Deadpool 3 (Deadpool & Wolverine) : date de sortie, casting et intrigue

Quand Disney rachète la Fox en 2019, personne n’imagine qu’un mercenaire à la grande gueule et un mutant canadien traumatisé sauveront l’empire Marvel de sa propre médiocrité. Pourtant, cinq ans plus tard, Deadpool & Wolverine débarque comme une bombe dans les salles et pulvérise tous les records avec plus de 1,3 milliard de dollars de recettes mondiales. Un phénomène qui dépasse largement le simple succès commercial pour devenir un véritable électrochoc culturel.

L’essentiel en 60 secondes

Deadpool & Wolverine marque l’entrée officielle du mercenaire de Marvel dans le MCU, sept ans après la “mort” de Wolverine dans Logan. Réalisé par Shawn Levy, ce troisième opus réunit Ryan Reynolds et Hugh Jackman dans une aventure qui transcende les univers et ressuscite l’âge d’or des films X-Men. Avec 127 minutes d’humour décapant, d’action brutale et de nostalgie assumée, le film devient le plus gros succès Marvel depuis Avengers: Endgame et redonne espoir à un studio en crise créative.

L’impossible retour de Wolverine

L’histoire commence par un mensonge. En 2017, Hugh Jackman jure ses grands dieux qu’il ne reprendra jamais les griffes de Wolverine après l’émouvant Logan. Pourtant, le 14 août 2022, une épiphanie le frappe au volant de sa voiture : “J’ai su au fond de moi que je voulais jouer Wolverine une nouvelle fois”. Il s’arrête sur le bas-côté et appelle immédiatement Ryan Reynolds, déclenchant une cascade d’événements qui mènera au plus gros succès Marvel de l’année.

Cette résurrection n’est pas qu’un simple retour commercial. Elle cristallise la nostalgie d’une époque où les films de superhéros osaient encore prendre des risques, celle des X-Men de la Fox avant l’uniformisation Disney. Hugh Jackman lui-même avoue avoir été touché par le premier Deadpool : “Je me souviens m’être dit : je peux voir ce film, avec ces deux personnages”.

Marvel joue sa survie

Derrière les blagues et les effets spéciaux se cache une réalité brutale : Marvel Studios traverse sa pire crise depuis 2008. Après une série d’échecs critiques et commerciaux relatifs comme Thor: Love and Thunder, Eternals ou The Marvels, le studio de Kevin Feige mise tout sur ce duo improbable pour relancer la machine. Le pari est risqué : intégrer un personnage ouvertement transgressif dans un univers devenu politiquement correct.

Le succès dépasse toutes les espérances. Avec 1,211 milliard de dollars au box-office mondial après seulement cinq semaines d’exploitation, Deadpool & Wolverine devient le sixième plus gros succès de Marvel Studios aux États-Unis. En France, le film attire 2,97 millions de spectateurs, se classant dans le top 30 des plus gros succès Marvel hexagonaux.

Territoire Recettes (en millions $) Performance
États-Unis 603,8 6e meilleur Marvel Studios
International 634,1 Domination mondiale
France 2,97 millions d’entrées
Total mondial 1 211 Record film classé R

L’art de la méta-destruction

Deadpool & Wolverine ne se contente pas de divertir : il déconstruit méthodiquement les codes du cinéma de superhéros moderne. Ryan Reynolds transforme son personnage en critique acerbe du MCU, multipliant les références auto-dérisoires et les clins d’œil aux échecs passés de Marvel. Cette approche “méta” séduit autant qu’elle dérange, créant un film qui fonctionne simultanément comme spectacle et comme satire.

Le réalisateur Shawn Levy maîtrise parfaitement cette double lecture, proposant une orgie de cameos qui célèbre l’héritage Fox tout en se moquant de la tendance actuelle aux crossovers forcés. Jennifer Garner incarnant Elektra, Wesley Snipes reprenant Blade ou encore Chris Evans dans un rôle surprise : chaque apparition fonctionne comme une madeleine de Proust pour les fans de la première heure.

Les coulisses d’un phénomène

Derrière le succès se cachent des tensions et des règlements de comptes. T.J. Miller, l’inoubliable Weasel des deux premiers films, révèle publiquement son conflit avec Ryan Reynolds, accusant ce dernier de “comportement méchant” sur le plateau du premier Deadpool. Une controverse qui illustre les rapports de force hollywoodiens et explique certaines absences remarquées.

Plus récemment, le film se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique avec les accusations de Justin Baldoni contre Ryan Reynolds, suggérant que certaines blagues du film feraient écho à des conflits privés. Ces révélations ajoutent une dimension trouble à un succès qui semblait jusqu’alors immaculé.

L’impact culturel d’une renaissance

Au-delà des chiffres, Deadpool & Wolverine marque un tournant générationnel dans la perception des films de superhéros. Le film réconcilie deux publics : les nostalgiques de l’âge d’or Fox et les nouveaux fans du MCU Disney. Cette synthèse créative ouvre la voie à de nouveaux récits plus matures et plus assumés dans leur violence et leur humour.

L’immortalité numérique de ces personnages transcende désormais le simple divertissement pour devenir un art de vivre. Deadpool incarne la résistance face à la normalisation, tandis que Wolverine représente la résilience face au trauma. Ensemble, ils forment un duo qui parle à une génération en quête d’authenticité dans un monde de plus en plus artificiel.

La critique spécialisée reste partagée, certains y voyant une simple nostalgie exploitée, d’autres saluant un retour aux sources bienvenu. Cette polarisation reflète parfaitement l’ambition du film : réconcilier l’inconciliable tout en assumant ses contradictions.

L’avenir du duo infernal

Les rumeurs d’une trilogie Deadpool & Wolverine circulent déjà, avec Hugh Jackman potentiellement engagé pour dix années supplémentaires dans le MCU. Un pari audacieux qui pourrait redéfinir l’avenir de Marvel Studios, désormais conscient que l’authenticité et l’émotion priment sur les effets spéciaux et les interconnexions forcées.

Ce succès prouve qu’Hollywood peut encore surprendre quand les créateurs osent prendre des risques créatifs authentiques. Deadpool & Wolverine n’est pas qu’un film : c’est la preuve qu’on peut ressusciter un genre en assumant ses racines tout en regardant vers l’avenir. Une leçon que l’industrie du divertissement ferait bien de retenir avant qu’il ne soit trop tard.

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