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    Nrmagazine » Evil Dead Burn : oui, il faut rester jusqu’au bout du générique
    Blog Entertainment 9 juillet 20266 Minutes de Lecture

    Evil Dead Burn : oui, il faut rester jusqu’au bout du générique

    Le nouveau chapitre de la saga de Sam Raimi joue la carte du double générique et du chaos familial
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    La franchise Evil Dead a toujours eu le bon goût de revenir d’entre les morts avec les mains sales, et Evil Dead Burn ne change pas la recette : ça tranche, ça grince, et ça laisse le générique faire son petit numéro. La vraie question, ici, n’est pas de savoir si le film va vous traumatiser un peu, mais si vous aurez l’idée de quitter la salle trop tôt.

    Depuis le début des années 1980, quand Sam Raimi a lancé cette machine à fantasmes gore avec The Evil Dead (1981), la saga n’a jamais cessé de muter. Remake, suite, spin-off, relecture, retour en salle ou en streaming : Evil Dead a traversé les décennies comme une poule aux œufs d’or que les studios n’ont jamais vraiment osé enterrer. Après Evil Dead Rise en 2023, le relais passe cette fois à Sébastien Vanicek, révélé par Infested (Vermines), avec Florent Bernard au scénario. Et comme souvent dans ce genre de franchise, la mise en scène du carnage ne suffit plus : il faut aussi promettre un futur, un prolongement, un crochet vers l’opus suivant. Hollywood adore ça. On appelle ça préparer la table. On pourrait aussi dire : garder le cadavre au chaud.

    Et justement, Evil Dead Burn ne se contente pas d’un seul petit bonus de fin : le film aligne deux scènes après le générique, dont une au milieu et une tout à la fin.

    Le générique, ce faux départ

    Dans la logique contemporaine des franchises horrifiques, le générique n’est plus un rideau mais un sas. On a pris l’habitude de voir les studios y glisser un morceau de récit, un clin d’œil ou une promesse de suite, histoire de transformer la salle obscure en salle d’attente pour fans disciplinés. Ici, le dispositif est double : une scène de mi-générique qui compte pour le film lui-même, puis une scène post-générique qui élargit le champ à l’échelle de la saga. Pas un simple gag, pas un bout de fan service jeté comme une croûte de pain. Non, du matériel narratif. Le genre de détail qui fait lever les yeux au ciel aux allergiques des univers étendus, et qui fait rester les autres vissés au fauteuil. Autrement dit : si vous partez dès que le premier nom apparaît, vous ratez le vrai petit crochet du film.

    Ce n’est pas très surprenant. Evil Dead a toujours fonctionné sur la contamination, la reprise, la survie du mal sous une autre forme. Le Livre des morts, les possessions, les corps qui se détraquent, les familles qui implosent : tout ça relève moins du simple récit d’horreur que d’un mécanisme de transmission. Le mal passe d’un film à l’autre comme une cassette maudite qu’on se refilerait au comptoir. Et quand une saga a tenu plus de quarante ans, elle finit forcément par apprendre à parler le langage du teasing. C’est moche ? Parfois. Efficace ? Souvent. Le générique devient alors une arme de relance, pas un épilogue poli.

    Affiche de Evil Dead Burn
    Affiche de Evil Dead Burn

    Le sang, la famille et le petit crochet final

    Le synopsis annoncé place l’action dans un huis clos familial où le deuil tourne au massacre, avec une femme réfugiée chez ses beaux-parents avant que tout ne bascule en réunion de famille venue de l’enfer. Ce n’est pas seulement un décor pratique pour faire gicler les fluides à l’économie ; c’est aussi une idée très Evil Dead dans l’âme. La saga n’a jamais été aussi forte que lorsqu’elle transformait l’intime en cauchemar. Chez Raimi déjà, la cabane isolée n’était pas un simple lieu : c’était une machine à broyer le couple, les copains, la chair et les nerfs. Vanicek semble reprendre ce péché originel en le rebranchant sur une sensibilité plus contemporaine, plus frontale, plus sèche. Quand l’horreur s’invite dans la famille, on n’est plus dans le divertissement : on est dans la mauvaise blague cosmique.

    Le casting réunit Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Erroll Shand, Tandi Wright, Luciane Buchanan et Greta van den Brink. De quoi donner à ce nouvel opus une distribution assez solide pour tenir le choc, d’autant que le film arrive après une série de réactions très positives côté presse et spectateurs spécialisés. Chris Evangelista, chez /Film, a par exemple parlé d’un très bon moment sanglant dans sa critique. On ne va pas faire semblant de découvrir que la franchise sait encore faire le sale boulot : elle le fait depuis l’époque où le gore artisanal avait encore des allures de bricolage punk. Ici, le plaisir est ailleurs. Dans la précision du dispositif. Dans la manière de dire au public : restez encore un peu, il y a quelque chose à voir. La vraie politesse d’un film d’horreur moderne, c’est de ne pas vous laisser partir avant la dernière morsure.

    Sam Raimi n’est jamais loin, même quand il n’est pas au cadre

    On peut toujours parler de passation de pouvoir, de nouvelle génération, de regard neuf. C’est vrai, bien sûr. Mais Evil Dead reste une marque hantée par son créateur d’origine. Sam Raimi a imposé une grammaire qui mélangeait slapstick, frayeur, vitesse de caméra et brutalité cartoonesque. Depuis, chaque nouveau cinéaste qui s’y frotte doit composer avec cet héritage : soit l’imiter, soit le trahir avec panache. Sébastien Vanicek, lui, arrive avec un film de genre déjà remarqué, Infested, et une réputation de metteur en scène qui sait faire monter la pression sans oublier la matière. Ce n’est pas rien dans une saga où le simple fait de manier la caméra avec nervosité peut faire la différence entre hommage et pantomime.

    Et puis il y a cette donnée très hollywoodienne, très 2020s : un nouveau film est déjà en préparation, Evil Dead Wrath, annoncé pour l’an prochain avec Francis Galluppi à la réalisation. Le message est limpide, presque impudique : la franchise ne se contente pas de survivre, elle s’organise. On ne parle plus d’un one-shot horrifique, mais d’une chaîne de relances. Le mort n’est pas seulement vivant, il a déjà signé pour la suite.

    Alors oui, pour répondre à la question qui fâche les impatients et réjouit les maniaques du générique : il faut rester. Au moins deux fois. Parce qu’avec Evil Dead Burn, le vrai massacre n’est pas seulement dans la maison. Il est aussi dans les dernières minutes, quand le film vous rappelle que dans cette saga, même les sièges de cinéma ont intérêt à rester vigilants. Et franchement, qui voudrait rater le dernier coup de couteau ?

    Bande-annonce VF de Evil Dead Burn

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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