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    Nrmagazine » Dead Rising : la franchise zombie de Capcom a bien eu ses films, mais personne ne les a vraiment vus
    Blog Entertainment 6 juillet 20266 Minutes de Lecture

    Dead Rising : la franchise zombie de Capcom a bien eu ses films, mais personne ne les a vraiment vus

    Retour sur deux adaptations fauchées, nées au mauvais moment, entre streaming balbutiant et zombies en carton
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    On a tous en tête les adaptations de jeux vidéo qui ont fait du bruit, du cash ou du chaos. Dead Rising, lui, a eu droit à une sortie beaucoup plus discrète : deux films, peu de moyens, presque pas de traces dans la mémoire collective, et un timing qui sentait déjà la zone grise du streaming naissant.

    Pour comprendre le cas Dead Rising, il faut revenir à la machine Capcom. Le premier jeu sort en 2006, en pleine période où le zombie redevient une valeur sûre du divertissement, entre héritage de Night of the Living Dead et renaissance pop portée par le jeu vidéo, le cinéma d’horreur et les séries. La franchise dépasse ensuite les 19 millions d’exemplaires vendus, ce qui en fait le sixième plus gros pilier de Capcom. Pas exactement un petit coin de niche, donc. À Hollywood, ça attire forcément les vautours de bon goût et les comptables du fantasme transmedia. En juin 2014, Legendary annonce une adaptation pensée pour Crackle, le service de streaming gratuit de Sony. À l’époque, le marché cherche encore son mode d’emploi : Netflix monte, les studios tâtonnent, et les plateformes gratuites veulent elles aussi leur poule aux œufs d’or. Résultat : Dead Rising devient un objet typique de cette époque bancale, entre pari industriel et film de survie à petit budget.

    Et c’est là que le zombie commence à boiter : au lieu d’un blockbuster, on hérite d’un produit de l’entre-deux, plus proche du téléfilm musclé que du grand spectacle carnassier.

    Le royaume du pas cher, ou comment faire du gore avec trois bouts de ficelle

    Le premier long métrage, Dead Rising: Watchtower, est réalisé par Zach Lipovsky, déjà passé par Leprechaun: Origins en 2014. On n’est pas dans l’Olympe des monstres sacrés, mais dans la zone de turbulence où les franchises cherchent un second souffle sans budget de luxe. L’histoire se situe entre Dead Rising 2 et Dead Rising 3, avec Chase, incarné par Jesse Metcalfe, et Jordan, jouée par Keegan Connor Tracy, pris dans une épidémie que le gouvernement tente de contenir avant que la ville ne parte en fumée. Le film sort en mars 2015 et, disons-le sans faire semblant, il n’a pas déclenché une marée critique. Sur Rotten Tomatoes, il ne rassemble que quatre avis presse, dont deux favorables, et un score public de 33 %. Ça sent la séance oubliée avant même le générique de fin.

    Mais le plus intéressant n’est pas là. Ce qui saute aux yeux, c’est la logique de production : on veut exploiter une licence connue, mais sans lui donner l’armement lourd qui ferait d’elle un vrai mastodonte. On demande à une franchise de jeu vidéo de jouer les blockbusters, tout en lui coupant les jambes au montage. Forcément, le résultat ressemble davantage à une expérience de plateforme qu’à une adaptation pensée pour marquer durablement les esprits.

    La suite, parce qu’il fallait bien rentabiliser la morsure

    Le deuxième film, Dead Rising: Endgame, arrive en 2016 sous la direction de Pat Williams, connu pour Continuum. Jesse Metcalfe et Keegan Connor Tracy reprennent leurs rôles, ce qui donne au projet une continuité minimale, presque artisanale. Cette fois, Chase se retrouve coincé dans une ville infestée de zombies et doit remonter une conspiration gouvernementale. Le programme est clair : refaire le premier film, ajouter un peu de complot, remuer la chair morte et espérer que ça tienne. Sauf que non, ça ne décolle pas vraiment. Le film sort en juin 2016 dans une quasi-indifférence, avec seulement trois critiques recensées sur Rotten Tomatoes et un score public de 29 %. Autant dire qu’on est loin de la machine à fantasmes qu’aurait pu promettre la licence.

    Le cas est d’autant plus parlant qu’il arrive à un moment charnière. En 2015-2016, Hollywood commence à comprendre que le jeu vidéo peut devenir un vrai réservoir de franchises, mais l’équation n’est pas encore stabilisée. Resident Evil a déjà montré la voie commerciale, World War Z a rappelé qu’un zombie pouvait remplir les salles avec le bon budget, et Dead Rising, lui, se retrouve coincé entre deux mondes : trop cher pour être un simple bricolage, trop modeste pour rivaliser avec les gros calibres. Le film n’a pas échoué par manque d’idée, mais parce qu’il a été pensé comme une pièce de catalogue avant d’être un objet de cinéma.

    Crackle, ce cimetière où les plateformes faisaient leurs dents

    Il faut aussi parler du contexte de diffusion, parce que c’est là que tout se joue. Crackle, service gratuit de Sony, investissait alors dans des contenus originaux pour exister face à la montée en puissance du streaming. Aujourd’hui, la plateforme a quasiment disparu du paysage, ce qui dit assez bien la fragilité de ces paris-là. À l’époque, produire un film de zombies pour une diffusion en ligne, c’était déjà une manière de contourner les salles et de tester de nouvelles habitudes de consommation. Le problème, c’est qu’un jeu vidéo aussi identifié que Dead Rising appelle du spectacle, du débordement, du chaos chorégraphié. Pas juste des couloirs sombres et quelques litres de faux sang bien essorés.

    Le plus ironique, c’est que Zach Lipovsky défendait justement l’intérêt du petit budget : moins d’argent, plus de liberté, moins de contraintes, pas de limite de durée, pas de commission de classification, bref le Far West. Sur le papier, ça se tient. Dans les faits, cette liberté n’a pas suffi à transformer l’adaptation en objet marquant. Quand on enlève trop de moyens à une franchise construite sur l’excès, on ne la rend pas plus nerveuse : on la rend juste plus maigre.

    Aujourd’hui, Dead Rising: Watchtower et Dead Rising: Endgame vivent leur petite vie sur Tubi, ce qui est presque logique pour des films nés dans l’angle mort du streaming. Pas honteux, pas glorieux, juste rangés dans le grand tiroir des adaptations qui ont existé sans vraiment peser. Et quelque part, c’est peut-être leur destin le plus honnête : celui d’une franchise zombie qui a fini par ressembler à ce qu’Hollywood fait parfois de mieux quand il veut aller vite. Un cadavre encore debout. Pas très élégant, mais ça avance quand même.

    nrmagazine
    Vincent Bazire

    Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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