Au XIVe siècle en Suède, le jeune chevalier Erland Månesköld rencontre Singoalla, une gitane issue d'une tribu nomade. Leur union défie les barrières sociales et familiales, dans un contexte marqué par une malédiction pesant sur le château des Månesköld. L'histoire explore les tensions entre mondes séparés, sans révéler les tournants ultérieurs de l'intrigue.
Origine littéraire et production
Le film Singoalla adapte le roman éponyme publié en 1857 par Viktor Rydberg, inspiré d'une légende médiévale suédoise sur l'amour entre une gitane et un noble. L'œuvre littéraire, parue initialement comme conte dans le journal Göteborgs Handels- och Sjöfartstidning, connut un succès immédiat et fut rééditée en volume l'année suivante (Source : Wikipédia suédoise, 2024). Rydberg y mêle éléments romantiques et historiques, ambientés au XIVe siècle.
La production, une coproduction franco-suédoise, réunit Terrafilm et Roissy Films sous l'égide de Lorens Marmstedt et Jacques Bar. Tourné en 1949, le film représente la plus coûteuse réalisation suédoise de l'époque, avec un budget dépassant 3 millions de kronor contre 1,4 million prévus – dix fois la moyenne des longs métrages suédois des années 1940 (Source : Svensk Filmdatabas via Wikipedia suédoise). Des décors monumentaux, dont une maquette géante du château Månesköld érigée à Gärdet et près de Söderbysjön, soulignent l'ambition visuelle.
Ingmar Bergman officie comme stagiaire sur la version suédoise, prémices d'une carrière naissante. La bande-son porte la signature d'Hugo Alfvén, compositeur renommé. Sorti en trois versions linguistiques – suédoise (104 minutes), française (95 minutes) et anglaise (63 minutes) –, le projet vise un rayonnement international dès sa genèse (Source : IMDb, 2024).
Réalisation et équipe technique
Christian-Jaque assure la mise en scène, secondé au scénario par Pierre Véry. Le cinéaste français, déjà auteur de succès comme Un revenant, dirige cette coproduction avec une attention aux décors signés Robert Gys et aux costumes de Marcel Escoffier et Nicolas Wilcké. La photographie incombe à Christian Matras, opérateur français habitué des films historiques (Source : Wikipédia française, 2024).
La chorégraphie, confiée à Teddy Rhodin, intègre des danses gitanes authentiques avec des statuettes roms suédois, dont membres de la famille Taikon comme Katarina Taikon. Björn Thulin conseille sur les aspects culturels médiévaux. Le montage diffère selon les versions : Lennart Wallén pour la suédoise, Raymonde Le Jeune et Jacques Desagneaux pour la française.
Format noir et blanc, ratio 1,37:1, son mono : ces choix techniques ancrent Singoalla dans les standards de l'époque. Les extérieurs suédois contrastent avec les studios parisiens de Billancourt, fusionnant réalisme et reconstitution (Source : IMDb full credits, 2024). La version française passe pour la plus aboutie stylistiquement.
Distribution et rôles
Viveca Lindfors incarne Singoalla dans les trois versions, rôle pivot de cette actrice suédoise en exil hollywoodien naissant. Erland Månesköld alterne Alf Kjellin (suédoise/anglaise) et Michel Auclair (française). Edvin Adolphson et Henri Nassiet prêtent leurs traits à Latzo, père de Singoalla et chef gitane (Source : Svensk Filmdatabas via Wikipedia suédoise).
- Lauritz Falk / ? : Assim, rival jaloux
- Naima Wifstrand : Cioara, mère d'Assim
- John Elfström / Fernand Rauzéna : Erasmus
- Märta Dorff / Marie-Hélène Dasté : Elfrida Månesköld, mère d'Erland
- Georg Funkquist / Louis Seigner : chapelain
- Jean Georges Chambot / Johnny Chambot : Sorgbarn, fils du couple
Statuettes roms suédois enrichissent les scènes collectives. Zita Fiore marque sa dernière apparition en gitane. Cette distribution mixte reflète la coproduction, favorisant échanges culturels (Source : IMDb, 2024).
Sortie et accueil critique
Première suédoise le 13 décembre 1949 au Royal de Stockholm ; sortie française en 1950, américaine le 18 mars 1951 sous The Wind Is My Lover. Publiksuccès en Suède malgré dépassements budgétaires. Édité en DVD en 2013 (Source : Wikipedia suédoise).
Carl Björkman (Dagens Nyheter, 1949) salue sa « charm et tempérament », fruit d'un « ambitieux collaboration suédo-français ». Nils Beyer (Morgon-Tidningen) déplore un « gruvligt ädelpekoral » schablonmässig. Robin Hood (Stockholms-Tidningen) ironise sur un « pinsamt intryck », suggérant Sorgebarn comme titre alternatif (Source : Wikipedia suédoise).
Critiques ultérieures pointent des stéréotypes racistes sur les Roms. La version française l'emporte en qualité sur les autres. Le film s'inscrit dans le cinéma romantique d'après-guerre, mêlant folklore et drame social.
Héritage et contexte
Singoalla reste l'une des productions suédoises les plus onéreuses, ajustée à l'inflation actuelle. Elle préfigure des thèmes récurrents chez Christian-Jaque, comme l'amour impossible face aux conventions. Rydberg, figure du romantisme scandinave, influence durablement la culture suédoise (Source : Svensk Filmdatabas).
Dans les années 1940, le cinéma suédois cherche l'international via coproductions ; ce projet en est emblème, avec Bergman en gestation. Roms suédois authentiques ajoutent réalisme ethnographique. DVD 2013 ravive intérêt pour ce drame médiéval.
Pas de distinctions majeures recensées, mais impact économique notable chez Terrafilm. Critiques contemporaines relisent ses représentations gitanes à l'aune des sensibilités modernes. Le film documente une époque de transition post-Seconde Guerre mondiale au cinéma nord-européen (Source : IMDb, 2024).
Critique sur Singoalla
Où regarder en streaming Singoalla
Singoalla est disponible en streaming par abonnement sur Gaumont Amazon Channel et SFR Play. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Singoalla figurent Singoalla, interprété par Viveca Lindfors, Erland Månesköld, interprété par Alf Kjellin et Latzo, interprété par Edvin Adolphson. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

















