
Changer de métier, reprendre la main sur sa carrière, ce n’est pas toujours simple quand on se sent seul face à la complexité des démarches. Avec l’arrivée de Tingari dans le conseil en évolution professionnelle, une nouvelle porte s’ouvre pour tous ceux qui veulent façonner leur avenir. Reste à voir comment cet acteur va accélérer ou bouleverser les parcours.

Dans les couloirs feutrés des agences pour l’emploi, un nom nouveau circule : Tingari. Peu connu du grand public il y a encore peu, l’organisme s’est soudainement vu confier, suite à un appel d’offre, un rôle plus concret : accompagner ceux qui doutent, qui hésitent ou qui ont simplement besoin d’un vrai coup de main pour avancer dans leur parcours professionnel. Ce débarquement régional, acté en novembre 2019 par France compétences, bouscule un peu l’ordre établi. Les anciens tels que Fongecif, Apec ou Pôle Emploi se partageaient jusque-là la scène. Cette fois, il y a un nouveau visage derrière le guichet.
À force, les professionnels finissaient par croire que le conseil en évolution professionnelle, le fameux CEP, était réservé à une poignée d’acteurs intouchables. Pourtant, la loi « Avenir Professionnel » a ouvert la porte aux outsiders comme Tingari. Ce service, d’une simplicité presque déroutante, promet un accompagnement sur-mesure, gratuit, pour tous les actifs. Peu importe qu’on soit salarié, indépendant, demandeur d’emploi ou simplement en quête de sens, les portes s’ouvrent de la même façon. L’accompagnement se cale entre deux rendez-vous, sur un temps libre, loin des cases horaires rigides.
Beaucoup s’imaginent que ce conseil n’est qu’une formalité administrative, une case à cocher pour obtenir un papier ou valider un projet. Souvent, les bénéficiaires arrivent avec cette idée reçue : un parcours, une orientation, et c’est plié. C’est une erreur de perspective. Le CEP, surtout chez les nouveaux venus comme Tingari, prend un tour beaucoup plus humain. Prendre le temps de dresser un bilan honnête de ses compétences, de nommer ses envies, de faire le tri entre fantasme de reconversion et véritable projet, cela ne s’improvise pas en quinze minutes.
Ce qui dérange, parfois, c’est l’avalanche de certitudes vendues sur les sites d’accompagnement professionnel. Avec Tingari, la promesse semble moins lisse, moins « catalogue de solutions toutes faites ». Il y a place à la nuance, à l’hésitation. Prendre du recul pour lire ce que l’on a accompli, ce que l’on voudrait devenir, et s’autoriser à ne pas toujours avoir les réponses, c’est inconfortable. Mais c’est là, peut-être, que quelque chose de vrai se joue.
Jérôme, 46 ans, comptable depuis vingt ans à Tours. Un métier qu’il connaît sur le bout des doigts, mais une lassitude impossible à camoufler même sous un costume parfaitement repassé (pour d’ailleurs, un conseil ici). Un matin, il pousse la porte de Tingari. Il découvre un espace où il n’est pas question de le juger, mais de réécrire la suite, pas à pas. On évoque des pistes concrètes, comme devenir formateur indépendant (plus de détails). Il repart, pas transformé en chef d’entreprise du jour au lendemain, mais moins seul devant sa feuille blanche.
Dans la salle d’attente, on croise des trajectoires toutes différentes. Certains pensent à créer une activité, d’autres regardent du côté de la pharmacie (là-bas, on parle aussi de compétences), d’autres encore s’interrogent sur la sécurité de leurs données professionnelles (article) ou pourquoi leur site pro rame (ici). Chaque histoire révèle une facette différente du métier, de l’envie, parfois de la peur du changement.
Il y a ce piège mental dans lequel on tombe vite : croire qu’on doit tout savoir, tout maîtriser, avant de se lancer. Que chaque transition doit se faire en terrain balisé, sans imprévu. C’est faux, et même contre-productif. Se réinventer professionnellement, ce n’est pas se transformer en héros infaillible. C’est avancer par petits pas, se laisser accompagner quand la route semble floue.
La juste posture, finalement, c’est d’admettre qu’on ne choisit pas toujours les chemins les plus droits. Parfois, demander un accompagnement, c’est un aveu de vulnérabilité autant qu’un choix de lucidité. On se donne le droit de ne pas tout contrôler, d’apprendre qu’on peut refaire, autrement, sans tout perdre de ce que l’on est.
On repart, avec Tingari ou un autre, avec moins de certitudes, mais souvent avec une énergie retrouvée : celle d’un projet qui commence, pas d’une trajectoire imposée.
Forte d’une expérience de plus de 20 ans en journalisme citoyen, je m’engage à explorer et à transmettre les enjeux liés à l’emploi et à l’économie avec rigueur et passion, pour informer et mobiliser les citoyens.