Permis de fuiter
Pour rappel, le contexte : Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont passé la main à Amazon MGM Studios, qui a hérité du contrôle créatif de la saga, un changement de garde historique pour EON Productions, actée début 2025. Désormais, ce sont les producteurs Amy Pascal et David Heyman qui pilotent, avec Denis Villeneuve à la réalisation et Steven Knight, le créateur de Peaky Blinders, aux manettes du scénario. Le tournage est attendu en 2027, pour une sortie prévue en 2028. Un calendrier qui laisse, disons, de la marge pour alimenter le moulin à rumeurs.
Et ce moulin tourne. Il tourne même à une cadence qui ferait pâlir les moulins de la Manche. Depuis dix-huit mois, pas moins de cinq ou six noms ont occupé la position de « grand favori absolu et définitif » selon les bookmakers britanniques, la presse tabloïd et quelques journalistes de Deadline dont on finit par douter de la fiabilité des sources. Aaron Taylor-Johnson, Tom Holland, Harris Dickinson, Henry Cavill, chacun a eu son moment de gloire dans les colonnes de Coral et Ladbrokes avant de retomber dans l’oubli médiatique.
Turner ou le secret le moins bien gardé du monde
En décembre 2025, Callum Turner s’impose comme le chouchou des bookmakers, grimpant à 7/4 selon Coral, devant Taylor-Johnson (3/1) et Henry Cavill (6/1). L’acteur de 35 ans, connu pour Masters of the Air, Les Animaux Fantastiques et la très belle adaptation d’Emma (2020), coche pas mal de cases : britannique, physique d’espion, capacité à jouer sobre ou intense selon les scènes. Puis, début janvier 2026, le Daily Mail, (attention, source à prendre avec des pincettes grosses comme une bouteille de vodka-Martini), rapporte que Turner se répandrait dans tout Londres pour annoncer qu’il a décroché le rôle. « He’s been blabbing all over town. Callum is the new Bond, it’s been confirmed. Everyone in his circle is talking about it », confie une source anonyme au tabloïd.
Le Hollywood Reporter a eu la délicatesse de rappeler en janvier 2026 que la machine à rumeurs Bond a une fâcheuse habitude : produire des « confirmations » aussi solides que du sable mouillé. Et effectivement, quelques semaines plus tard, un nouveau nom surgit pour compliquer la donne.
Elordi entre en piste (et a visiblement passé des essais)
En janvier 2026, plusieurs sources convergent vers Jacob Elordi. L’Australien de 28 ans, révélé par Euphoria, propulsé dans une autre dimension par Saltburn et nommé aux Oscars, aurait rencontré les producteurs d’Amazon MGM, les cadres du studio et Denis Villeneuve lui-même. Selon le journaliste Roger Friedman de Showbiz 411 et l’éditeur Jordan Ruimy de World of Reel, Elordi serait même en « pole position » pour le rôle, expression confirmée par la journaliste Marina Hyde sur le podcast The Rest is Entertainment. Le Sun rapporte par ailleurs que la production a commencé à assembler son équipe technique en prévision d’un tournage fin 2026, avec Elordi dans le viseur.
Sa taille (1m96), son charme froid, sa capacité à dégager une menace tranquille et une vulnérabilité sous-jacente, tout ça colle parfaitement à ce que Villeneuve cherche dans un Bond. L’idée, selon Deadline, est d’engager un acteur « peu ou pas connu du grand public », proche de la trentaine, capable de s’engager sur au moins une décennie de films. Elordi est Australien, certes, ce qui le met hors case « acteur britannique » que Villeneuve aurait réclamé, mais Hollywood a déjà vu des exceptions, et les règles d’un casting Bond se négocient toujours dans les arrière-salles, pas dans les communiqués.
Partridge, ou le Bond qui n’a pas encore le droit de boire
Avril 2026 : nouveau coup de théâtre. Variety, et là, on est sur une source autrement plus solide qu’un tabloïd londonien, lâche que Louis Partridge, 23 ans, serait « actuellement en lice » pour le rôle, et que la production serait « au-delà du simple fantasme de bookmakers ». Partridge, révélé dans Enola Holmes aux côtés de Millie Bobby Brown, et récemment vu dans la série House of Guinness et dans Disclaimer d’Alfonso Cuarón, représente un pari radicalement différent : en faire le Bond le plus jeune de l’histoire, ce qui ouvrirait un cycle narratif de quinze à vingt ans. Amy Pascal et David Heyman chercheraient justement un visage neuf, quasiment inconnu du grand public.
Sauf que, et un producteur anonyme cité par Variety le dit sans détour, « écrire un film pour un acteur de 23 ans est complètement différent que pour un acteur de 36 ans ». Ce qui impliquerait de revoir en profondeur le ton, le rythme, la dramaturgie même du personnage. Un Bond adolescent (presque), sans passé, sans cicatrices ? C’est soit l’idée la plus dingo de la décennie, soit un coup de génie. On penche pour les deux en même temps, ce qui est le propre des paris vraiment risqués.

Villeneuve joue la montre, Amazon joue l’excitation
Rappelons que selon Deadline, Villeneuve ne souhaitait même pas commencer à chercher son 007 avant que le scénario de Steven Knight soit finalisé et son Dune : Troisième Partie bouclé. On est donc, théoriquement, encore dans la phase de pré-casting, ce qui signifie que toutes ces « confirmations » et « poles positions » sont des ballons d’essai, des fuites stratégiques ou de la communication d’entourage déguisée en exclusivité. La machine Bond tourne à plein régime, même à vide.
Ce qui est certain : Amazon MGM veut une tête d’affiche qui tienne la franchise sur vingt ans, le scénario avance (lentement, le script aurait même connu quelques blocages selon des sources récentes), et le tournage prévu fin 2026 ou en 2027 implique une annonce dans les prochains mois. Elordi réunit à ce stade le faisceau de signes le plus convergent, réunions avec le réalisateur, essais rapportés, position de « favori » maintenue sur plusieurs semaines par plusieurs sources indépendantes.
Le prochain Bond sera quoi, exactement ?
La vraie question, celle que toute cette valse des prétendants fait soigneusement esquiver, est celle du ton. Villeneuve avec un Bond, ça donne quoi ? Un espion hanté, lent, contemplatif, qui regarde des planètes exploser pendant trente minutes avant de choper un méchant ? Ou bien Amazon impose sa loi et on repart sur un blockbuster calibré pour les multiplex de Riyad et de Bangalore ? Steven Knight, l’homme derrière Peaky Blinders, Eastern Promises et Dirty Pretty Things, laisse espérer quelque chose de sombre, de charnel, d’adulte.
Elordi a la gravité froide qu’il faut pour ça. Partridge a la jeunesse qu’un reboot total réclame. Turner avait, sur le papier, le profil idéal pour un Bond post-Craig sans rupture radicale. Aucun des trois n’est signé. Aucun n’est confirmé. Et c’est précisément pour ça qu’on en parle.
Dans l’histoire de la franchise, chaque nouveau Bond a semblé une mauvaise idée jusqu’au moment où il ne l’était plus. Daniel Craig, en 2006, s’était pris une volée de bois vert sur les forums avant même d’avoir tourné une seule scène de Casino Royale. Alors oui, la rumeur dit Elordi. La rumeur dit Turner. La rumeur dit Partridge. La rumeur, aussi, disait Idris Elba depuis 2013, et on attend toujours. Ce qui est sûr, c’est que d’ici là, les bookmakers vont se faire une belle saison.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.

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