Le 31 mars 1976, « Police Python 357 » sort dans les salles françaises après un tournage mené entre le 20 octobre 1975 et le 2 janvier 1976. Alain Corneau signe ce policier dramatique produit par Albina Productions et TIT Filmproduktion, avec Yves Montand, Stefania Sandrelli, François Périer et Simone Signoret dans les rôles principaux. L’action se déroule à Orléans en 1975, autour d’un inspecteur solitaire dont l’arme de service devient un élément central de l’intrigue.
« Police Python 357 », un policier construit autour d’une enquête impossible
L’inspecteur Marc Ferrot travaille sous les ordres du commissaire divisionnaire Ganay. Célibataire, peu bavard et excellent tireur, il intervient souvent seul, de nuit, avec un Colt Python 357 fixé à la ceinture. Son supérieur lui reproche cette manière d’agir, surtout lorsque Ferrot choisit d’affronter des délinquants armés sans attendre de renforts.
Lors d’une opération contre deux pilleurs d’églises, Ferrot est photographié à son insu par Sylvia Leopardi, une jeune artiste italienne occupée à prendre des images de l’édifice. Quelques jours plus tard, l’inspecteur découvre une photographie de sa propre silhouette exposée dans la vitrine d’une boutique. Il rencontre alors Sylvia, décoratrice de vitrines, et une relation commence entre eux.
Sylvia manifeste une curiosité marquée pour le revolver de Ferrot. Une sortie à la campagne donne lieu à une scène où elle manipule l’arme pendant que l’inspecteur dort dans un champ. La jeune femme affirme effectuer chaque jour des trajets entre Paris et Orléans pour son travail, mais Ferrot remarque des déplacements qui ne correspondent pas à ses explications.
L’enquête privée menée par l’inspecteur le conduit jusqu’à un appartement situé dans un quartier de logements sociaux. Sylvia y est entretenue par Ganay, avec l’accord de l’épouse du commissaire. Cette relation clandestine repose sur le poids social du couple, installé dans un hôtel particulier, propriétaire d’un manoir à la campagne et entouré de voitures de luxe.
Une intrigue policière fondée sur la circulation des indices
La situation bascule lorsque Ferrot suit Sylvia jusqu’au pied de son immeuble. Une dispute oppose les deux amants, puis l’inspecteur quitte les lieux avant de passer la soirée dans un bar. Ganay, qui a aperçu la scène depuis l’appartement, comprend qu’un autre homme fréquente Sylvia sans parvenir à identifier son collègue.
Après la mort de Sylvia, Ferrot apprend que les traces présentes dans l’appartement risquent de le désigner comme suspect. L’inspecteur doit alors participer à une enquête dont il connaît une partie des circonstances, tout en dissimulant sa relation avec la victime. Cette position modifie son rapport aux procédures, aux témoins et à ses propres collègues.
Ferrot sait que Sylvia avait un autre amant, mais il ne peut expliquer l’origine de cette certitude. Il pousse donc ses collègues à rechercher un « deuxième homme » que les témoins ne décrivent pas. Ménard, jeune inspecteur placé sous son autorité, remarque les obstacles que Ferrot semble dresser devant l’enquête et s’en ouvre à Ganay.
L’inspecteur retourne de nuit dans l’appartement de Sylvia et y cherche un élément susceptible de l’orienter vers le milieu fréquenté par la jeune femme. Une photographie représentant Sylvia devant un manoir, avec une voiture de luxe visible à proximité, ouvre une piste vers l’entourage de Ganay. La recherche de ce lieu conduit Ferrot à travers plusieurs communes et paysages de la région.
Les personnages et les rapports de pouvoir
Yves Montand interprète Marc Ferrot comme un policier enfermé dans une discipline personnelle. Le personnage maîtrise son arme et les gestes de l’intervention, mais son comportement affectif et ses décisions après le meurtre le placent hors des cadres habituels de son métier. Sa position d’enquêteur devient progressivement incompatible avec celle d’homme directement concerné par l’affaire.
François Périer joue le commissaire Ganay, supérieur hiérarchique de Ferrot et homme installé dans un milieu privilégié. Simone Signoret incarne Thérèse Ganay, son épouse infirme, héritière d’une famille bourgeoise de la région. La maison, le patrimoine et les apparences sociales forment autour du couple un espace fermé, distinct des lieux fréquentés par les policiers et les témoins.
Stefania Sandrelli prête ses traits à Sylvia Leopardi, artiste italienne dont l’activité professionnelle sert de couverture à une existence partagée entre plusieurs lieux. Mathieu Carrière interprète Ménard, jeune inspecteur attentif aux irrégularités de la procédure. Vadim Glowna joue Abadie, tandis que Claude Bertrand, Georges Frédéric Dehlen, Gabrielle Doulcet, Serge Marquand, Michel Ruhl, Alice Reichen, Stéphane Macha et Roger Muni complètent la distribution.
- Marc Ferrot : Yves Montand
- Thérèse Ganay : Simone Signoret
- Commissaire Ganay : François Périer
- Sylvia Leopardi : Stefania Sandrelli
- Ménard : Mathieu Carrière, doublé par Bernard Murat
- Abadie : Vadim Glowna, doublé par Gérard Hernandez
- Le marchand de porcs : Claude Bertrand
- La vieille aux chats : Gabrielle Doulcet
Alain Corneau, une mise en scène entre Orléans et l’Île de France
Alain Corneau réalise le film à partir d’un scénario écrit avec Daniel Boulanger, adapté du roman « Le Grand Horloger » de Kenneth Fearing. La production réunit Albina Productions et la société ouest allemande TIT Filmproduktion, pour un budget annoncé de 6,9 millions de francs. La photographie est signée Étienne Becker, le montage Marie Josèphe Yoyotte et les décors Georges Casati et Jean Pierre Kohut Svelko.
Le tournage s’étend de l’Orléanais à plusieurs communes franciliennes. Orléans, Cléry Saint André, Villiers en Bière, Plaisir, Garches, Rueil Malmaison et Brunoy figurent parmi les lieux utilisés. Des séquences sont tournées à Paris, autour de l’Odéon, au musée Gustave Moreau et rue des Petits Champs.
Le film adopte le format couleur Eastmancolor en 35 millimètres, avec un cadre 1,66:1 et un son monophonique. La durée atteint 120 minutes. La scène d’affrontement située sur le parking d’un supermarché est tournée à Villiers en Bière, dans le département de Seine et Marne.
- Réalisation : Alain Corneau, assisté de Jacques Santi
- Scénario : Alain Corneau et Daniel Boulanger, d’après Kenneth Fearing
- Photographie : Étienne Becker
- Montage : Marie Josèphe Yoyotte
- Décors : Georges Casati et Jean Pierre Kohut Svelko
- Son : Harald Maury
- Musique : Georges Delerue
- Production : Albina Productions et TIT Filmproduktion
- Pays de production : France et Allemagne de l’Ouest
- Genre : policier et drame
- Durée : 120 minutes
La partition de Georges Delerue et l’identité sonore du film
Georges Delerue compose la musique avant le début du tournage, à la demande de Corneau. Le réalisateur souhaite deux registres distincts : une écriture dramatique destinée aux scènes de suspense et une matière plus abstraite liée à la perte d’identité du personnage principal. Le compositeur travaille avec un chœur mixte, des cordes, un piano, une harpe, une épinette et des timbales.
Le générique repose sur une écriture atonale, avec des clusters et des glissandi. Delerue puise dans la polytonalité de Darius Milhaud, dans certaines recherches de Krzysztof Penderecki et dans plusieurs partitions chorales d’Olivier Messiaen. Pour la scène d’amour entre Ferrot et Sylvia, un « Largo » pour cordes seules s’inspire de l’Adagio de la « Symphonie avec orgue » de Camille Saint Saëns.
Les séquences de filature utilisent un fugato récurrent, tandis que la recherche du manoir s’appuie sur une musique plus rythmée avec hautbois soliste. La scène finale associe une introduction bâtie sur des clusters, un motif de vibraphone et le retour du thème choral du générique. Un 45 tours paraît en 1976 chez Déesse, puis plusieurs compilations reprennent une partie de cette musique.
Réception institutionnelle et prolongement littéraire
La cérémonie des César de 1977 distingue Marie Josèphe Yoyotte pour le meilleur montage. Georges Delerue reçoit une nomination dans la catégorie de la meilleure musique écrite pour un film. Le récit s’inscrit dans la continuité de « Le Grand Horloger », roman de Kenneth Fearing déjà adapté au cinéma sous une autre forme.
- César 1977, meilleur montage : Marie Josèphe Yoyotte
- César 1977, nomination pour la meilleure musique écrite pour un film : Georges Delerue
(Source : Wikipédia, consulté en 2026)
Critique sur Police Python 357
Où regarder en streaming Police Python 357
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Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Police Python 357 figurent Inspecteur Marc Ferrot, interprété par Yves Montand, Commissaire Ganay, interprété par François Périer et Thérèse Ganay, interprété par Simone Signoret. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

























