
Tout le monde parle de diplômes, mais sait-on vraiment ce qu’il faut maîtriser pour les décrocher ? Derrière chaque titre, il y a une véritable grille de compétences à décortiquer. Le référentiel de diplôme, souvent ignoré, cache des enjeux concrets pour ceux qui souhaitent valider ou faire reconnaître leur expérience.

Oublions deux secondes les grands discours théoriques. Un référentiel de diplôme, ce n’est pas juste une fiche technique oubliée dans un bureau. Pour celles et ceux qui visent une certification, que ce soit par un nouveau parcours ou via la validation des acquis de l’expérience (VAE), ce document fait figure de boussole. Il énumère noir sur blanc ce que vous devez savoir et maîtriser pour convaincre, dossier après dossier, un jury parfois aussi exigeant que discret.
Derrière chaque diplôme, on trouve une liste plus ou moins longue de compétences, mais aussi des savoirs, des gestes, des méthodes. Le référentiel clarifie tout cela : il fixe les critères d’évaluation et la manière dont ils seront validés. Les candidats à la VAE planchent souvent des semaines sur leur dossier, preuve tangible que sans ce document, impossible d’avancer.
On s’imagine parfois que tout se trouve à un seul endroit, alors que non… Pour les certifications professionnelles, le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) reste la référence. Mais pour les diplômes d’université ou d’école, chaque établissement détient son précieux sésame. Un détour par le site du ministère de la santé, de l’agriculture, ou même une école d’ingénieur, et la scène change déjà. En réalité, la quête du bon référentiel se termine souvent par quelques mails et appels téléphoniques inattendus.
On croit volontiers que le référentiel enferme les candidats dans un cadre rigide, ce n’est pas tout à fait vrai. Il balise le terrain, oui, mais il laisse place à l’interprétation, à la preuve. Surtout en VAE, où l’on doit “prouver” ses acquis, parfois par des récits, des expériences, bien loin du simple questionnaire à choix multiple. Une évidence ? Pas pour tout le monde.
Ce que peu de gens voient, ce sont les conséquences pratiques d’un choix de diplôme. Se battre pour obtenir une certification, c’est bien, mais sans débouchés professionnels, l’effort peut vite paraître vain. Jeter un œil aux offres d’emploi, aux témoignages d’anciens, se révèle aussi pertinent que la lecture du référentiel lui-même. Certaines vocations aboutissent à des emplois boîtes en main : barman, auditeur Qualiopi ou encore la formation B1 pour la naturalisation…
C’est là que ça devient intéressant. Imaginons Sophie, qui après quinze ans dans la restauration, décide de valider ses acquis. Elle se retrouve devant un livret 2 à remplir. Pas de poésie, pas de fausse modestie, tout doit coller, mot à mot, avec le référentiel. Ce n’est pas sa carrière entière qui compte, mais sa façon de tout relier à un texte, parfois obscur. L’impression de passer à la moulinette revient assez vite. Certains s’épuisent, d’autres renoncent.
On le sent tout de suite, ce n’est pas seulement la compétence qui est évaluée, mais la façon de se raconter, d’accrocher le référentiel à sa propre vie. L’entretien devant le jury n’est jamais neutre : la perception du candidat, son aisance, ses anecdotes, tout pèse. On pourrait croire à une simple correspondance de cases à cocher, mais la subjectivité s’infiltre partout.
Souvent, à force de décortiquer ce fameux référentiel, on oublie le réel. La vie, ce n’est pas qu’un alignement de compétences sur une grille. Les parcours atypiques, les bifurcations, les chemins de traverse, la créativité… rien n’est prévu pour eux et pourtant, ils existent. Il suffit d’écouter une punchline de rap bien sentie pour comprendre qu’il y a d’autres façons de dire qu’on a appris, compris, et évolué loin des sentiers balisés.
Ce qui est étrange : plus on maîtrise le référentiel, plus il nous échappe. Le piège ? Penser qu’il suffit de s’y plier pour réussir. Ce n’est jamais aussi simple. Ni complètement objectif, ni tout à fait subjectif, le référentiel de diplôme force à naviguer entre zone de confort et zone d’inconnu.
Au fond, la seule vraie question : jusqu’où aller pour prouver ce qu’on sait déjà faire ?
Forte d’une expérience de plus de 20 ans en journalisme citoyen, je m’engage à explorer et à transmettre les enjeux liés à l’emploi et à l’économie avec rigueur et passion, pour informer et mobiliser les citoyens.