départ, signée Chris Evangelista pour Slashfilm le 20 juillet 2026, propose cinq compagnons de route autour du film de Nolan. L’idée n’est pas bête du tout, parce que The Odyssey n’arrive pas dans le vide : il s’inscrit dans une longue histoire du cinéma d’aventure, du mythe réinventé, du blockbuster qui veut encore sentir la poussière, le sel et la sueur plutôt qu’un simple vernis numérique. Depuis The Lord of the Rings jusqu’aux fresques de guerre antique, Hollywood adore les récits de traversée, de retour impossible et de survie au bout du monde. Et quand Nolan s’attaque à Homère, on ne parle pas d’un petit exercice de style : on parle d’un film pensé comme une expérience de salle, avec l’obsession du concret, du poids des corps et de la géographie du péril. Bref, on est face à une odyssée qui ne veut pas seulement raconter un voyage, mais faire voyager le spectateur à coups de grand large et de gros cailloux dans les bottes.

    Du coup, si The Odyssey vous a donné envie d’enchaîner avec d’autres récits de quête, de guerre ou de retour au foyer, voilà cinq titres qui prolongent la même fièvre sans faire semblant de lui ressembler exactement.

    Quand l’espace remplace la mer

    Le premier titre qui s’impose, c’est Interstellar (2014), de Christopher Nolan lui-même. Là encore, on suit un homme lancé dans une mission à haut risque, avec l’arrière-plan d’un monde qui se délite et l’angoisse très simple de ne pas revenir à la maison. Le film, porté par Matthew McConaughey, Anne Hathaway et Matt Damon, a longtemps divisé avant d’être réévalué comme l’un des sommets de Nolan par une bonne partie de la cinéphilie. Ce n’est pas si surprenant : le film travaille la même matière que The Odyssey, celle du temps qui se tord, de l’attente des proches, de la promesse d’un retour qui se dérobe sans cesse. Chez Nolan, le voyage n’est jamais une promenade ; c’est une épreuve morale déguisée en aventure cosmique.

    On peut même dire que Interstellar est le cousin le plus évident de The Odyssey parce qu’il transforme le récit de mission en drame du foyer. L’horizon est spatial, mais l’émotion reste terrestre. Et ça, Nolan le sait très bien : il adore faire du gigantesque avec du domestique, du cosmique avec des larmes au coin de la mâchoire. Le bonhomme a quand même construit sa carrière sur cette tension-là, de Memento à Oppenheimer.

    Des monstres en stop-motion et du mythe qui claque

    Changement d’époque avec Jason and the Argonauts (1963) de Don Chaffey. Là, on est en plein cinéma d’aventure mythologique, avec Todd Armstrong dans le rôle de Jason et les effets spéciaux en stop-motion de Ray Harryhausen, qui restent encore aujourd’hui un modèle de bricolage génial. Le film a ce charme rare des œuvres où l’artifice ne cache pas le rêve, il le fabrique. Les créatures, les squelettes, les statues animées : tout ça a une texture que le numérique a parfois oubliée en route. Et franchement, voir des ossements se battre à l’épée, ça a plus de panache que bien des batailles en pixels de notre époque.

    Ce qui relie ce film à The Odyssey, ce n’est pas seulement la mythologie grecque. C’est aussi l’idée qu’un récit antique peut redevenir du cinéma d’action pur, presque tactile, presque enfantin dans son émerveillement. Nolan, lui, ne fait pas du stop-motion, évidemment, mais il partage avec Harryhausen cette obsession du concret, du truc qui pèse, du décor qui existe vraiment. On n’est pas dans la carte postale mythologique, on est dans la matière.

    Affiche de L'Odyssée
    Affiche de L'Odyssée

    La Terre du Milieu, ou l’art de faire croire au monde

    Avec The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring (2001), Peter Jackson entre dans une autre catégorie de grand spectacle : celle du monde total. Le film repose sur des lieux réels, des miniatures, des costumes, des effets pratiques, et cette sensation de profondeur qui a longtemps distingué la trilogie du Hobbit (plus tard, plus lisse, plus numérique, plus fatiguée aussi). La comparaison avec Nolan tient précisément à ça : les deux cinéastes veulent que leurs mondes aient une densité physique, une gravité presque palpable. Quand un film vous fait sentir le vent, la boue et la pierre, il a déjà gagné la moitié du combat.

    La différence, c’est que Jackson embrasse franchement le fantasy alors que Nolan reste dans un rapport plus austère au merveilleux. Mais dans les deux cas, on parle d’un cinéma qui refuse la platitude des fonds verts sans âme. The Odyssey et Fellowship partagent cette ambition un peu folle : faire croire qu’un territoire imaginaire peut exister comme un lieu habité. Et ça, ce n’est pas du décor, c’est de la mise en scène.

    Les frères Coen, ou Homère en bottes crottées

    Impossible de faire cette liste sans O Brother, Where Art Thou? (2000), la variation des frères Coen sur L’Odyssée. Ici, on quitte la haute mer pour le Sud des États-Unis des années 1930, avec George Clooney, John Turturro et Tim Blake Nelson en évadés lancés dans une cavale qui tourne à la légende musicale. Le film a cette élégance Coen très particulière : il détourne le mythe sans le ridiculiser, il le fait dérailler pour mieux en révéler la mécanique. On y retrouve l’errance, les rencontres absurdes, les faux prophètes, les pièges en cascade, bref tout ce qui fait la colonne vertébrale du poème d’Homère. C’est Homère avec de la poussière, du banjo et une vraie idée du gag, ce qui n’est pas rien.

    Face à Nolan, les Coen jouent une autre partition : moins de monumentalité, plus de malice. Mais la filiation est limpide. Si The Odyssey prend le mythe au sérieux, O Brother, Where Art Thou? le fait chanter, trébucher, transpirer. Et au fond, les deux films racontent la même chose : comment survivre à un monde qui vous malmène sans jamais vous rendre tout à fait la même personne.

    Achille, le muscle et la tragédie

    Enfin, Troy (2004), de Wolfgang Petersen, referme la marche avec une fresque qui tente de ramener l’épopée grecque à une forme de réalisme guerrier. Le film s’inspire de L’Iliade plutôt que de L’Odyssée, mais il reste indispensable dans le voisinage de Nolan parce qu’il partage avec lui le goût des grandes figures, des conflits de pouvoir et des corps exposés au destin. Brad Pitt y campe un Achille ultra physique, presque insolent, dans un rôle qu’il a lui-même regardé avec une certaine distance par la suite. Le film a ses limites, son équilibre parfois bancal, mais il propose une lecture assez directe de la guerre antique : pas de dieux qui viennent tout arranger, juste des hommes, des armes et des egos qui débordent. Autrement dit, du cinéma de guerre en toge, avec la testostérone qui sue à grosses gouttes.

    Ce qui rend Troy utile dans cette conversation, c’est son refus des fioritures surnaturelles. Comme Nolan, Petersen cherche à ancrer le mythe dans une logique de chair, de stratégie et de fatalité humaine. On n’est pas loin d’un même geste : dépouiller la légende pour la faire cogner plus fort. Et c’est peut-être ça, le vrai point commun entre tous ces films et The Odyssey : ils ne veulent pas seulement raconter une histoire ancienne, ils veulent lui redonner du nerf. Alors oui, on peut toujours retourner à l’original d’Homère. Mais entre deux tempêtes, un détour par ces cinq-là, ça aide à garder le cap. Ou à le perdre avec style, ce qui n’est pas moins noble.

    Bande-annonce VF de L'Odyssée

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    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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