Depuis, on attend. Patiemment, puis avec agacement, puis avec cette résignation douce-amère des fans qui ont appris à ne plus croire aux annonces de suites avant d’avoir leur billet en main. Et pourtant, le vent tourne.
Script en poche, fric dans l’tuyau

En novembre 2025, en pleine promo de son adaptation de Running Man, laquelle s’est pris un joli four au box-office avec 69 millions de dollars pour 110 millions de budget, on ne va pas se mentir, Edgar Wright a confirmé à The Playlist que le script de Baby Driver 2 était bien terminé. Avec cette franchise habituelle wrightienne : « Il y a un scénario pour Baby Driver 2. C’est quelque chose qui existe vraiment. Mais la plupart des films dépendent de facteurs qui vous dépassent, le calendrier, le financement, la disponibilité des acteurs et de l’équipe. On n’en est pas toujours entièrement maître. » (The Playlist, novembre 2025). Traduction : le script est dans le tiroir, mais ça coince ailleurs.
Sauf que quelques semaines plus tôt, en septembre 2025, IMDB News avait rapporté que Sony avait officiellement donné son feu vert au projet, avec Wright à la mise en scène. Selon la même source, Ansel Elgort, Lily James, Jon Bernthal, qui reprend le rôle de Griff, mais aussi Flea (Michael Peter Balzary, le bassiste des Red Hot Chili Peppers dans le rôle d’Eddie « No-Nose ») et CJ Jones seraient tous confirmés de retour. La production serait conditionnée à la disponibilité d’Elgort, encore occupé sur la série Tokyo Vice pour HBO. Autrement dit : tout est prêt, sauf les emplois du temps.
Elgort, le poids du silence (et de Tokyo)
La question Ansel Elgort, on ne peut pas l’esquiver. En décembre 2021, plusieurs accusations d’abus sexuels avaient défrayé la chronique américaine, et l’acteur s’était retrouvé dans la position de ceux dont on ne sait plus très bien comment parler. West Side Story de Spielberg, sorti cette même année, avait peiné au box-office en partie pour cette raison. La série Tokyo Vice, produite par Michael Mann pour HBO Max, lui a offert une réhabilitation progressive, loin des grands écrans et des flashs de tapis rouge (attention, euphémisme). Il n’est pas le premier acteur sous nuage à reprendre du service, et ne sera pas le dernier, mais la question mérite d’être posée clairement, pas esquivée derrière un communiqué de presse.
Wright, lui, avait confié dès 2021 qu’il lui « faudrait trouver un moyen de rendre la chose fun » pour lui, parce que ce gars-là n’a pas l’intention de signer un Fast & Furious bis. Le réalisateur de Last Night in Soho n’a jamais fait deux fois la même chose. Du sang et de la cornée dans Shaun of the Dead, du méta-commentaire geek dans Scott Pilgrim, du sound design érigé en art dans Baby Driver, du thriller psycho-féminin avec Last Night in Soho. Si Baby Driver 2 se fait, on peut jurer que le script ne ressemble à rien de ce qu’on attendait.

Pourquoi ce film ne peut pas être banal
Le vrai piège de Baby Driver 2, c’est la tentation de reproduire. Le premier opus fonctionne précisément parce qu’il est organique, l’arc de Baby, cette traversée du miroir d’un gamin traumatisé qui passe du service au crime à la rédemption, suit une logique narrative propre et fermée. Le film se conclut. La boucle est bouclée. Ouvrir une suite, c’est risquer de défaire ce qui était cousu serré.
Elgort lui-même avait glissé en 2019 que la suite aurait « un titre différent », information confirmée par Wright qui n’en dit toujours pas plus en 2025. Ce détail compte : si le film ne s’appelle pas vraiment Baby Driver 2, c’est peut-être que Wright a trouvé l’angle qui lui permet de ne pas se répéter. Peut-être une structure plus proche du thriller que de la course-poursuite pure. Peut-être un Baby vieilli, désaxé, loin de la voiture. Peut-être quelque chose qui ferait hurler les fans du premier film et ravirait les autres. Le pari le plus intéressant, en fait.
La bande-son : le vrai co-réalisateur
Un mot sur ce qui fait que ce projet mérite qu’on s’y attarde vraiment : la musique. Dans Baby Driver, les morceaux ne sont pas posés sur les séquences, ils les précèdent et les structurent. Wright a composé le film autour des chansons, tourné certaines scènes au bpm près. C’est une méthode de travail proche de celle d’un Bollywood de luxe ou d’un clip de Michel Gondry, et c’est ce qui rend le film unique dans le paysage du cinéma d’action américain. La suite devra soit maintenir cette ambition formelle, soit assumer de rompre avec elle. Les deux options sont légitimes. La médiane ne l’est pas.
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Sony joue les prolongations
Du côté de Sony, l’intérêt n’a jamais faibli. Le studio avait déjà tendu la main à Wright dès l’été 2017, quand les chiffres de Baby Driver étaient encore en train de grimper. C’est assez rare dans l’industrie pour être souligné : un studio qui attend neuf ans qu’un réalisateur soit prêt, sans chercher à récupérer la propriété intellectuelle pour la confier à quelqu’un d’autre, ça ressemble presque à du respect artistique. Presque. (On ne doute pas que plusieurs scénarios alternatifs aient été envisagés en interne, avec quelqu’un de « plus disponible ».) Cela dit, Sony a les raisons économiques de sa patience : 227 millions de dollars sur 34 millions de budget, c’est le genre de ratio qui donne envie d’attendre le réalisateur original.
La question est sans réponse ferme pour le moment, pas de date de production annoncée, pas de début de tournage confirmé, juste un feu vert officieux et des disponibilités à caler. Mais pour la première fois depuis 2017, l’équation ressemble à quelque chose de sérieux plutôt qu’à une arlésienne entretenue pour garder les fans en haleine. Ce ne serait pas franchement étonnant qu’on commence à entendre parler de repérage de décors d’ici la fin de l’année.
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