Roger Dumas: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Roger Dumas en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
91
œuvres recensées
78 films · 13 séries
- Première année recensée
- 1952
- Dernière année recensée
- 2013
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Né le 9 mai 1932 à Annonay, en Ardèche, Roger Dumas s’inscrit très tôt dans le paysage du spectacle vivant français en rejoignant, au début des années 1950, la compagnie du Théâtre du petit Jacques dirigée par Antonin Baryel. Dans cette troupe de marionnettes et de spectacle jeune public, il tient successivement le rôle de Bidibi ou celui du présentateur dans le spectacle Les Aventures de Bidibi et Banban, Jean-Paul Rouland incarnant Banban. En parallèle, il rejoint en 1953 la troupe de Michel de Ré, ce qui l’ancre durablement dans le réseau des scènes parisiennes de l’après-guerre. C’est également dans cette première moitié des années 1950 qu’il aborde le cinéma, prolongeant ainsi une activité théâtrale déjà installée.
Son entrée sur grand écran s’effectue avec le film Les Fruits sauvages, réalisé par Hervé Bromberger et sorti en 1954, où il apparaît aux côtés de Nadine Basile, Estella Blain et Georges Chamarat. Ce premier rôle au cinéma se situe dans un contexte de production marqué par l’abondance de drames populaires et de films de caractère, que le jeune acteur investit en tant que second rôle. Très vite, il multiplie les apparitions, passant des plateaux de tournage aux planches, et installe un profil d’acteur polyvalent, capable de circuler entre différents registres et formats. Dès cette période, sa carrière prend ainsi une dimension résolument protéiforme, entre théâtre, cinéma et télévision naissante.
Émergence au cinéma et années 1950-1960
À partir du milieu des années 1950, Roger Dumas enchaîne les tournages et s’impose progressivement comme un second rôle régulier du cinéma français. En 1956, il apparaît dans La Mariée est trop belle de Pierre Gaspard-Huit, où il interprète Marc, puis dans Les Promesses dangereuses la même année, dans le rôle de « La Bourride ». En 1958, il figure au générique d’Asphalte, dans le rôle de Marcel, confirmant sa présence dans des productions variées. L’année 1959 marque une étape importante avec Rue des Prairies, où il incarne Fernand, rôle qui lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti en 1959, distinction habituellement réservée à une jeune comédienne et dont il reste le seul lauréat masculin.
Au tournant des années 1960, il multiplie les collaborations avec des réalisateurs actifs dans la comédie populaire et le film d’aventures. On le retrouve ainsi dans Signé Arsène Lupin (1959), puis dans des productions de genre comme Le gorille a mordu l’archevêque (1962), où il joue Louis, et Carillons sans joie la même année, où il interprète Adolphe Charlier, dit « le môme ». En 1963, il tient le rôle de Paul dans Pouic-Pouic, comédie portée par Louis de Funès, qui contribue à ancrer son image d’acteur familier du grand public. L’année suivante, il s’inscrit dans le cinéma d’aventure avec L’Homme de Rio de Philippe de Broca, où il interprète Lebel, et retrouve le registre de l’espionnage dans Le Tigre aime la chair fraîche, dans le rôle de Duvet, personnage qu’il reprend en 1965 dans Le Tigre se parfume à la dynamite.
Confirmation dans les années 1960-1980
Après cette première reconnaissance, Roger Dumas poursuit une carrière dense dans les années 1960 et 1970, se déplaçant entre drames de guerre, comédies et films policiers. En 1966, il apparaît dans La Ligne de démarcation de Claude Chabrol, où il incarne Cheti, un passeur, s’inscrivant ainsi dans une filmographie marquée par le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Il joue ensuite Clément dans Caroline chérie, sortie en 1968, poursuivant son exploration de la reconstitution historique. Au fil de ces années, il consolide un profil d’acteur de caractère que l’on retrouve régulièrement dans des seconds rôles significatifs.
)La fin des années 1970 et le début des années 1980 confirment cette trajectoire. En 1978, il incarne l’inspecteur Guérin dans Tendre poulet, aux côtés d’Annie Girardot et Philippe Noiret, dans une comédie policière emblématique de cette période. Il participe ensuite à des films marquants comme Le Marginal en 1983, où il joue l’inspecteur Simon, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, tout en apparaissant la même année dans Fort Saganne, dans le rôle de Vulpi, et dans La Veuve rouge, où il interprète Vannier. En 1984, il tient le rôle d’André, le photographe, dans La Femme publique d’Andrzej Żuławski, puis incarne Georges dans L’Amour en douce de 1985, et poursuit en 1987 avec Masques, où il joue Manu, Association de malfaiteurs, dans le rôle de Brunet, ainsi que Chouans !, dans le personnage de Bouchard.
Travaux au théâtre et reconnaissance institutionnelle
Parallèlement à son activité au cinéma, Roger Dumas maintient une présence soutenue au théâtre, où il traverse plusieurs décennies de création. Il participe notamment à des productions comme Virgule de Roger Hanin au Théâtre Daunou en 1973, puis La Nuit des dauphins de Remo Forlani au Théâtre de l’Alliance française en 1974, s’inscrivant dans un répertoire contemporain. En 1980, il joue dans Une chambre pour enfant sage de Didier Decoin, mise en scène par Pierre Vielhescaze au Théâtre Tristan-Bernard. Cette continuité sur les plateaux de théâtre accompagne son travail à l’écran et contribue à son inscription durable dans le paysage scénique français.
La fin des années 1990 et le début des années 2000 marquent un tournant en termes de reconnaissance institutionnelle. En 1999, il joue dans La Cerisaie d’Anton Tchekhov, mise en scène par Georges Wilson à l’Espace Pierre Cardin, confirmant sa présence dans les grandes références du répertoire international. En 2002, il participe à Hysteria de Terry Johnson, mise en scène par John Malkovich au Théâtre Marigny, spectacle qui lui vaut une nomination au Molière du comédien dans un second rôle en 2003. Il avait déjà été nommé au Molière du comédien dans un second rôle en 1994 pour la pièce Le Retour, et obtient finalement le Molière du comédien dans un second rôle en 2006 pour Moins 2, devenant ainsi l’un des comédiens régulièrement distingués par cette institution.
Carrière télévisuelle et activité dans les années 1990-2000
La télévision occupe également une place importante dans le parcours de Roger Dumas, qui apparaît dans de nombreuses fictions et séries à partir des années 1960. Il figure notamment dans la série Les Cinq Dernières Minutes, mentionnée parmi ses travaux télévisuels notables, ce qui contribue à sa notoriété auprès d’un large public. Dans les années 1990, il joue dans des séries comme Les maîtres du pain, où il incarne Basile Restou en 1993, et dans Maigret, où il interprète Dupin-Duclos dans un épisode de la saison 6 en 1996. Cette présence régulière dans les productions télévisées accompagne la mutation du paysage audiovisuel français de la période.
)À partir de la fin des années 1990 et au début des années 2000, il poursuit cette activité en diversifiant les registres. Il apparaît dans Les Destinées sentimentales en 2000, où il interprète le patron de Pauline, et dans la mini-série Les Misérables, la même année, dans le rôle de Lorrain. En 2001, il joue M. Donze dans Inch’Allah dimanche de Yamina Benguigui, film qui met en scène l’expérience de l’immigration algérienne en France. En parallèle, il intervient dans des séries comme Les Boeuf-carottes, où il tient le rôle de Jeantet dans un épisode de la saison 6, confirmant sa familiarité avec les fictions policières télévisuelles.
Dernières années au cinéma et héritage professionnel
Au cours des années 2000, Roger Dumas reste très actif au cinéma, traversant des genres variés. En 1998, il interprète Maître Valoche dans Les Visiteurs 2 : Les couloirs du temps, puis apparaît dans Soleil en 1997 dans le rôle de Monsieur Muraton, avant de rejoindre des projets plus atypiques comme Tykho Moon (1996), où il joue un patron, ou encore Le Nouveau Monde (1994), où il tient le rôle du curé. Dans les années 2000, il participe à des films d’auteur et des comédies, comme Les Destinées sentimentales, déjà mentionné, puis Erreur de la banque en votre faveur en 2008, où il interprète Lebrun, et Ca$h la même année, dans le rôle d’Émile. Il joue également le grand-père dans La Différence, c’est que c’est pas pareil (2008), illustrant sa place d’acteur de composition dans le cinéma français de cette période.
Sa présence dans des films populaires des années 2000 contribue à le faire connaître à de nouvelles générations de spectateurs. En 2007, il incarne le patron du « restaurant des voyageurs » dans Ensemble, c’est tout de Claude Berri, puis Pierrot dans J’ai toujours rêvé d’être un gangster, et Touraille dans le téléfilm Raboliot. L’année 2008 marque un moment de visibilité particulière avec Le premier jour du reste de ta vie, où il interprète Pierre, dans un récit familial intergénérationnel. En 2009, il apparaît dans Le Concert, où il joue Momo, puis dans L’Autre Dumas, où il interprète M. de Saint Omer, et prête sa voix à Charles X dans le film d’animation Zarafa, sorti en 2012, témoignant ainsi d’une activité prolongée jusque dans la dernière phase de sa carrière.
Films et séries avec Roger Dumas
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