Cinéma & Divertissement

End of the Line : 42 000 dollars, un box-office à remettre en perspective

Le film avec Kevin Bacon aurait connu une exploitation limitée : de quoi nuancer la lecture d’un échec commercial spectaculaire.

Publié le 3 min de lecture

Le film avec Kevin Bacon aurait connu une exploitation limitée : de quoi nuancer la lecture d’un échec commercial spectaculaire.

42 000 dollars de recettes pour un budget estimé à 3 millions : le grand écart d’ End of the Line donne le vertige. Mais avant de faire du film avec Kevin Bacon un repoussoir commercial, encore faut-il regarder son parcours en salles.

Au sommaire
  1. 01Un petit compteur, pas toute l’histoire
  2. 02Kevin Bacon n’est pas le bilan comptable

Sorti en 1987, ce long métrage de 103 minutes marque les débuts de Jay Russell à la réalisation. Le cinéaste en signe également le scénario. Son exploitation aurait commencé dans les régions de Little Rock et Memphis, avant un passage à New York : un lancement régional, donc, plutôt qu’une sortie d’emblée déployée à grande échelle.

Affiche de End of the Line
Affiche de End of the Line

Le chiffre est minuscule; il ne suffit pas, à lui seul, à raconter la rencontre du film avec le public.

Un petit compteur, pas toute l’histoire

Les 42 000 dollars rapportés représentent environ 1,4 % du budget de production estimé. Ce rapprochement mesure l’écart entre deux montants, pas une perte comptable définitive : les recettes au box-office et le coût de fabrication ne constituent pas, à eux seuls, le bilan financier complet d’un long métrage. On peut constater le gouffre sans lui faire dire davantage.

La chronologie de la sortie apporte une autre nuance. Un démarrage autour de Little Rock et Memphis, suivi d’une exploitation new-yorkaise, décrit une circulation par étapes. Elle ne permet pas de traiter ce résultat comme celui d’un film proposé partout, puis massivement boudé. Le raccourci est tentant. Il va un peu vite en besogne.

La faiblesse des recettes reste le fait central. L’ampleur de l’exposition au public est une question différente : confondre les deux reviendrait à transformer un résultat commercial en verdict sur l’appétit des spectateurs, sans tenir compte des conditions dans lesquelles ils ont pu découvrir le film.

Kevin Bacon n’est pas le bilan comptable

Kevin Bacon interprète Everett, un bookmaker local lié aux personnages joués par Wilford Brimley et Holly Hunter. Sa présence fournit un point d’entrée dans ce premier long métrage de Russell, mais elle n’explique ni le montant des recettes ni le déroulement de l’exploitation. Une tête d’affiche n’est pas une explication économique.

L’accueil critique apporte, lui, un élément distinct. Roger Ebert attribue au film deux étoiles sur quatre. Il estime que le récit perd de son énergie lorsqu’il devient une fable opposant le petit peuple aux grandes entreprises. Sa réserve porte donc sur une évolution narrative précise, pas sur le seul sujet social du film.

Ce jugement ne démontre pas la cause du faible box-office. Il décrit une limite artistique identifiée par un critique : chez Ebert, le basculement vers la fable sociale se fait au détriment de l’élan du récit.

Vincent Bazire
Écrit par

Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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