️ À retenir sur la filmographie de Thierry Lhermitte
- Plus de 80 films au compteur en tant qu’acteur, sur plus de cinq décennies
- Né le 24 novembre 1952 à Boulogne-Billancourt
- Co-fondateur de la troupe Le Splendid en 1974, avec Clavier, Jugnot et Michel Blanc
- Trois méga-succès publics : Les Bronzés 3 (~10 M), Le Dîner de cons (~9 M), Un Indien dans la ville (~8 M) d’entrées
- Acteur, mais aussi scénariste et producteur sur plusieurs de ses projets les plus marquants
- Lauréat du Prix Jean-Gabin dès 1981
- Voix de Panoramix dans la série animée Astérix & Obélix : Le Combat des chefs (Netflix, 2025)
Le Splendid comme terrain de jeu : les premières armes

Avant d’être une star, Thierry Lhermitte est un étudiant en économie au lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine qui traîne dans les coulisses du café-théâtre parisien. En 1974, avec une poignée d’amis, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Michel Blanc, Josiane Balasko, il co-fonde Le Splendid, une troupe qui va bouleverser le paysage humoristique français. Pas en cherchant à plaire à tout le monde. En faisant exactement ce qu’ils avaient envie de faire.
Ses premières apparitions à l’écran sont discrètes, presque anecdotiques : un portier dans Les Valseuses de Bertrand Blier (1974), un personnage furtif dans Que la fête commence de Bertrand Tavernier la même année. Ce sont des rôles de formation, pas encore des rôles de révélation. Mais dans les coulisses, la bande peaufine son style, son sens du timing, sa manière de rire de la société française sans jamais se prendre trop au sérieux.
Les Bronzés, l’ordure et le ski : naissance d’une icône populaire

Tout bascule en 1978. Les Bronzés, adapté de la pièce de théâtre Amour, coquillages et crustacés, sort sur les écrans sous la direction de Patrice Leconte. Thierry Lhermitte y campe Robert « Popeye » Lespinasse, le séducteur de service, bronzé à l’excès, désespérément superficiel. Le personnage est une caricature parfaite d’une certaine bourgeoisie française des années 70. Et le public adore.
Un an plus tard, Les Bronzés font du ski (1979) confirme l’engouement. La même bande, la même énergie, la même précision comique. Popeye devient un personnage culte. Ce que beaucoup ignorent, c’est que Lhermitte n’est pas seulement devant la caméra sur ces films : il est aussi co-scénariste. L’acteur pense son travail, il ne se contente pas de jouer.
Puis arrive Le Père Noël est une ordure en 1982, adapté d’une pièce de théâtre du Splendid que Lhermitte a co-scénarisée. Le film, devenu une référence absolue du cinéma comique français, continue d’être diffusé chaque année à Noël sur les grandes chaînes. Quarante ans après sa sortie, les répliques font toujours rire. C’est la marque des œuvres véritablement ancrées dans la culture populaire.
Les Ripoux : quand la comédie rencontre l’âme noire
En 1984, Claude Zidi lui offre un rôle qui change tout : René Boisrond, jeune flic intègre qui se laisse corrompre au contact du vieux briscard joué par Philippe Noiret dans Les Ripoux. La dynamique entre les deux acteurs est immédiatement électrique. Noiret apporte la gravité et la truculence, Lhermitte apporte la modernité et la légèreté. Le film rafle le César du Meilleur film en 1985 et devient l’un des polars comiques les plus réussis du cinéma français.
Le succès engendre deux suites : Ripoux contre Ripoux (1990) et Les Ripoux 3 (2003). La trilogie dessine un portrait paradoxal de Lhermitte : capable de jouer la naïveté puis la complicité cynique, capable de faire rire sans jamais perdre la crédibilité dramatique. Les Ripoux, c’est peut-être le moment où l’acteur comprend qu’il peut faire plus que jouer des séducteurs en maillot de bain.
Un Indien dans la ville : le retour fracassant des années 90
Entre 1985 et 1994, Lhermitte enchaîne les projets, certains réussis, d’autres moins. Puis Un Indien dans la ville débarque à l’automne 1994 comme une bombe au box-office. Il y incarne Stéphane Marchadot, cadre parisien dépassé qui doit intégrer son fils sauvage venu de la jungle amazonienne dans la vie moderne. Le film récolte près de 7,9 millions d’entrées, se plaçant juste derrière Le Roi Lion au palmarès de l’année.
Ce succès n’était pas prévu. La carrière de Lhermitte connaissait alors quelques années de turbulence commerciale. Un Indien dans la ville lui redonne une visibilité nationale absolue. La comédie familiale, portée par la performance de Ludwig Briand en enfant de la jungle, touche un public énorme, des enfants aux grands-parents. Hollywood en achètera les droits et en fera Jungle 2 Jungle (1997) avec Tim Allen, ce qui est, à sa manière, la plus belle des consécrations.
Le Dîner de cons : neuf millions de spectateurs dans un appartement
1998. Francis Veber adapte sa propre pièce de théâtre. Il choisit Thierry Lhermitte pour incarner Pierre Brochant, l’éditeur parisien arrogant qui organise des « dîners de cons », des soirées où chaque convive amène l’idiot le plus spectaculaire qu’il ait trouvé. La relation entre Brochant et François Pignon, joué par l’inoubliable Jacques Villeret, devient l’une des plus belles dynamiques comiques du cinéma français.
Le Dîner de cons dépasse les 9 millions d’entrées en France. C’est un phénomène culturel. Le film fonctionne parce qu’il retourne le regard du spectateur : on croit regarder un con, on finit par se demander qui est réellement con dans cette histoire. Lhermitte joue le méchant puni avec une précision remarquable, laissant Villeret voler la vedette sans jamais perdre le contrôle de la scène. C’est une générosité rare chez une grande star.
La relation entre Veber et Lhermitte n’a pas toujours été simple en coulisses. Mais à l’écran, la tension entre les deux personnages est parfaitement calibrée. Le film sera revu des dizaines de fois par les mêmes spectateurs. Une comédie classique, au sens littéral du terme.
Les films incontournables : une sélection chronologique
| Année | Film | Rôle | Note particulière |
|---|---|---|---|
| 1978 | Les Bronzés | Popeye Lespinasse | Rôle culte, co-scénariste |
| 1979 | Les Bronzés font du ski | Popeye Lespinasse | Suite immédiate, même succès |
| 1982 | Le Père Noël est une ordure | Pierre Mortez | Film culte de Noël, co-scénariste |
| 1984 | Les Ripoux | René Boisrond | César du Meilleur film, avec Philippe Noiret |
| 1983 | La Femme de mon pote | Pascal | Bertrand Blier, Isabelle Huppert |
| 1994 | Un Indien dans la ville | Stéphane Marchadot | ~7,9 M d’entrées, remake américain |
| 1998 | Le Dîner de cons | Pierre Brochant | ~9 M d’entrées, Francis Veber |
| 2001 | Une affaire privée | Rôle principal | Guillaume Nicloux, virage dramatique |
| 2006 | Les Bronzés 3 : amis pour la vie | Popeye Lespinasse | ~10 M d’entrées, co-scénariste |
| 2013 | Quai d’Orsay | Le Ministre | Bertrand Tavernier, satire politique |
| 2018 | La Finale | Homme atteint d’Alzheimer | Comédie dramatique touchante |
| 2019 | Joyeuse Retraite ! | André Prioux | Avec Michèle Laroque, succès public |
| 2025 | Astérix & Obélix : Le Combat des chefs | Voix de Panoramix | Série animée Netflix, Alain Chabat |
Quai d’Orsay et les années de maturité : l’acteur se décomplexe
Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier (2013) marque un tournant souvent sous-estimé. Lhermitte y incarne un ministre des Affaires étrangères omnipotent et volcanique, librement inspiré de Dominique de Villepin. La performance est saluée. L’acteur démontre une fois de plus que la comédie peut être une arme politique, et qu’il sait manier cette arme avec intelligence. Il n’est plus seulement l’héritier du Splendid : il est un acteur à part entière, capable de tenir une œuvre ambitieuse.
Cette période est aussi marquée par La Finale (2018), où il joue un homme confronté à la maladie d’Alzheimer dans une comédie dramatique touchante. Lhermitte y déploie une fragilité rarement exposée. Il y a quelque chose de profondément courageux dans ce choix de rôle. Car accepter de jouer la perte de soi quand on est associé à la légèreté et au brio, c’est prendre un vrai risque artistique.
L’acteur aujourd’hui : entre fidélité au public et envie d’ailleurs
En 2019, Joyeuse Retraite ! avec Michèle Laroque lui redonne accès au grand public familial. Le film explore avec humour les angoisses de la retraite, un sujet qui touche des millions de Français. Le binôme Lhermitte-Laroque fonctionne, et une suite suit logiquement. Ces films ne prétendent pas révolutionner le cinéma. Ils font leur travail : faire rire, faire réfléchir un peu, faire du bien. Et ils le font bien.
En 2025, Thierry Lhermitte prête sa voix à Panoramix dans la série d’animation Astérix & Obélix : Le Combat des chefs, réalisée par Alain Chabat pour Netflix. Aux côtés de Gilles Lellouche, Laurent Lafitte et Anaïs Demoustier, l’acteur prouve qu’à plus de 70 ans, la curiosité ne s’éteint pas. Un druide sage et facétieux pour un comédien qui, finalement, l’a toujours été un peu lui-même.
Plus de 50 ans après ses débuts, la filmographie de Thierry Lhermitte reste l’une des plus cohérentes du cinéma français. Pas au sens de la linéarité, il a fait des détours, des erreurs, des paris, mais au sens d’une identité artistique jamais reniée. Celle d’un acteur qui a choisi de rire du monde, d’abord avec ses amis du Splendid, puis seul, puis avec de nouveaux complices. Avec toujours la même élégance discrète.
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.



