En 1947, à la prison de la Santé, quatre détenus purgeant de lourdes peines préparent une évasion par un tunnel creusé sous leur cellule. L'arrivée d'un nouveau codétenu, Claude Gaspard, accusé de tentative de meurtre sur son épouse, bouleverse l'équilibre du groupe. Le film relate avec minutie les étapes de leur projet, dans une tension croissante née de la confiance fragile et des aléas imprévus. (Source : Wikipédia, 2024)
Synopsis détaillé
Claude Gaspard intègre la cellule 6 du bloc 11, occupée par Roland Darbant, Geo Cassine, Manu Borelli et Vossellin, dit Monseigneur. Ces prisonniers, condamnés à des peines allant jusqu'à la guillotine, ont déjà percé le plancher pour accéder aux galeries techniques souterraines. Gaspard gagne leur confiance malgré les soupçons initiaux ; il participe aux fouilles nocturnes, utilisant des outils improvisés comme une cuillère ou un tournevis dissimulé. (Source : IMDb, 2024)
Le tunnel progresse lentement, passant sous une chapelle puis des couloirs surveillés. Manu et Claude atteignent un égout débouchant rue d'Assas, mais reviennent pour une évasion collective. Geo renonce, craignant pour sa mère ; par ailleurs, la femme de Claude retire sa plainte, ouvrant la perspective d'une libération conditionnelle. Cette nouvelle sème le doute chez les autres. (Source : Wikipédia, 2024)
La trahison surgit au moment critique : les gardiens investissent la cellule. Claude est transféré, les autres isolés au mitard. Le film laisse planer l'ambiguïté sur la délation, soulignant la fragilité des liens forgés en captivité. Jacques Becker capture cette mécanique avec une précision documentaire, sans recours à la musique hormis le générique. (Source : Cahiers du cinéma, 1960)
Production et réalisation
Jacques Becker réalise Le Trou d'après le roman autobiographique de José Giovanni, Le Trou, publié chez Gallimard en 1957. Le scénario est coécrit par Becker, Giovanni et Jean Aurel. Becker, malade, termine le montage peu avant sa mort le 21 février 1960, à 53 ans, des suites d'un cancer. Le tournage s'effectue du 8 juin au 20 juillet 1959, principalement aux studios de Billancourt, avec extérieurs au fort d'Ivry et dans les égouts parisiens. (Source : Wikipédia, 2024)
Serge Silberman produit pour Play-Art et Filmsonor, en coproduction avec Titanus. Ghislain Cloquet signe l'image en noir et blanc, format 1,66:1, pellicule Gevaert. Marguerite Renoir monte le film, assistée de Geneviève Vaury ; Philippe Arthuys compose l'illustration sonore minimale. Becker opte pour un son direct et une absence de musique pour accentuer le réalisme. (Source : IMDb, 2024)
Jean Becker, fils du réalisateur et assistant, recrute Michel Constantin via son équipe de volley. Le budget reste modeste, privilégiant l'authenticité des décors reconstitués. Becker refilme des scènes aux studios Jenner, grâce à l'aide de Jean-Pierre Melville. Cette approche confère au film une épure rare, proche du témoignage. (Source : Le Point, 2014)
Distribution
Le casting repose largement sur des non-professionnels, renforçant l'effet documentaire. Jean Keraudy incarne Roland Darbant, rôle inspiré de sa propre implication dans l'évasion réelle de 1947. Michel Constantin joue Geo Cassine dans son premier grand rôle ; Philippe Leroy est Manu Borelli ; Raymond Meunier, Vossellin/Monseigneur ; Marc Michel, Claude Gaspard. (Source : SensCritique, 2024)
Jean-Paul Coquelin interprète le brigadier Grinval ; André Bervil, le directeur de prison ; Eddy Rasimi, le gardien Bouboule. Parmi les non-crédités figurent Catherine Spaak comme Nicole, la belle-sœur de Claude ; Paul Préboist et Philippe Dumat comme gardiens ; Jean Becker lui-même en gardien. Cette distribution hybride mêle anonymes et débutants à quelques figures connues. (Source : IMDb, 2024)
- Michel Constantin : Geo Cassine
- Jean Keraudy : Roland Darbant
- Philippe Leroy : Manu Borelli
- Raymond Meunier : Vossellin / Monseigneur
- Marc Michel : Claude Gaspard
Réception critique
Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1960, Le Trou divise initialement. François Truffaut salue dans France-Observateur une "poésie vers l'apparence du documentaire pur", louant la simplicité et la justesse des gestes. Jean-Pierre Melville, dans les Cahiers du cinéma, le qualifie de "plus grand film français de tous les temps", énumérant dignité, courage et fraternité. Georges Charensol évoque dans Les Nouvelles littéraires un "testament" sobre et efficace. (Source : Wikipédia, 2024)
Melville et Truffaut influencent la Nouvelle Vague ; le film inspire Le Doulos et Le Deuxième Souffle. Malgré un succès modeste – 1 383 312 entrées en France –, il gagne un statut de chef-d'œuvre posthume. Les critiques soulignent la maîtrise des objets et détails carcéraux, éclipsant parfois les interprétations. En 2024, IMDb note 8,5/10 sur 23 000 votes. (Source : IMDb, 2024)
Jacques Becker achève ainsi une filmographie marquée par Casque d'or (1952) et Agrès de liberté (1958). Le Trou illustre son passage d'un réalisme poétique à une austérité documentaire, dans le contexte de la fin des années 1950 où le cinéma français interroge l'enfermement social. (Source : Cahiers du cinéma, 1960)
Héritage et contexte
Sorti le 18 mars 1960, même semaine qu'À bout de souffle, Le Trou pâtit de la concurrence mais s'impose rétrospectivement. Son visa d'exploitation (21.353) et distribution par Cinédis témoignent d'une exploitation standard. Restauré en 2024 par StudioCanal, il bénéficie d'éditions critiques comme Make My Day de Jean-Baptiste Thoret. (Source : Le Point, 2014)
Le film documente la prison de la Santé en 1947, sous la IVe République, époque de purges post-Libération. L'évasion réelle de 1947, impliquant Roland Barbat (Jean Keraudy), inspire Giovanni, ancien truand amnistié. Becker, admirateur de Melville, adopte une mise en scène minimaliste : plans longs, absence d'ellipses, focus sur les routines carcérales comme les fouilles impitoyables. (Source : Première Classics, 2023)
Dans l'historiographie cinématographique, Le Trou marque la transition vers les polar des années 1960. Dossiers pédagogiques du CNC et analyses comme celle d'Emmanuel Girard (L'Harmattan, 2008) en soulignent la portée. Il reste une référence pour les études sur le genre carcéral, aux côtés de La Mémoire en cage ou des films de Besson. (Source : CNC, 2022)
Critique sur Le Trou
Où regarder en streaming Le Trou
Le Trou est disponible à la location sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, LaCinetek et Sooner et à l'achat sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, LaCinetek et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Le Trou figurent Geo Cassine, interprété par Michel Constantin, Roland Darban, interprété par Jean Keraudy et Manu Borelli, interprété par Philippe Leroy. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.


























