František Filipovský: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de František Filipovský en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
322
œuvres recensées
319 films · 3 séries
- Première année recensée
- 1932
- Dernière année recensée
- 1991
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1953, la première émission de télévision tchécoslovaque réunit František Filipovský et Jaroslav Marvan. L’acteur, déjà présent sur scène et à l’écran depuis 1932, circule alors dans un paysage où le théâtre, le doublage et le cinéma se croisent sans cesse.
Du Théâtre libéré aux plateaux tchèques
En 1932, František Filipovský joue au Théâtre libéré. Cette présence fixe un point de départ net dans une activité qui s’étend jusqu’en 1993, sans se limiter à une seule scène ni à un seul mode d’expression.
Le Théâtre libéré occupe une place importante dans sa vie professionnelle. Une photographie prise cette même année le montre aux côtés de Hana Vítová, signe d’une insertion précoce dans un milieu théâtral très identifié à Prague.
Le cinéma vient assez tôt. En 1937, il apparaît dans « Le monde est à nous » de Martin Frič. Puis « Le Cadeau » suit en 1946, avant « Čert a Káča » en 1955 et « Hrátky s čertem » de Josef Mach en 1956, où il tient le rôle de Karborund. Ces titres dessinent une présence régulière dans le cinéma tchécoslovaque des années 1930 à 1950.
À cette période, il alterne les collaborations sans que l’on puisse réduire son travail à un seul genre. « Dobrý voják Svejk » de Karel Steklý, sorti en 1957, s’ajoute à cet ensemble, de même que « Co řekne žena... » en 1958, où il interprète Pokorny.
La voix comme signature
En 1957, František Filipovský prête sa voix à « La Petite Taupe ». Le crédit tient en un mot, mais il dit beaucoup de l’étendue de son travail: le doublage et la narration occupent une part durable de son activité.
Le registre de la voix revient dans « Jeannot et Mariette » en 1980, où il prête sa voix aux nains, puis dans « Drátovat-flikovat! » la même année, où il assure la narration. « Všehochlup », sorti en 1978, lui confie aussi cette fonction. Ces mentions suffisent à montrer un artiste régulièrement sollicité pour dire le texte, guider le récit ou faire exister des figures sans présence physique.
Le doublage le rattache aussi à l’histoire populaire du cinéma français en Tchécoslovaquie. Il est la voix de Louis de Funès dans son pays, fait devenu déterminant dans sa réputation locale. Cette association explique qu’un prix tchèque du doublage porte son nom depuis 1995.
Dans les années 1970 et 1980, cette pratique côtoie d’autres apparitions à l’écran. « L’Arche de monsieur Servadac » en 1970, « Monsieur, vous êtes veuve » en 1971 et « La Fille sur le balai » de Václav Vorlíček en 1972 prolongent un emploi scénique et filmique déjà bien installé.
Les années 1980, entre rôles et voix
En 1980, « Drátovat-flikovat! » le renvoie à la narration, tandis que « Jeannot et Mariette » lui demande encore un travail de voix. Cette même année, il apparaît aussi dans « Velká filmová loupež », preuve d’une activité qui continue de mêler présence physique et intervention vocale.
La décennie suivante l’associe à des titres qui restent liés à la comédie populaire tchèque. En 1985, « Jak básníci přicházejí o iluze » le fait apparaître dans le rôle d’Adolf Valerián. Trois ans plus tard, « Jak básníkům chutná život » reprend ce personnage. Le retour du même nom dans deux films distincts atteste une continuité de présence au sein d’une série de titres très repérés.
En 1987, « Velká filmová loupež » s’inscrit à nouveau dans cette période, puis « Jak ševci zvedli vojnu pro červenou sukni » en 1990 lui confie le rôle de švec Kacmar. Le passage d’un rôle à l’autre ne dessine pas une progression linéaire; il révèle plutôt une manière de rester disponible pour des formes diverses, du personnage parlé à la voix off.
Distinctions, télévision et mémoire tchèque
En 1958, František Filipovský reçoit le titre d’Artiste émérite. En 1984, il devient Artiste national. Ces deux distinctions officielles encadrent une activité déjà reconnue dans le pays, sans modifier la nature de son travail, resté attaché au jeu, à la voix et à la scène.
Le 1er mai 1953, il participe avec Jaroslav Marvan à la première émission de télévision tchécoslovaque. Le fait compte moins comme curiosité que comme indice d’une présence dans les médias naissants du pays, à une date charnière pour l’histoire télévisuelle locale.
Sa mort survient le 26 octobre 1993 à Prague. Le lien avec sa ville natale de Přelouč reste visible dans les hommages publics, dont une plaque commémorative sur une maison de la ville. Le souvenir institutionnel passe aussi par le prix de doublage qui porte son nom, créé en 1995 et remis chaque année au meilleur doubleur tchèque.
František Filipovský laisse l’image d’un interprète dont le nom reste attaché à quelques images nettes: une scène du Théâtre libéré en 1932, une voix identifiée à Louis de Funès, des films éparpillés de 1937 à 1990, et une place durable dans la mémoire du doublage tchèque.
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