Ce que cette saison promet, et ce qu’elle tient
Kitty Song Covey (Anna Cathcart) entame sa dernière année au KISS, le Korean Independent School of Seoul. Elle a une liste. Elle a des projets. Elle a Min-Ho. Pour l’instant. La showrunneuse Valentina Garza avait promis du drama comme on n’en avait jamais vu à KISS. Ce n’était pas un mensonge.
Les huit épisodes d’une trentaine de minutes chacun respectent le rythme qui a fait le succès du format : on avale, on enchaîne, on souffre un peu, on revient. La structure courte est une arme commerciale redoutable. C’est aussi, parfois, ce qui empêche la série de vraiment respirer. Pas le temps de s’asseoir sur une émotion. Pas le temps de laisser un silence exister.

Kitty, ce personnage qu’on a failli décrocher
Il faut être honnête. Kitty agace. Impulsive depuis le premier épisode de la saison 1, elle a évolué, certes, mais parfois dans la mauvaise direction. En saison 3, son manque de confiance se mue en comportement que certains spectateurs qualifient, sans exagérer, de manipulation involontaire. Elle suppose. Elle réagit. Elle blesse. Avant même de vérifier les faits.
L’épisode 6 cristallise tout ça. Kitty se convainc que Min-Ho a eu une liaison avec Eunice, une K-pop star en ascension qu’il manage, et qu’il en est potentiellement le père de son enfant à venir. Le malentendu est écrit pour créer de la tension, ça se voit, ça se sent. Dans les grandes romcom, on pardonne ce genre d’artifice parce que les personnages l’habitent avec sincérité. Ici, on lève les yeux au ciel, doucement mais clairement. Sang Heon Lee, lui, porte cette séquence avec une dignité blessée qui sauve la mise.
Pourtant, quelque chose a changé chez Anna Cathcart. Elle est plus assurée, plus incarnée, selon les propres mots de l’actrice rapportés par Netflix Tudum. Le personnage est imparfait, certes. Mais une héroïne sans défauts n’intéresserait personne, et la série le sait.
Min-Ho, ou l’art de sauver une série à lui seul
Si XO Kitty a survécu à ses propres excès romanesques, c’est en grande partie grâce à Sang Heon Lee. Min-Ho est le personnage le mieux construit de la série depuis la saison 1. Sarcastique en surface, structurellement fragile en dessous. En saison 3, la showrunneuse Garza le confirme dans une interview Netflix : Min-Ho devait apprendre à faire le premier pas. Son arc, de la distance calculée jusqu’à la décision de suivre Kitty à Portland pour les vacances d’hiver, est le seul de la saison qui fonctionne comme une vraie transformation, pas comme un simple rebondissement scénaristique.
La fin de la saison, une fête surprise pour les 18 ans de Kitty, réunit les anciens amoureux et les nouveaux départs. C’est une conclusion teintée de mélancolie, plus douce-amère que les saisons précédentes. Le ton final est le bon.
Le retour de Lara Jean : bonne idée ou nostalgie mal placée ?
Lana Condor retrouve sa petite sœur fictive pour ce qui est, officiellement, la saison finale. Stratégiquement, c’est une opération de charme parfaitement exécutée par Netflix. Émotionnellement, la scène entre les deux sœurs Covey est sincère et bien jouée, le retour ayant été annoncé dans la bande-annonce officielle du 9 mars 2026. Mais elle met aussi le doigt sur quelque chose de gênant.
La présence de Lara Jean rappelle à quel point l’univers de Jenny Han fonctionnait mieux en films qu’en épisodes courts. La trilogie À tous les garçons que j’ai aimés avait une unité, une durée, une conclusion propre. XO Kitty s’est parfois comportée comme un spin-off qui cherche son identité sans jamais tout à fait se défaire de l’ombre de sa grande sœur. Ce retour, bien qu’émouvant, accentue l’effet de produit dérivé plutôt qu’il ne l’efface, comme le soulignent plusieurs critiques dont celle de L’Éclaireur Fnac publiée en mars 2026.
Séoul, le personnage qu’on oublie de critiquer
Une chose est constante depuis la saison 1 : la ville. Séoul porte la série. Les rues, les marchés de nuit, la lumière particulière du printemps coréen, les uniformes de KISS, les petits restaurants où les personnages règlent leurs comptes entre deux bouchées. Le tournage, effectué entre mai et juillet 2025 en Corée du Sud selon les informations de programme-tv.net, donne à cette saison 3 une cohérence visuelle que les épisodes précédents n’atteignaient pas toujours.
Pour un public peu familier des K-dramas, c’est une porte d’entrée douce. Pour ceux qui ont déjà visionné des productions coréennes plus exigeantes comme Twenty-Five Twenty-One ou Rattrapés par la réalité, XO Kitty reste en surface. Elle n’en a pas la profondeur narrative. Elle n’en a d’ailleurs pas la prétention, et c’est peut-être sa principale qualité de franchise.

Ce qui ne fonctionne pas, et pourquoi c’est gênant
Il y a trop de personnages. Cette saison introduit trois nouvelles têtes : Marius (Sule Thelwell), Yisoo (Soy Kim) et Gigi (Christine Hwang). Marius joue le rôle du perturbateur de saison, un arc de manipulation qui rappelle trop Stella Cho en saison 2. La série recycle ses propres structures avec une régularité qui finit par lasser, signalée notamment par la critique de butwhytho.net en avril 2026.
L’arc de Juliana et Praveena, comme celui de Madison et Mihee vers la fin, reste confus dans sa résolution. XO Kitty jongle avec trop de couples pour en faire justice à l’un d’entre eux. La relation entre Yuri et Dae est une exception heureuse : la chute sociale de Yuri la rend plus vraie, plus touchante. Confrontée à la ruine de sa famille, elle découvre une autre manière d’exister, plus simple, plus sincère. C’est le meilleur arc secondaire que la série ait jamais produit.
Si vous cherchez la série romantique Netflix qui sait vraiment concilier complexité émotionnelle et plaisir coupable, La Chronique des Bridgerton saison 4 a récemment montré ce que le genre peut accomplir quand il ne se contente pas de reproduire la même partition. La comparaison n’est pas flatteuse pour XO Kitty, mais elle est nécessaire.
Verdict : une finale qui conclut sans transcender
La saison 3 est la plus cohérente des trois, et aussi la plus honnête dans ses ambitions. Elle ne cherche plus à surprendre. Elle cherche à conclure. Ce n’est pas rien. Kitty reçoit son admission à NYU, Min-Ho fait le premier pas qui compte vraiment, Séoul offre ses dernières lumières avant l’hiver. C’est bien fait. C’est gentiment émouvant.
Mais entre ce que la série aurait pu être et ce qu’elle choisit d’être, il reste un espace que les fans les plus investis sentiront. XO Kitty a toujours préféré être aimée plutôt qu’admirée. Parmi toutes les sorties Netflix d’avril 2026, elle reste une valeur refuge plutôt qu’une révélation. Et parfois, un mercredi soir sous la couette, c’est exactement ce dont on a besoin.
Notre note : 3/5. Une finale assumée, portée par un Sang Heon Lee magnétique et un arc Yuri enfin à la hauteur du potentiel de la série. Le reste oscille entre le fonctionnel et le prévisible.
L’article en 30 secondes
- La saison 3 de XO Kitty est disponible sur Netflix depuis le 2 avril 2026 : 8 épisodes de 30 minutes, saison finale confirmée
- Sang Heon Lee sauve la mise avec un arc Min-Ho enfin abouti ; Kitty reste agaçante mais Anna Cathcart est plus convaincante que jamais
- Le retour de Lana Condor est émouvant mais accentue l’identité de produit dérivé ; l’arc Yuri et Dae est le vrai point fort inattendu de cette saison
- Trop de personnages, un malentendu scénaristique téléphonique en épisode 6, mais une conclusion douce-amère honnête et bien dosée
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.
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