Hollywood n’a pas refait le Roi de la Pop, il a refait ses comptes : Michael entre au panthéon des biopics rentre-dedans par la seule force du box-office. Et oui, c’est bien le film où le neveu joue l’oncle qui met tout le monde au pas.
Pour rappel, Lionsgate avait promis un come-back en cinémascope après quelques années en montagnes russes. Selon Collider, Michael, réalisé par Antoine Fuqua, a démarré sur des chapeaux de roue : un budget annoncé à 200 millions de dollars et un premier week-end à un cheveu des 100 millions sur le territoire nord-américain, pour plus de 215 millions dans le monde. C’est simple, le studio n’avait pas vu pareil coup d’envoi depuis The Hunger Games : The Ballad of Songbirds & Snakes. Dans le rôle-totem, Jaafar Jackson ressuscite l’icône avec un mimétisme qui fait jaser autant qu’il fascine. Et ça, quoi qu’on pense du projet, ça remue la salle. Rotten Tomatoes ? 38 % côté critiques, 97 % côté public, toujours selon Collider. Le grand écart, façon grand écart facial.
Le chiffre qui fâche et qui galvanise en même temps, c’est l’ouverture la plus forte pour un biopic, devant Bohemian Rhapsody et même Oppenheimer, d’après Collider.
Moonwalk de caisse

Dans la plus pure tradition hollywoodienne, l’addition ne s’arrête pas au budget de production. À ce niveau d’ampleur, la mécanique marketing mondiale flirte souvent avec 100 à 150 millions supplémentaires. D’où l’enjeu : pour rentrer dans ses frais, un mastodonte de ce calibre vise plutôt 700 millions et au-delà en cumul mondial. Avec un départ au-dessus de 215 millions, l’axe est tracé, mais la pente reste raide. Le film vend un mythe en Dolby, il doit maintenant tenir sur la durée.
Le montage du malaise
En réalité, Michael porte une charge qu’aucune choré n’efface : la gestion des accusations d’abus qui collent à la légende. Collider rapporte un troisième acte remanié et des tensions entre l’équipe créative et les ayants droit. Traduction dans la salle : un récit qui assume l’album des plus grands tubes, mais élude des zones d’ombre pourtant constitutives du personnage public. On peut aimer le spectacle et tiquer sur l’angle, les deux n’étant pas incompatibles. Quand un biopic choisit la fable, il choisit aussi l’oubli.
Jaafar, Jackson et l’effet miroir
Surtout, le casting familial est la vraie proposition de cinéma ici. Jaafar Jackson n’imite pas seulement, il réactive la machine à fantasmes, plan par plan, geste par geste. Cet effet de miroir total explique en partie l’adhésion du public. On a déjà vu la méthode fonctionner à plein régime pour Bohemian Rhapsody : répertoire connu, performance mimétique, émotion clé en main. Fuqua, cinéaste du corps et de l’énergie, filme la scène comme un ring où l’on gagne par accumulation. C’est carré, efficace, parfois clinique. Le show bat son plein, la biographie, elle, regarde ailleurs.

La suite au prochain moonwalk
Collider glisse qu’un second volet serait sur la table en recyclant des séquences coupées, histoire d’aborder la fin de carrière. Rien d’étonnant, vu l’élan comptable du démarrage. Reste à savoir si Lionsgate osera passer du best of à la zone grise. On ne parierait pas la maison, mais on ne parierait pas contre non plus.
Fiche express, pour les méticuleux : durée de 130 minutes, sortie US annoncée au 24 avril 2026, scénario de John Logan, production Graham King avec John Branca et John McClain, toujours d’après Collider. Dans le casting, Colman Domingo campe Joe Jackson en père tyrannique. On attend les chiffres de deuxième week-end, là où les mythes tiennent, ou se dégonflent. La lune est belle, mais la gravité gagne toujours.
Quand tu sors en battant la mesure sur le parking et que tu te rappelles que la vie, c’est moins bien chorégraphié.
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.



