⚡ Ce qu’il faut savoir sur Marc Rissmann
- Né en 1980 à Berlin, Allemagne
- Diplômé de la prestigieuse École Ernst Busch des arts dramatiques de Berlin
- Acteur et réalisateur, actif en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis
- Rôles marquants : Game of Thrones, The Man in the High Castle, 1883, The Amateur
- 10 épisodes dans 1883, préquel de Yellowstone classé titre le plus vu de l’histoire de Paramount+ à son lancement
- Marié à l’actrice roumaine Ana Ularu ; ils ont une fille prénommée Ezra
Berlin, Ernst Busch et les planches : là où tout a commencé
Marc Rissmann n’a pas emprunté le raccourci. Avant les plateaux hollywoodiens, avant Game of Thrones, avant les grandes plaines de Taylor Sheridan, il y a eu des années passées à déchiffrer le théâtre dans ce qu’il a de plus exigeant. C’est à l’École Ernst Busch — l’une des académies d’arts dramatiques les plus sélectives d’Europe, nichée à Berlin — qu’il s’est formé. Une institution dont le nom seul suffit à indiquer le sérieux du parcours. On y apprend l’art du jeu dans sa version la plus rigoureuse, la plus physique, la plus intellectuelle aussi.
Cette formation théâtrale intensive a posé les bases d’une carrière discrète mais solide. Les premiers rôles télévisés allemands arrivent à partir de 2011 : des séries policières comme Letzte Spur Berlin, des téléfilms, des silhouettes qui construisent peu à peu un acteur de métier. Rissmann n’explose pas, il creuse. Méthodiquement. Chaque rôle, même minuscule, semble pensé comme une pierre posée sur un chemin qu’il est seul à voir.
Le saut vers l’international : quand les grandes séries l’ont remarqué
La rupture dans sa trajectoire se joue dans la deuxième moitié des années 2010. Les productions internationales commencent à lui faire signe, et il répond une à une avec des rôles qui demandent exactement ce qu’il sait faire : incarner des figures troubles, des hommes au bord de quelque chose, des personnages qui portent une opacité morale réelle. Dans The Last Kingdom sur Netflix, il incarne Tekil sur quatre épisodes — un guerrier brutal tiré du monde médiéval anglo-saxon. Dans Into the Badlands sur AMC, il apparaît dans le rôle de Nos. Ces apparitions répétées dans des séries à fort rayonnage international ne sont pas des accidents : elles dessinent une signature.
La même logique s’applique au cinéma. Dans Overlord (2018), le film de guerre horrifique produit par J.J. Abrams, Marc Rissmann joue Scherzer, l’officier nazi qui transforme des soldats en monstres. Une performance froide, calculée, qui laisse une trace. Ce n’est pas un méchant de pacotille — c’est un homme qui croit en ce qu’il fait, et c’est précisément ça qui fait peur.
Harry Strickland : la consécration Game of Thrones
En octobre 2017, une annonce discrète circule dans les cercles de fans de Game of Thrones : Marc Rissmann rejoindra la huitième et dernière saison de la série HBO pour incarner Harry Strickland, le commandant de la Compagnie Dorée. Ce mercenaire élégant et légèrement lâche, qui préfère ses chevaux à la guerre réelle, devient instantanément un personnage mémorable — non pas parce qu’il est héroïque, mais précisément parce qu’il ne l’est pas. Dans l’épisode The Bells, sa trajectoire s’achève dans le chaos de Port-Réal, et il ne reste rien de sa grandeur supposée. C’est un commentaire sur l’arrogance de ceux qui croient tenir le monde sans jamais avoir vraiment souffert pour lui.
Wilhelm Goertzmann : l’autre coup de 2019
La même année, Rissmann apparaît dans la quatrième et dernière saison de la série Amazon The Man in the High Castle, dans le rôle du SS-Obergruppenführer Wilhelm Goertzmann. Deux productions majeures simultanées, deux univers radicalement différents, deux personnages qui incarnent chacun à leur manière la brutalité du pouvoir. Ce doublé 2019 ne tient pas du hasard — il signale qu’un acteur est désormais véritablement sur les radars des grands studios américains et britanniques.
Josef dans 1883 : dix épisodes pour s’imposer
Si Game of Thrones lui a offert la visibilité, c’est 1883 qui lui a donné l’espace. Créée par Taylor Sheridan pour Paramount+, cette mini-série préquel de l’immense saga Yellowstone retrace le voyage de la famille Dutton à travers les Grandes Plaines américaines de la fin du XIXe siècle, fuyant la misère vers un Ouest prometteur mais impitoyable. Marc Rissmann y incarne Josef, un immigrant européen qui guide un groupe de compatriotes à travers la frontière sauvage.
Dix épisodes. Un arc complet. Une présence constante dans une série qui devient, dès son lancement, le titre le plus regardé de l’histoire de Paramount+ à l’échelle mondiale. Pour un acteur qui construisait sa carrière avec patience depuis Berlin, c’est une transformation d’échelle. Josef n’est pas un personnage secondaire décoratif : il porte le poids d’une communauté entière, tiraillé entre la foi, la peur et l’espoir dans un pays qui n’est pas le sien. Exactement le genre de rôle que Marc Rissmann sait rendre vivant, charnel, vrai.
The Amateur (2025) : face à Rami Malek
En avril 2025, The Amateur sort dans les salles américaines sous l’égide de la 20th Century Studios. Le film, réalisé par James Hawes, met en scène Rami Malek dans le rôle d’un cryptographe de la CIA qui décide de se venger lui-même des terroristes responsables de la mort de sa femme. Marc Rissmann y incarne Mishka Blazhic, l’antagoniste direct, la menace que le héros doit affronter et dépasser. Un rôle de méchant, certes — mais dans la grande tradition de ce que Rissmann fait de mieux : des hommes qui représentent une menace réelle, crédible, jamais caricaturale.
Le casting autour de lui est vertigineux : Rachel Brosnahan, Caitríona Balfe, Laurence Fishburne. Rissmann est sur le tapis rouge de la première aux côtés des visages les plus reconnus d’Hollywood. La trajectoire ne ment pas : il n’est plus un figurant de luxe dans les grands projets, il en est un rouage central.
Ses rôles marquants en un regard
| Œuvre | Personnage | Type | Année | Plateforme / Distributeur |
|---|---|---|---|---|
| The Last Kingdom | Tekil | Série TV | 2017 | Netflix / BBC Two |
| Overlord | Scherzer | Film | 2018 | Paramount Pictures |
| Game of Thrones S8 | Harry Strickland | Série TV | 2019 | HBO |
| The Man in the High Castle S4 | Wilhelm Goertzmann | Série TV | 2019 | Amazon Prime |
| A Call to Spy | Klaus Barbie | Film | 2019 | IFC Films |
| 1883 | Josef | Mini-série TV | 2021–2022 | Paramount+ |
| The Amateur | Mishka Blazhic | Film | 2025 | 20th Century Studios |
Acteur et réalisateur : une double vie créative
Ce que beaucoup ignorent sur Marc Rissmann, c’est qu’il ne se limite pas au jeu. Il dirige aussi. Il a notamment réalisé le clip musical de Please Tell Rosie pour Alle Farben, artiste électronique allemand, ainsi qu’une campagne publicitaire nationale pour le Loto allemand. Cette dimension réalisateur dit quelque chose d’important : Rissmann ne se contente pas d’habiter les univers qu’on lui propose — il a la vision pour en créer. Ce double regard, celui qui joue et celui qui filme, forge probablement une compréhension du jeu plus fine, plus stratégique, plus consciente de ce que la caméra cherche vraiment.
L’homme derrière les rôles
On sait peu de choses de la vie privée de Marc Rissmann, et c’est clairement voulu. Il est marié à Ana Ularu, actrice roumaine connue notamment pour son passage dans Westworld. Ensemble, ils ont une fille prénommée Ezra. Deux acteurs, deux cultures européennes, une famille qui se construit entre les tournages. Il y a là une richesse humaine qui transparaît dans le choix de ses rôles — souvent centrés sur des personnages en exil, en transit, en lutte avec leur identité dans un monde qui ne leur appartient pas tout à fait.
Berlin comme point de départ. Hollywood comme horizon. Marc Rissmann incarne quelque chose de plus large que sa propre carrière : la capacité de l’Europe centrale à nourrir le cinéma mondial de talents que les radars franco-français laissent encore passer. Il est le genre d’acteur qu’on découvre souvent trop tard — une fois qu’il est déjà partout.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.



