
Les réseaux OT incarnent aujourd’hui un paradoxe saisissant : au cœur de l’innovation industrielle, ils demeurent souvent les maillons les plus vulnérables d’une infrastructure critique. Cette tension entre l’exigence de performance en temps réel et la nécessité impérieuse de protection ouvre un champ complexe où la sécurité ne peut se contenter d’approches traditionnelles. La convergence des mondes IT et OT brouille les frontières, tandis que les cybermenaces évoluent avec une agilité déconcertante, mettant à l’épreuve la résilience des systèmes. Comment alors déployer une défense réellement stratégique, capable de limiter les dégâts sans compromettre la fluidité opérationnelle ? C’est précisément dans cette dialectique entre segmenter et microsegmenter, entre isolation et interdépendance, que se trouve la clé pour maîtriser ces environnements sensibles.

Les réseaux OT (Technologie Opérationnelle) supportent des installations critiques, industrielles ou infrastructures de service public, où les interruptions peuvent avoir des conséquences physiques, parfois lourdes. Pourtant, ces réseaux ont longtemps reposé sur des architectures plates, avec une confiance implicite entre les composants et utilisateurs. Cette approche facilite la propagation des attaques, qu’elles viennent de l’intérieur ou d’intrusions extérieures après compromission partielle du réseau IT connecté. C’est là que la segmentation et la microsegmentation entrent en scène, comme des mécanismes indispensables pour confiner les menaces et préserver l’intégrité des systèmes.
La segmentation consiste à diviser le réseau OT en plusieurs zones distinctes, selon des critères fonctionnels, de sécurité ou de criticité. Chaque zone regroupe des actifs partageant des exigences similaires et est isolée des autres par des dispositifs de sécurité, souvent des pare-feux nouvelle génération (NGFW). Entre ces zones, les conduits agissent en points de passage contrôlés où la communication est régulée, limitant ainsi les échanges et réduisant la surface d’attaque.
La microsegmentation pousse ce découpage à un niveau de granularité plus fin. Ici, au sein même d’une zone, des sous-zones ou microsegments sont définis et supervisés. L’objectif est d’appliquer une politique de sécurité très précise, inspectant le trafic intra-zone à la couche applicative, ce qui permet d’identifier et bloquer les mouvements latéraux d’attaquants ou logiciels malveillants. Par exemple, FortiGate, combiné à FortiSwitch, offre une inspection approfondie des paquets (DPI) et un contrôle à plusieurs couches, jusqu’à la couche 7 du modèle OSI.
Cette segmentation améliore considérablement la politique de confiance, qui ne peut plus être aveugle, surtout dans un monde où l’
évolution des techniques d’attaque encourage le déplacement latéral derrière les défenses initiales. En rendant la traversée du réseau plus ardue, la segmentation limite le risque d’un compromis généralisé en cas d’infection ou d’intrusion. De plus, la visibilité sur le trafic devient plus fine, permettant d’anticiper améliorer la détection d’anomalies.
Ce changement ne se traduisant pas uniquement par la multiplication de zones physiques, mais par un pilotage intelligent des flux, il déclenche une nouvelle approche d’architecture réseau, où chaque segment est une forteresse en soi.
La différence fondamentale tient au contexte opérationnel. Les réseaux OT demandent une haute disponibilité et respectent des contraintes temps réel, ce qui limite parfois les possibilités d’implémentation des contrôles de sécurité IT classiques. Une coupure incontrôlée dans un processus industriel peut impacter la production ou même la sécurité physique.
En OT, la robustesse et la continuité des communications prévalent, ce qui explique pourquoi la segmentation doit être conçue avec une prudence extrême, soutenue par des équipements adaptés aux environnements industriels. C’est ce qui fait toute la complexité et l’importance d’un modèle comme celui de Purdue, qui structure précisément les différentes couches et zones à ne pas franchir sans contrôle.
Passer d’un grand réseau plat à un ensemble de zones et microzones autonomes modifie profondément la gestion et la surveillance opérationnelles. La sécurité devient granulaire et contextuelle, chaque segment se voyant appliquer une politique spécifique, en fonction des besoins métiers et risques.
Cette fragmentation favorise également l’intégration de mécanismes avancés comme le contrôle d’accès réseau (NAC) ou la gestion unifiée des politiques à partir de plateformes centralisées, ce qui permet de standardiser la protection tout en respectant la diversité fonctionnelle des actifs.
Attention toutefois, la multiplication de zones peut aussi complexifier la gestion si elle n’est pas accompagnée d’une cartographie exhaustive et dynamique des flux et des actifs, ainsi que d’une automatisation pour éviter les erreurs humaines.
À l’avenir, la sophistication accrue des outils de segmentation, notamment via la microsegmentation, pourra offrir des résiliences encore plus poussées. L’intégration croissante de l’intelligence artificielle pourrait améliorer la détection et l’adaptation aux menaces, tout en minimisant les interventions manuelles.
Mais cela ouvre des questions éthiques et sociales, notamment sur la gestion des données circulant entre zones et la responsabilité en cas d’incident. La complexité grandissante des architectures pourrait rendre difficile l’audit complet des réseaux OT, incitant à renforcer la transparence et la traçabilité.
En somme, maîtriser la segmentation et la microsegmentation dans un réseau OT, c’est jouer sur un terrain où la sécurité, la disponibilité et la conformité doivent cohabiter. Cela demande un juste dosage, une veille constante, et une adaptation continue aux évolutions des menaces et technologies.
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