Grande Otelo: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Grande Otelo en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
138
œuvres recensées
115 films · 23 séries
- Première année recensée
- 1935
- Dernière année recensée
- 1993
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1932, Grande Otelo rejoint la compagnie Jardel Jercolis après des années passées dans les revues. Le surnom qu’il adopte alors vient d’un défi autant que d’une reprise en main de son image: les camarades de scène le nomment « Petit Othello », et il choisit bientôt « Grande Otelo » pour imposer l’idée inverse. Sous ce nom, Sebastião Bernardes de Souza Prata avance dans les revues de São Paulo et de Rio de Janeiro, puis glisse vers le cinéma qui lui donne une visibilité durable au Brésil.
Des revues à la scène brésilienne
Né le 18 octobre 1915 à Uberlândia, dans le Minas Gerais, Sebastião Bernardes de Souza Prata grandit dans un environnement difficile. Son père meurt poignardé et sa mère est alcoolique. Très tôt orphelin, il fuit plusieurs familles prêtes à l’adopter avant de trouver un premier ancrage auprès d’une troupe de théâtre mambembe rencontrée dans sa ville natale. La troupe l’emmène à São Paulo avec l’accord de sa directrice, Abigail Parecis.
Une nouvelle fugue le conduit devant un tribunal pour mineur, puis dans la famille du politicien Antonio de Queiroz. Il peut alors étudier jusqu’au troisième degré au Liceu Coração de Jesus, dans le quartier des Campos Elíseos. Dès les années 1920, il participe à la compagnie Negra de Revistas, où travaille Pixinguinha. Le théâtre de revue lui offre un terrain de jeu précis, fait de chant, de rythme et de présence scénique, avant la bascule vers d’autres formes.
Par ailleurs, sa présence se déploie dans des revues, des pièces de théâtre et des spectacles musicaux, à São Paulo comme à Rio de Janeiro. Le nom de scène naît d’un rapport direct à la scène et aux regards qu’elle impose. La petite taille et la couleur de peau deviennent un motif de surnom, puis un nom assumé, retourné en affirmation. Cette opération de langage dit déjà beaucoup de sa manière d’exister dans le spectacle brésilien.
Les comédies des années 1930 et 1940
En 1935, « Noites cariocas » lui ouvre l’écran dans une coproduction brésilo-argentine réalisée par Enrique Cadícamo. Le film lance une série d’apparitions dans des comédies qui circulent largement dans le pays. « Futebol em Família » en 1939, puis « Laranja da China » en 1940, installent un rythme de travail soutenu autour de rôles comiques, sans enfermer son jeu dans un seul registre.
En 1942, Orson Welles vient tourner au Brésil « It's All True », projet qu’il n’achève pas. Des prises de vue seront réutilisées dans un documentaire sorti en 1993. L’épisode ne se réduit pas à une parenthèse technique. Il inscrit Grande Otelo dans l’orbite d’un cinéaste qui le tient pour le plus grand acteur brésilien, et fixe une relation qui se prolonge hors du film interrompu.
La compagnie Atlântida Cinematográfica lui offre ensuite un duo comique avec Oscarito. Ce partenariat devient l’un des axes de sa notoriété au cinéma. Le tandem occupe les écrans sans que son registre se limite aux rôles burlesques. « Também Somos Irmãos », réalisé par José Carlos Burle et sorti en 1949, compte parmi les œuvres qui retiennent l’attention sur un autre versant de son travail. Le film fait partie des premières œuvres cinématographiques à aborder frontalement le racisme au Brésil.
Du duo comique aux années 1960
Après Oscarito, Grande Otelo forme un nouveau duo avec Ankito. La fin des années 1950 le voit aussi lié à divers spectacles musicaux et à des films avec Vera Regina. À cette période, son activité se déplace sans quitter l’axe du spectacle populaire, et le cinéma continue de lui fournir des rôles différents. La décennie suivante, il devient un acteur fétiche du Cinema Novo, dans un registre plus sombre et plus exigeant.
En 1969, « Macunaíma », réalisé par Joaquim Pedro de Andrade d’après le roman de Mário de Andrade, lui donne le rôle principal. Le film marque une étape nette dans son travail à l’écran. Il ne s’agit plus d’un simple relais comique ou d’une présence de soutien, mais d’une place centrale dans un projet cinématographique de première importance pour le cinéma brésilien de l’époque.
À partir des années 1960, il signe un contrat avec TV Globo et joue dans plusieurs feuilletons à succès, dont « Uma Rosa com Amor ». Il participe aussi à « Gabriela, Cravo e Canela » en 1961, à « Bandeira 2 » en 1971, à « Uma Rosa com Amor » en 1972, à « Bravo! » en 1975, puis à « Feijão Maravilha » en 1979. Cette présence télévisuelle prolonge son activité dans des formes très suivies au Brésil, sans rompre avec le cinéma.
Le cinéma international et la télévision
En 1973, il apparaît dans « Os Ossos do Barão », puis dans « Água Viva » en 1980, où il joue Canivete, et dans « O Bem-Amado », la même année, dans le rôle de Boca de Tramela. Les années 1970 et 1980 le maintiennent à l’écran dans des œuvres de télévision comme de cinéma, avec des personnages identifiés qui prolongent sa familiarité avec le public brésilien.
En 1980 sort aussi « Asa Branca - Um Sonho Brasileiro ». Deux ans plus tard, Werner Herzog le choisit pour « Fitzcarraldo », où il interprète le chef de la gare fantôme. Cette production tournée dans la forêt amazonienne l’ouvre à une circulation internationale plus nette. « Bahia de todos os saints », de Nelson Pereira dos Santos, sort en 1986. Le film réunit également Raymond Pellegrin, Catherine Rouvel et Julien Guiomar.
La même période le voit dans « Sinhá Moça » en 1986, où il joue Justo de Sá, puis dans « Mandala » en 1987, dans le rôle de Jonas Caetano Barbosa. En 1993, « Renascer » lui donne son dernier rôle, celui de Seu Francisco. Avant cela, il participe encore au programme Escolinha do Professor Raimundo au début des années 1990, dans un espace de télévision très installé dans le paysage brésilien.
Jusqu’à la fin, la scène en ligne de mire
Ami de Jorge Amado, Grande Otelo prend part avec lui à des luttes pour la démocratie au Brésil et pour la reconnaissance des droits des Noirs. Son activité ne se limite pas aux plateaux et aux studios. Elle se prolonge dans un engagement partagé, qui inscrit son nom dans une histoire culturelle et politique plus large que celle de ses rôles.
Le 26 novembre 1993, il meurt d’une crise cardiaque à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, alors qu’il se rend au Festival des trois continents à Nantes, qui devait lui rendre hommage dans le cadre d’un programme consacré à « La négritude au cinéma ». Sa dépouille repose au cimetière São Pedro, à Uberlândia. Une procession de compatriotes accompagne son enterrement, signe d’une présence populaire qui ne s’éteint pas avec la disparition.
Son visage sert plus tard de modèle à la statuette du Prêmio Grande Otelo do Cinema Brasileiro. Cette reprise de son image fixe un héritage matériel dans le cinéma brésilien. Elle rattache aussi son nom à une récompense qui continue de circuler dans le pays.
Films et séries avec Grande Otelo
Découvrez ses rôles les plus populaires au cinéma et à la télévision.
Rôles de Grande Otelo
Accédez aux fiches des personnages associés à ses œuvres les plus consultées.
Galerie photos de Grande Otelo
2 photos affichées.
Filmographie détaillée
Ouvrez une catégorie pour consulter les films, séries, rôles et épisodes crédités. Les listes longues se chargent progressivement.
Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.








































