
Peu de suites de franchises cultes ont connu un destin aussi tortueux que Matrix Resurrections. Sorti en décembre 2021, ce quatrième volet signé Lana Wachowski avait tout pour enflammer le public : le retour de Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, mythiques Neo et Trinity, une mise en scène ambitieuse et une plongée renouvelée dans une science-fiction profondément ancrée dans notre époque. Pourtant, le film s’est soldé par un véritable fiasco commercial et critique, redéfinissant tristement le terme de bide au box-office. Aujourd’hui, Carrie-Anne Moss revient sur cette expérience mouvementée, offrant un regard à la fois tendre et lucide sur une aventure cinématographique pleine de promesses qui n’a pas su convaincre. Plongeons dans les coulisses d’un blockbuster qui aura surpris autant par ses ambitions que par ses déconvenues, et ce que cela signifie pour l’avenir de la franchise Matrix.
Après avoir incarné Trinity dans la trilogie originale Matrix qui a marqué les années 2000, Carrie-Anne Moss était largement sous les feux des projecteurs. Pourtant, loin de surfer sur cette vague, elle a choisi un itinéraire atypique dans l’industrie du cinéma. À la surprise des observateurs, l’actrice a délaissé plusieurs propositions majeures dans des genres variés, préférant se consacrer à sa vie privée et à sa famille.
Cette décision, qu’elle qualifie aujourd’hui d’évidente, a résonné profondément dans sa carrière et dans sa vie personnelle. Dans une interview accordée à The Independent UK, l’actrice explique ce tiraillement intense entre opportunités professionnelles et moments précieux avec sa progéniture : « Alors que j’étais tiraillée face à des rôles alléchants, j’ai tenu mon bébé dans mes bras et je me suis demandé : à la fin, qu’est-ce qui comptera le plus ? Un rôle supplémentaire ou ces instants-là ? »
Ce choix conscient a limité son exposition aux gros succès commerciaux, puisqu’elle a accepté des rôles dans des productions plus modestes, parfois critiquées, telles que Planète rouge (2000), Suspect Zéro (2004) et Silent Hill: Revelation 3D (2012). Pourtant, cette apparente discontinuité dans son parcours a permis à Carrie-Anne de cultiver un équilibre rare dans le milieu hollywoodien.
Cette rétrospection éclaire d’un jour nouveau son retour sur la scène majeure avec Matrix Resurrections. Pour elle, cette renaissance artistique était un « cadeau » malgré tous les défis rencontrés autour du projet.
Le parcours chaotique de Matrix Resurrections au box-office en 2021 reste un cas d’école sur la difficulté d’une franchise de réinventer son univers tout en répondant aux attentes des fans historiques. Le film, chiffré à environ 190 millions de dollars, n’a pas réussi à atteindre même les 160 millions en recettes mondiales, un résultat catastrophique pour un blockbuster de cette envergure produit par Warner Bros.
Un facteur clé de cet échec tient dans la stratégie de distribution adoptée. Le studio a opté pour un dispositif hybride, combinant sortie en salles et disponibilité simultanée sur la plate-forme HBO Max. Cette décision a déstabilisé une partie du public et des professionnels du cinéma, certains y voyant un coup porté à l’expérience immersive en salle. Le controversé ex-producteur Christopher Nolan a d’ailleurs claqué la porte de Warner Bros, dénonçant ce modèle.
Par ailleurs, la pandémie mondiale, qui a provoqué plusieurs interruptions du tournage en 2020, a fortement perturbé la production et la communication autour du film. Ce contexte inédit a ajouté une couche supplémentaire d’incertitude qui a nui à l’élan commercial.
Ces ingrédients mal assortis ont conduit à ce que certains analystes qualifient de « le plus grand flop récent d’Hollywood », faisant écho à d’autres méga-bides comme Indiana Jones 5 ou Joker : Folie à deux.
Malgré les résultats en berne, Carrie-Anne Moss a su s’illustrer comme l’une des lueurs d’espoir du film. Son interprétation de Trinity a gagné en complexité et en profondeur, notamment dans un final qui a impressionné par sa portée émotionnelle et symbolique. Le scénario, imaginé par Lana Wachowski seule à la réalisation, s’aventure dans une remise en question de l’identité et du libre-arbitre, motifs chers à Matrix depuis ses débuts.
Cette relecture audacieuse, mêlant la mise en abyme et la réflexion méta sur l’univers cinématographique, a permis à Carrie-Anne Moss et à son personnage d’explorer de nouvelles facettes inattendues, loin d’une simple reprise mécanique des rôles emblématiques. Cet angle a ravi certains admirateurs en quête d’inédit, tout en divisant une partie du public, plus attachée à la trilogie originale.
Il faut souligner l’énergie de Carrie-Anne Moss qui, même consciente des obstacles autour du projet, défend son expérience avec passion et gratitude. Elle parle du tournage comme d’un « cadeau », insistant sur le fait qu’elle ne regrette aucun instant passé dans ce nouvel univers.
Alors que la trilogie originelle Matrix a été réalisée par Lana et Lilly Wachowski en tandem, ce quatrième film a été le fruit d’un travail solo de Lana. Cette configuration a rejailli sur la réalisation, avec un parti pris clairement différent, plus introspectif et parfois expérimental, qui se reflète dans la narration et les choix visuels du film.
La singularité de Lana dans la direction de Resurrections a été un facteur à double tranchant : si ses choix artistiques ont suscité un certain respect critique pour leur audace, ils ont aussi pu gêner un public attaché à la dynamique et au style plus nerveux de la trilogie précédente.
Ce contexte a limité la capacité de Warner Bros à capitaliser sur la nostalgie tout en séduisant un nouveau public, ce qui explique en partie les recettes décevantes. Néanmoins, le travail de Lana reste une source d’inspiration pour ceux qui apprécient un cinéma de science-fiction qui ose creuser profondément ses thématiques.
Au moment de la sortie, Matrix Resurrections a divisé fortement les critiques, créant un paradoxe étonnant entre l’échec commercial et une reconnaissance artistique certaine. Si les salles sont restées à moitié vides, nombre de chroniqueurs ont loué les performances de Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, ainsi que l’ambition du scénario.
Les critiques positives saluaient :
À l’inverse, les reproches les plus fréquents concernaient la narration parfois confuse, le rythme inégal et un scénario jugé trop complexe, voire prétentieux, par certains spectateurs occasionnels. Ce clivage a conduit à un débat très animé dans la communauté des fans et au-delà.
La crise sanitaire mondiale est un facteur ô combien déterminant dans le parcours chaotique de Matrix Resurrections. L’arrêt brutal du tournage en 2020 a engendré des retards significatifs, ajoutant des contraintes supplémentaires de sécurité sur le plateau et modifiant les plans de post-production.
Outre le tournage, le calendrier de sortie souhaité par Warner Bros a été fortement bouleversé. Le report de mai à décembre 2021, à une période où le public hésitait encore à retourner massivement dans les salles, a nui aux perspectives commerciales. En outre, la stratégie de double sortie cinéma et streaming imposée par le contexte a contribué à fragmenter l’audience.
De quoi illustrer à quel point la situation sanitaire mondiale a remodelé les modes de production et de consommation du cinéma, affectant aussi bien la perception que la performance commerciale d’un titre attendu comme un grand événement.
Malgré ce revers cuisant, Warner Bros ne semble pas prêt à enterrer la franchise Matrix. Des projets sont à l’étude, notamment un cinquième opus qui serait confié à Drew Goddard, réalisateur reconnu pour des œuvres comme La Cabane dans les bois et Sale temps à l’hôtel El Royale.
Cette persévérance illustre la valeur durable de l’univers Matrix, qui continue de fasciner autant qu’il divise. Cependant, il faudra apprendre des erreurs passées, notamment sur la gestion des attentes, la stratégie de sortie et l’équilibre entre fidélisation des fans historiques et attraction d’un public plus large et contemporain.
Ce futur chapitre sera scruté avec attention, tous espérant une renaissance, cette fois durable et apaisée, pour la franchise qui a révolutionné le cinéma de science-fiction.
Malgré toutes ses turbulences, la saga Matrix n’a jamais cessé d’inspirer les cinéphiles et les créateurs. Carrie-Anne Moss ne manque jamais une occasion de saluer le génie créatif des sœurs Wachowski, lesquelles ont façonné une série de films qui continue de résonner profondément dans l’imaginaire collectif.
Qu’il s’agisse de classiques comme Speed Racer, Cloud Atlas ou la série innovante Sense8, l’influence des Wachowski demeure omniprésente, célébrée pour sa capacité à marier action, réflexion et esthétique poussée. Le personnage de Trinity, incarné par Carrie-Anne Moss, demeure un emblème incontournable de la science-fiction moderne, célébré pour son mélange de féminité, de force et de mystère.
La sortie de Resurrections n’a fait que raviver ces passions, même si la réception fut compliquée. En 2025, la saga reste un sujet de réfléxion et d’admiration, confirmant son statut d’œuvre culte malgré les vicissitudes.
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