Ben Gazzara: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Ben Gazzara en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
137
œuvres recensées
121 films · 16 séries
- Première année recensée
- 1956
- Dernière année recensée
- 2012
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1956, à Broadway, Ben Gazzara entre dans « La Chatte sur un toit brûlant » sous la direction d’Elia Kazan. Il vient d’un passage par l’Actors Studio dans les années 1950, au contact de Steve McQueen, Paul Newman et James Dean. Le théâtre lui ouvre une première scène durable, avant que le cinéma ne le place, trois ans plus tard, dans le sillage d’Otto Preminger.
Broadway, l’Actors Studio et l’entrée en cinéma
Biagio Anthony Gazzara naît le 28 août 1930 à Manhattan, à New York. Il grandit dans un immeuble de la Première Avenue, près de la 29e Rue. Cette origine new-yorkaise compte dans une formation qui passe par l’Actors Studio au cours des années 1950, période où il côtoie plusieurs futurs visages du cinéma américain.
Le premier rôle repérable sur une grande scène arrive en 1956 avec « La Chatte sur un toit brûlant ». Elia Kazan le choisit pour la pièce de Tennessee Williams, face à Barbara Bel Geddes. Trois ans plus tard, Otto Preminger lui confie le lieutenant Frederick Manion dans « Autopsie d’un meurtre ». James Stewart lui donne la réplique dans ce film qui attire l’attention sur sa présence à l’écran.
En 1957, il apparaît dans « Demain ce seront des hommes » de Jack Garfein, dans le rôle de Jocko De Paris. Cette même année, son nom circule déjà entre théâtre et cinéma, sans quitter New York très loin. La ville, les plateaux et la scène forment alors un triangle serré dans lequel s’installe sa première période de travail.
Des années 1960 sous le signe de la télévision
En 1963, il joue Nick Anderson dans « Arrest and Trial » et Paul Bryan dans « Haute Tension ». Deux titres ouvrent la décennie sur des registres différents, l’un télévisuel, l’autre cinématographique, avec une même stabilité de présence. Il ne se contente pas d’un seul versant et passe de l’un à l’autre selon les projets proposés.
En 1965, il interprète Paul Bryan dans « Sauve qui peut » et en assure la réalisation. Le geste compte autant que le rôle. Quelques mois plus tard, il prend aussi la mise en scène de « The Name of the Game » en 1968, signe qu’il ne reste pas enfermé dans l’interprétation pure.
La série « Match contre la vie », mentionnée parmi ses films notables, traverse cette période comme un titre clé de sa visibilité. Le texte le décrit comme un avocat atteint d’un mal incurable qui brûle le reste de sa vie par les deux bouts. Ce personnage marque une étape nette dans une décennie où la télévision lui offre des rôles longs, installés, plus exposés que les apparitions isolées du grand écran.
Avec John Cassavetes et Peter Bogdanovich
En 1970, il joue Harry dans « Husbands » de John Cassavetes, aux côtés de Gena Rowlands et Peter Falk. Ce film inaugure une relation durable avec Cassavetes, qui revient ensuite avec « Meurtre d’un bookmaker chinois » en 1976 et « Opening Night » en 1978. Il y retrouve un cinéma qui lui laisse de l’espace et qui l’installe dans un cercle d’acteurs familiers.
Peter Bogdanovich le dirige dans « Jack le Magnifique » en 1979, où il tient le rôle de Jack Flowers, puis dans « Et tout le monde riait » en 1981, où il interprète John Russo. Sur cette période, les collaborations ne ressemblent pas à une série de passages mécaniques d’un plateau à l’autre. Elles dessinent des fidélités nettes, avec des cinéastes qui reviennent chercher la même énergie de jeu.
En 1974, il apparaît dans la mini-série « QB VII » dans le rôle d’Abe Cady, romancier poursuivi en diffamation. En 1975, il tient le premier rôle dans « Capone » de Steve Carver. L’année suivante, il est dans « Haute Tension » et « Le Voyage des damnés », puis en 1981 dans « Conte de la folie ordinaire » de Marco Ferreri, où il incarne Charles Serking.
Les figures de mauvais garçon et les années 1980
Son physique particulier le conduit vers des rôles de mauvais garçon, de gangster ou de criminel. En 1989, il joue Brad Wesley dans « Road House ». Dix ans plus tard, il tient Jackie Treehorn dans « The Big Lebowski » des frères Coen. Ces deux titres installent un même type de présence, déplacée d’un film à l’autre sans qu’il soit besoin de la forcer.
La décennie 1980 le voit aussi dans « La Fille de Trieste » en 1983, « Le Maître de la camorra » en 1986 et « Champagne amer » la même année. Il travaille alors avec Pasquale Festa Campanile, Giuseppe Tornatore, Ridha Béhi et Henri Vart. À partir de là, l’Italie et les cinéastes européens occupent une place régulière dans sa filmographie.
En 1981, il incarne un poète alcoolique inspiré de Charles Bukowski dans « Conte de la folie ordinaire ». Le film de Marco Ferreri lui offre un rôle à distance des archétypes américains qu’il avait souvent portés jusque-là. En 1986, il apparaît encore dans « Figlio mio, infinitamente caro... », signe d’une activité qui ne se limite pas à un seul circuit industriel.
Dernières apparitions, réalisation et écriture
En 1990, il passe à la réalisation avec « Oltre l'oceano », un voyage dans le rêve d’un homme en quête de sa jeunesse enfouie. Le film s’inscrit dans le souvenir de John Cassavetes, mort en 1989. Ce choix ne l’éloigne pas de l’interprétation, puisqu’il revient ensuite à l’écran dans plusieurs titres des années 1990 et 2000.
En 1998, il apparaît dans « Happiness » de Todd Solondz, où il joue Lenny Jordan, puis dans « The Ornit Movie » en Jimmy Brown. Cinq ans plus tard, il tient Jack McKay dans « Dogville » de Lars von Trier. En 2010, il figure dans « 13 » dans le rôle de Schlondorff. Le dernier rôle mentionné est celui de l’oncle Giovanni dans « Chez Gino » de Samuel Benchetrit en 2011.
Il publie aussi ses mémoires, In the moment: My life as an actor, et une fiction située pendant la Seconde Guerre mondiale. Il meurt le 3 février 2012 à New York, à 81 ans. Sa présence laisse derrière elle une suite de films, de téléfilms et de mises en scène où comptent autant les personnages que les cinéastes qui l’ont appelé.
Films et séries avec Ben Gazzara
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