Louis Seigner: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Louis Seigner en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
132
œuvres recensées
129 films · 3 séries
- Première année recensée
- 1931
- Dernière année recensée
- 1982
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1939, Édouard Bourdet engage Louis Seigner à la Comédie-Française. L’acteur a déjà suivi les cours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, puis ceux de Firmin Gémier, après une formation à Lyon et un passage par l’Odéon. Il devient sociétaire en 1943, avant d’accéder aux fonctions de doyen de la maison entre 1960 et 1971.
Louis Seigner à la Comédie-Française
Le 23 juin 1903, Louis Seigner naît à Arcisse, hameau de Saint-Chef, dans l’Isère. Son enfance se partage entre le théâtre ambulant Grégoire et le cinéma muet, puis vient l’apprentissage à Lyon avant le départ pour Paris. Il passe par le Conservatoire national supérieur d’art dramatique et travaille avec Firmin Gémier, avant d’entrer au théâtre de l’Odéon.
En 1930, il fonde avec Jean Nohain et Claude Dauphin la Compagnie théâtrale radiophonique. Le groupe interprète des dramatiques sur les ondes, dans un moment où la radio ouvre un espace neuf aux comédiens de théâtre. Sept ans plus tard, la Comédie-Française l’accueille, puis lui donne en 1943 le rang de sociétaire. Il y reste jusqu’à son adieu officiel, le 25 avril 1974, avant un retour en 1976-1977 pour Lorenzaccio.
La maison lui confie une place durable. Il en devient le doyen de 1960 à 1971 et enseigne aussi au Conservatoire. Le répertoire classique l’accompagne sans relâche, avec plus de 1 500 représentations du Bourgeois gentilhomme, et des records attribués à Le Malade imaginaire et Le Tartuffe. Le théâtre reste pour lui un espace de travail régulier, précis, centré sur la diction et la tenue du texte.
Les rôles au cinéma des années 1940 et 1950
Au cinéma, Une histoire entre mille, de Max de Rieux, paraît en 1931. Suivent Chotard et Cie de Jean Renoir en 1932, puis plusieurs courts ou longs métrages dans les années 1930 et 1940. Louis Seigner y passe d’un juge d’instruction à un ambassadeur, d’un ministre à un directeur d’école, avec une régularité qui installe son visage dans des fonctions d’autorité.
En 1943, il apparaît dans Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot, où il joue Bertrand, mais aussi dans Goupi Mains Rouges de Jacques Becker et Les Anges du péché de Robert Bresson. La même année, il tient Frédéric de Nucingen dans Vautrin de Pierre Billon, d’après Balzac. Quelques mois plus tard, Premier de cordée et Service de nuit prolongent cette présence dans des films où il tient des rôles de docteur.
Les années 1950 le montrent dans des emplois très identifiables. Il joue Monsieur Tourneveau dans Le Plaisir de Max Ophuls en 1952, apparaît dans La Comédie-Française la même année, puis tient le rôle de Lavoisier dans Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry en 1953. En 1954, Le Comte de Monte-Cristo lui confie Monsieur Joannès. Ces films le placent souvent du côté des notables, des administrateurs ou des figures de savoir.
Des présidences aux assises
En 1960, Louis Seigner tient le rôle du président des assises dans La Vérité de Henri-Georges Clouzot. Deux ans plus tard, il joue Ercoli dans L’Éclipse de Michelangelo Antonioni, puis Father Lauzon dans Les Amitiés particulières de Jean Delannoy en 1964. Ces apparitions dessinent une présence qui passe du cadre judiciaire au monde religieux, sans changer de registre d’autorité.
En 1972, il participe aux Rois maudits dans le rôle de Spinello Tolomeï, capitaine général des comptoirs banquiers. L’année suivante, Molière pour rire et pour pleurer le retrouve sous les traits de Poquelin père. En 1976, Mr. Klein le montre en père de Mr. Klein, tandis que Les Misérables, en 1982, lui donne Monseigneur Bienvenu Myriel, évêque de Digne.
Le cinéma garde chez lui une continuité rare entre les décennies. Plus de 150 films jalonnent cette présence, sans que l’image se disperse. Les réalisateurs le sollicitent pour des fonctions précises, souvent liées au droit, à l’Église, à l’administration ou à la famille, et cette récurrence finit par structurer sa silhouette d’écran.
Distinctions et fin de vie
Louis Seigner reçoit l’Officier de la Légion d’honneur, le Commandeur de l’ordre national du Mérite et le Commandeur des Arts et des Lettres. Ces distinctions accompagnent une carrière menée dans les institutions du théâtre public, avec une place durable à la Comédie-Française et une activité pédagogique au Conservatoire.
Le 20 janvier 1991, il meurt à Paris à 87 ans. Il est inhumé au cimetière parisien d’Ivry. Son nom reste associé à une pratique du répertoire classique et à une filmographie où l’autorité, la parole et la tenue du costume dominent souvent les apparitions.
Films et séries avec Louis Seigner
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