Michael Lonsdale: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Michael Lonsdale en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
198
œuvres recensées
188 films · 10 séries
- Première année recensée
- 1956
- Dernière année recensée
- 2019
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 2010, Michael Lonsdale reçoit le César du meilleur second rôle masculin pour Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois. L’année le ramène au centre d’un film qui suit les derniers jours des moines de Tibhirine, et rappelle une présence que le cinéma français avait croisée pendant des décennies. Né à Paris le 24 mai 1931, mort dans la même ville le 21 septembre 2020, il aura traversé le théâtre, le cinéma et la lecture de textes avec une fidélité rare aux mots des autres.
Paris, Casablanca, les scènes d’apprentissage
L’enfance de Michael Lonsdale passe par Jersey, Londres, puis le Maroc. En 1939, sa famille s’installe à Casablanca; il y découvre les séances de cinéma américain destinées aux troupes stationnées sur place. Dès 1943, à Rabat, il anime des émissions enfantines sur Radio-Maroc. Le retour en France, en 1946, le met face à Roger Blin, rencontre décisive qui l’oriente vers le théâtre.
En 1949, il rejoint Paris avec sa mère et s’installe face aux Invalides, dans l’appartement du grand-père maternel. Il suit alors le cours de théâtre de Tania Balachova. À 22 ans, il demande à être baptisé dans la foi catholique. La francisation de son prénom vient de Raymond Rouleau, qui peine à prononcer Michael et propose Michel, nom de scène conservé jusqu’en 1977.
Cette formation s’accompagne d’un apprentissage concret du métier. Il travaille avec l’anglais qu’il maîtrise couramment et qui lui ouvre plus tard des productions étrangères. Sa présence au monde passe par la scène, par la radio, puis par des rencontres décisives dans le Paris d’après-guerre, où le théâtre contemporain tient une place de laboratoire.
François Truffaut et les années 1960-1970
François Truffaut lui offre deux rôles dans « La Mariée était en noir » et « Baisers volés ». Le second film est même tourné en partie dans son appartement parisien. Ces deux apparitions installent son nom au cinéma, à une période où il passe d’un tournage à l’autre sans se laisser enfermer dans un emploi unique.
La décennie voit aussi son passage chez Marcel Hanoun, dans des films dits d’avant-garde, et chez Louis Malle, Jean-Daniel Pollet, Jean Eustache ou Luis Buñuel. Il travaille avec Orson Welles, Joseph Losey, Jean-Pierre Mocky et d’autres metteurs en scène venus de registres très différents. Cette diversité de collaborations tient moins à une image qu’à une disponibilité concrète, celle d’un acteur capable de passer d’un geste de mise en scène à un autre sans raideur visible.
En 1971, il apparaît dans « Le Souffle au cœur » de Louis Malle et dans « Out 1: Noli me tangere » de Jacques Rivette, où il tient le rôle de Thomas. En 1973, il joue dans « Chacal » de Fred Zinnemann, puis dans « Moonraker » en 1979, où il interprète Hugo Drax. Son visage circule alors entre des films d’auteur et des productions plus larges, sans qu’il change de manière d’occuper l’espace.
Les années des rôles marquants
En 1972, Michael Lonsdale fonde avec Michel Puig le Théâtre musical des Ulis, compagnie de théâtre musical subventionnée par le ministère de la Culture. Cette initiative le place aussi dans un travail collectif, où le texte et la musique commandent une autre écoute du jeu. En 1978, il figure parmi les membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l’Europe des libertés.
« Le Procès », de Orson Welles, le montre en prêtre dès 1962. Puis vient « Le Nom de la rose » en 1986, où il joue l’abbé. En 1993, « Les Vestiges du jour » lui confie le rôle de Dupont D’Ivry, puis « Ronin » lui donne celui de Jean-Pierre en 1998. En 2005, « Munich » de Steven Spielberg le réunit à nouveau à une production internationale, dans le rôle de Papa.
Il ne limite pas son activité au cinéma. À partir de 2001, il devient président d’honneur du Festival de silence et l’un des présidents d’honneur du jury du prix Marguerite-Duras. En 2007, dans « Chacun son cinéma », il apparaît dans le segment « Le Don » sous les traits du vieil aveugle, puis « Agora » en 2009 lui confie le rôle de Theon. Ces travaux tardifs croisent encore le théâtre du regard et celui de la parole.
La voix, la mise en scène, la peinture
En 1983, Michael Lonsdale réalise « La Voix humaine », film en langue française. Sept ans plus tard, à l’initiative du ministère de la Culture et des moines de Cîteaux, il met en scène « Bernard de Clairvaux » sur le site historique de Clairvaux, avec plus de cent figurants. La mise en scène occupe une place durable dans ses activités, avec des textes de Daniel Facérias, Gilles Tinayre, les frères Martineau, Valeria Moretti, puis un spectacle sur sœur Emmanuelle en 2010.
Il prête sa voix à des livres audio et à la lecture de grands textes de littérature et de philosophie. Il donne aussi sa voix à Erik Satie dans les maisons Satie d’Honfleur, puis à Victor Hugo en 2014 dans le tramway de Besançon. En 2011, il est narrateur de « Veilleurs dans la nuit - Une journée monastique à l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux ». Ces lectures installent une présence sans image, fondée sur la diction et l’adresse directe au texte.
Il pratique aussi la peinture. En 2010, la galerie Daniel-Besseiche à Paris réunit ses œuvres à celles de Jean Revol dans une exposition. La même année, il est présenté au Festival de Cannes à l’occasion de « Des hommes et des dieux ». En 2008, le Festival du film de Belfort - Entrevues lui consacre un hommage croisé avec Édith Scob, puis en 2011 le Festival Paris Cinéma l’invite comme hôte d’honneur et lui offre une leçon de cinéma avec Jean Douchet.
Il préside à partir de 2012 la Diaconie de la beauté, fondée par Daniel et Anne Facérias. En 2014, il parraine une jeune troupe, les Potimarrants. Ces engagements prolongent un rapport constant aux textes, aux lieux et aux formes de transmission. Il meurt à Paris le 21 septembre 2020, à 89 ans, après une présence qui aura relié le cinéma de Truffaut, les monastères filmés par Beauvois et les lectures publiques de Victor Hugo.
- 1962: Le Procès, de Orson Welles, rôle du prêtre.
- 1971: Le Souffle au cœur et Out 1: Noli me tangere, rôle de Thomas.
- 1973: Chacal, rôle de Claude Lebel.
- 1979: Moonraker, rôle de Hugo Drax.
- 1986: Le Nom de la rose, rôle de l’abbé.
- 1993: Les Vestiges du jour, rôle de Dupont D’Ivry.
- 1998: Ronin, rôle de Jean-Pierre.
- 2005: Munich, rôle de Papa.
- 2007: Chacun son cinéma, segment « Le Don », rôle du vieil aveugle.
- 2009: Agora, rôle de Theon.
- 2010: Des hommes et des dieux, rôle de frère Luc.
- 2011: Veilleurs dans la nuit - Une journée monastique à l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, narrateur.
Films et séries avec Michael Lonsdale
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