Présenté en clôture du Festival de Cannes en 1971, « Les Mariés de l'an deux » sort en France le 7 avril de la même année. Jean Paul Rappeneau y dirige Jean Paul Belmondo et Marlène Jobert dans une comédie d'aventures située pendant la Révolution française. Produit par Alain Poiré, le film réunit Gaumont, Rizzoli Film et Studioul Cinematografic Bucuresti, avec Claude Renoir à la photographie et Michel Legrand à la musique.
« Les Mariés de l'an deux », une comédie d'aventures dans la Révolution française
En 1793, Nicolas Philibert vit depuis plusieurs années aux États Unis, où il s'apprête à épouser la fille d'un propriétaire de plantation. La cérémonie est interrompue lorsqu'il apparaît que Nicolas a déjà une épouse en France. Le père de sa future fiancée lui ordonne alors de regagner son pays afin d'obtenir un divorce rendu possible par la nouvelle République.
Le voyage comporte une seconde mission : Nicolas doit transporter une cargaison de blé vers une France frappée par la guerre et la pénurie. Débarqué à Nantes, il découvre un territoire bouleversé par la Terreur et l'insurrection royaliste. Sa cargaison est déclarée suspecte par un représentant du peuple qui gouverne la région avec méfiance, avant que Nicolas ne soit arrêté, libéré, puis de nouveau poursuivi au gré des retournements politiques.
La recherche de Charlotte, son épouse, conduit Nicolas auprès des partisans de la monarchie. Le père de Charlotte lui apprend qu'elle s'est enfuie avec Henri de Guérande, chef chouan. Nicolas rencontre alors Pauline de Guérande, la sœur d'Henri, qui le prend pour un agent républicain.
Une suite d'arrestations, de fuites et de malentendus entraîne le voyageur dans des camps rivaux où chacun tente de tirer parti de la confusion. Après avoir été présenté comme un homme dangereux, Nicolas devient un héros aux yeux des autorités révolutionnaires lorsque son blé est finalement jugé sain. Cette reconnaissance provisoire ne l'empêche pas d'être de nouveau emprisonné et condamné à mort à l'issue d'un procès expéditif.
Le projet de divorce devient secondaire face aux alliances qui entourent Charlotte. Un prince émigré venu de Londres convoite la jeune femme, tandis qu'Henri veut l'épouser et que Pauline annonce son propre mariage avec Nicolas. Les rivalités déclenchent des duels, des poursuites et des affrontements qui conduisent le couple séparé jusqu'aux frontières de la France.
Nicolas et Charlotte, un couple séparé par l'histoire
Nicolas revient en France pour signer un divorce, mais son passé avec Charlotte complique chaque étape de la procédure. Les deux personnages ont été amoureux depuis l'enfance. Une femme tsigane avait annoncé à Charlotte un destin princier et promis à Nicolas une fortune dans un monde nouveau.
Leur séparation trouve son origine dans une affaire de séduction et de violence. Charlotte s'est laissée courtiser par des nobles, tandis que Nicolas a tué un baron dont les avances étaient allées trop loin. Cette situation l'a contraint à quitter la France et explique son installation outre Atlantique, avant son retour forcé au milieu des bouleversements révolutionnaires.
Marlène Jobert incarne Charlotte Philibert, née Gosselin, prise entre son mariage légal, ses ambitions et les projets politiques de son entourage. Elle évolue dans un monde où les hommes qui l'entourent cherchent à décider de son avenir. Jean Paul Belmondo joue Nicolas, un aventurier préoccupé par sa survie et ses intérêts immédiats plutôt que par les idéologies des factions qu'il traverse.
Pauline de Guérande, interprétée par Laura Antonelli, occupe une place décisive dans la circulation des loyautés. Elle participe à une tentative d'assassinat contre le représentant du peuple, puis prend Nicolas sous sa protection après une embuscade. Henri de Guérande, joué par Sami Frey, dirige le camp insurgé auquel Charlotte est rattachée.
Michel Auclair interprète le prince émigré, figure d'une aristocratie installée hors de France. Julien Guiomar joue le représentant du peuple, tandis que Patrick Préjean incarne le comte de Saint Aubin, rival de Nicolas dans la conquête de Pauline. Pierre Brasseur tient le rôle de Gosselin, le père de Charlotte, et Charles Denner celui du compagnon de voyage de Nicolas.
La mise en scène de Jean Paul Rappeneau et ses références cinématographiques
Jean Paul Rappeneau part d'une gravure représentant des personnes faisant la queue pour demander le divorce après sa légalisation par la République. Le réalisateur transforme cette situation administrative en aventure sentimentale traversée par les combats, les conspirations et les déplacements. Le scénario est signé par Daniel Boulanger, Maurice Clavel, Jean Paul Rappeneau et Claude Sautet.
Rappeneau conçoit le film comme un « western français » et cherche à associer l'ampleur des films d'aventures d'Anthony Mann au rythme comique des productions d'Ernst Lubitsch. La référence aux comédies américaines de l'âge d'or passe par les histoires de remariage et les situations de screwball comedy, où les conflits conjugaux alimentent les déplacements et les renversements.
Les scènes d'action occupent une place importante dans cette construction. Nicolas affronte des soldats, des royalistes et des représentants de l'État révolutionnaire, tandis que les changements de camp imposent aux personnages de circuler entre châteaux, prisons et postes frontières. Le récit conserve une organisation de comédie malgré la violence de la période représentée.
Claude Renoir signe la photographie et Pierre Gillette le montage. Alexandre Trauner prépare les dessins des décors, dont la gestion pendant le tournage est confiée à Willy Holt. Michel Legrand compose la musique et la dirige avec un orchestre de soixante dix musiciens. Le film dure quatre vingt dix huit minutes.
- Réalisation : Jean Paul Rappeneau
- Scénario : Daniel Boulanger, Maurice Clavel, Jean Paul Rappeneau et Claude Sautet
- Production : Alain Poiré
- Image : Claude Renoir
- Montage : Pierre Gillette
- Musique : Michel Legrand
- Sociétés de production : Gaumont, Rizzoli Film et Studioul Cinematografic Bucuresti
- Distribution : Gaumont Distribution
- Pays : France, Italie et Roumanie
- Durée : quatre vingt dix huit minutes
Un tournage entre la Roumanie et les lieux français
Le tournage commence le 3 août 1970. Des prises de vues sont réalisées en Roumanie, autour de Brașov et de Feldioara. Une partie importante de la production est déplacée dans ce pays afin de réduire les coûts, après le retrait du producteur Alexandre Mnouchkine face à l'ampleur du budget estimé.
Alain Poiré reprend le projet pour Gaumont et organise sa coproduction avec l'Italie. Plusieurs comédiens du Café de la Gare se présentent pour des rôles secondaires. Patrick Dewaere et Henri Guybet sont retenus, tandis que Gérard Depardieu n'est pas disponible et que Coluche n'est pas choisi.
Les conditions de travail en Roumanie provoquent des retards et des tensions liées aux différences culturelles entre les équipes. La production prend neuf semaines de retard. Jean Paul Rappeneau envisage de supprimer une scène d'action complexe impliquant Laura Antonelli, avant que Jean Paul Belmondo et les autres comédiens ne réclament le maintien de leurs horaires contractuels.
Les prises de vues se poursuivent en France à Moret sur Loing, Compiègne, Châteauneuf et Vaux le Vicomte. Le réalisateur accélère le travail sur ces lieux afin de respecter la date de sortie prévue. Les dessins préparés par Alexandre Trauner sont adaptés aux conditions du tournage sous la responsabilité de Willy Holt.
Le film est conçu dès l'origine pour Jean Paul Belmondo. Jean Paul Rappeneau avait envisagé Catherine Deneuve pour Charlotte, puis Julie Christie, avant que Marlène Jobert ne soit choisie sur la suggestion d'Alain Poiré. Laura Antonelli rejoint la distribution dans le rôle de Pauline, ce qui renforce la dimension franco italienne de la production.
- Jean Paul Belmondo : Nicolas Philibert
- Marlène Jobert : Charlotte Philibert, née Gosselin
- Laura Antonelli : Pauline de Guérande
- Michel Auclair : le prince émigré
- Sami Frey : le marquis Henri de Guérande
- Julien Guiomar : le représentant du peuple
- Pierre Brasseur : Gosselin, le père de Charlotte
- Charles Denner : le compagnon de voyage de Nicolas
- Marc Dudicourt : le compagnon de cellule de Nicolas
- Patrick Préjean : le comte de Saint Aubin
- Paul Crauchet : le procureur public
- Georges Beller : Simon, un garde national
- Vernon Dobtcheff : le pasteur américain
- Jean Pierre Marielle : le narrateur, voix uniquement
La Révolution française entre satire politique et comédie conjugale
Le film représente la Révolution à travers les aventures d'un homme qui refuse d'abord de choisir un camp. Nicolas traverse les institutions républicaines sans partager leurs principes, puis rencontre des royalistes dont les intérêts sont eux aussi dominés par les calculs personnels. Les abus du représentant du peuple et l'arrogance du prince émigré sont présentés dans une même logique de pouvoir.
La population apparaît confrontée à la famine, à la guerre et aux décisions arbitraires des autorités. Les paysans chouans ne sont pas réduits à une adhésion théorique à la monarchie, tandis que les habitants soumis au représentant républicain peuvent finir par se révolter contre lui. La satire passe par le contraste entre les discours politiques et les conséquences concrètes imposées aux civils.
Certaines scènes renvoient aux noyades de Nantes et au rôle historique de Jean Baptiste Carrier, représentant de la Convention envoyé dans la ville pendant la Terreur. Le compagnon de cellule de Nicolas est un ancien député des états généraux, favorable aux débuts de la Révolution puis emprisonné par ceux qu'il avait soutenus. Cette trajectoire place les retournements politiques au centre de l'intrigue.
À sa sortie, le film reçoit un accueil favorable de la critique française et réalise plus de deux millions huit cent mille entrées en France. Jean de Baroncelli, dans Le Monde, salue une réalisation rapide et un spectacle très plaisant, tandis que Henry Chapier relève son élégance. Cécile Mury écrit en 2022 dans Télérama que le scénario et l'énergie de Belmondo et Jobert participent à son efficacité comique.
Le film est ensuite édité en VHS, puis en DVD et en Blu ray. Des offres de vidéo à la demande le rendent accessible sur Amazon Prime, Canal Plus et Apple TV. Son parcours comprend aussi sa présentation dans le cadre du Festival de Cannes 1971, où il est choisi comme film de clôture.
(Source : Wikipédia, consulté en 2026)
Critique sur Les Mariés de l'an deux
Où regarder en streaming Les Mariés de l'an deux
Les Mariés de l'an deux est disponible en streaming par abonnement sur Molotov TV, Cine+ OCS Amazon Channel et SFR Play, à la location sur Amazon Video, Apple TV Store, Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, ARTE VOD et Sooner et à l'achat sur Amazon Video, Apple TV Store, Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, ARTE VOD et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Les Mariés de l'an deux figurent Nicolas Philibert, interprété par Jean-Paul Belmondo, Charlotte, interprété par Marlène Jobert et Pauline de Géran, interprété par Laura Antonelli. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.



























