À Busan, l’actrice critique les contenus générés par l’IA et oppose aux machines la singularité des performances humaines.
Fan Bingbing regarde les microdrames générés par l’intelligence artificielle avec méfiance, notamment lorsqu’ils s’adressent aux jeunes publics chinois. À Busan, elle leur oppose le travail des interprètes : les machines n’ont pas gagné la partie.
Lors d’une conférence de presse au Festival international du film de Busan, l’actrice a exprimé ses réserves sur la valeur de ces contenus. Son propos porte sur ce que les jeunes spectateurs consomment, mais trouve aussi un point d’appui précis dans le cinéma : elle estime que les performances humaines de Possible Love ne peuvent être reproduites par l’IA. C’est une conviction d’actrice, pas une démonstration technique sur les capacités des modèles.
Cette défense du jeu humain accompagne une carrière qui s’est largement déplacée hors de Chine. Après une affaire fiscale en 2018, Fan Bingbing a largement disparu des écrans chinois et poursuivi son travail à l’étranger. Sa présence à Busan relève donc aussi d’une actualité très concrète : elle y a présenté Diary of a Mad Old Man de Wayne Wang et le court métrage She Said d’Ivan Tan.
Le point de friction n’est pas seulement la fabrication des images : c’est la place que l’on accorde à celles et ceux qui les habitent.
L’acteur n’est pas une option à cocher

En prenant Possible Love comme exemple, Fan Bingbing ramène la discussion à une œuvre et à ses interprètes. Elle ne se contente pas d’opposer abstraitement le cinéma à la technologie : elle désigne des performances dont elle considère la dimension humaine comme irremplaçable. Son argument se situe sur le terrain du jeu, là où une présence à l’écran ne se réduit pas, à ses yeux, à une image que l’on pourrait reproduire.
On peut entendre cette position sans lui faire dire davantage. Ses réserves concernent les microdrames générés par l’IA et leur valeur pour les jeunes publics chinois; elles ne constituent pas l’annonce d’un boycott ni d’une campagne contre tous les usages de l’intelligence artificielle. Pas besoin de transformer une prise de parole en croisade pour qu’elle ait du poids.
Hors de Chine, toujours à l’affiche
Le parcours récent de Fan Bingbing donne un autre relief à cette intervention. La rupture de 2018 constitue un repère dans sa trajectoire, mais la raréfaction de ses apparitions sur les écrans chinois ne signifie pas un arrêt de sa carrière. Les deux œuvres présentées à Busan témoignent de la poursuite de son activité hors de Chine, auprès de Wayne Wang et d’Ivan Tan.
Cette trajectoire comporte aussi une reconnaissance de son travail d’interprète : Fan Bingbing a remporté le prix de la meilleure actrice aux Golden Horse Awards pour le film malaisien Mother Bhumi. La distinction et sa prise de position sur l’IA relèvent de deux faits différents. Leur rapprochement éclaire néanmoins l’angle de son intervention : elle parle depuis un métier et une carrière, pas seulement depuis une inquiétude face aux nouveaux outils.
Park Chan-wook, appel du pied sans contrat
Fan Bingbing a également déclaré qu’elle serait ravie de travailler avec Park Chan-wook si l’occasion se présentait. On est ici dans le registre du souhait, pas dans celui d’une annonce de casting. Une envie de cinéma ne fait pas encore un film.
L’actrice s’est dite disponible pour cette collaboration éventuelle avec le réalisateur.

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