Michael Gough: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Michael Gough en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
180
œuvres recensées
128 films · 52 séries
- Première année recensée
- 1948
- Dernière année recensée
- 2010
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1958, Le Cauchemar de Dracula, de Terence Fisher, inscrit Michael Gough dans la mémoire du cinéma fantastique britannique avec le rôle d’Arthur Holmwood. L’acteur, né le 23 novembre 1916 à Kuala Lumpur et mort le 17 mars 2011 à Londres, y apparaît au moment où Hammer installe ses codes, ses intérieurs de brume et ses corps crispés. La même année, il tient aussi un rôle dans De la bouche du cheval, de Ronald Neame, puis dans Crimes au musée des horreurs en 1959.
Les années Hammer et le visage du fantastique britannique
Avant l’ombre des chauves-souris et des chauves-souris de carton-pâte, Michael Gough traverse les années 1950 avec des rôles dans Jusqu’à ce que mort s’ensuive de Marc Allégret, Anna Karenine de Julien Duvivier et Sarabande de Basil Dearden. Il passe aussi par L’Homme au complet blanc d’Alexander Mackendrick, Richard III de Laurence Olivier et Vainqueur du ciel de Lewis Gilbert. Les titres changent, les signatures aussi, mais une même présence demeure dans des distributions souvent dominées par de grands noms du cinéma britannique d’après-guerre.
La décennie 1960 le conduit vers les studios Hammer, où il retrouve une veine gothique qui lui convient parfaitement. Dans Le Fantôme de l’Opéra de Terence Fisher, il tient le rôle de Lord Ambrose d’Arcy. Dans Le Train des épouvantes de Freddie Francis, il joue Eric Landor dans le segment « La main baladeuse », puis apparaît dans Le Crâne maléfique. Il est encore présent dans La Maison ensorcelée de Vernon Sewell et dans Le Cercle de sang de Jim O’Connolly, deux titres qui prolongent cette fréquentation régulière d’un cinéma de peur très codé.
Sa filmographie de cette période ne se limite pas aux productions d’horreur. Il travaille avec Peter Sellers sur Candidate for Murder et Mr. Topaze, retrouve Emeric Pressburger avec Twice Upon a Time, puis joue dans Un soir, un train d’André Delvaux. Ken Russell le dirige dans Love, et John Huston le fait apparaître dans Promenade avec l’amour et la mort. Le registre varie, les réalisateurs aussi, sans que son emploi quitte vraiment les zones de tension, de secret ou d’autorité qui traversent beaucoup de ses rôles.
Des écrans de télévision aux productions historiques
En 1968, Voyage vers l’Inconnu, où il joue Royal, confirme sa présence dans des récits d’époque et d’aventure. La même année, il apparaît dans Inside the Third Reich dans le rôle du Dr. Rust. Plus tard, Blake’s 7 lui donne le personnage de Hower en 1978, puis Campion le fait revenir à l’écran en Mr. Hayhoe en 1989. Ces interventions disent moins une spécialisation qu’une circulation régulière entre cinéma, téléfilms et séries.
Au début des années 1980, il figure aussi au générique de Inside the Third Reich, puis dans La Maison des ombres et d’autres titres où l’autorité sociale, médicale ou administrative passe souvent par son visage. Il prête sa voix à Teacher #2 dans Little Nemo: Les aventures au pays de Slumberland en 1989, ce qui ouvre une autre voie dans sa carrière, plus discrète mais bien réelle, celle du jeu vocal. À partir de là, l’animation devient un terrain de jeu supplémentaire, sans effacer les apparitions en prise de vues réelles.
Dans les années 1990, il revient à plusieurs reprises vers l’univers gothique et le fantastique. Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête, de Tim Burton, lui donne le rôle de Notary Hardenbrook en 1999. Ce film s’inscrit dans un mouvement déjà amorcé avec Burton, dont il avait rejoint les Batman quelques années plus tôt. Le passage d’un imaginaire à l’autre n’a rien d’anecdotique: il lui permet de rester associé à des récits de demeures, de rites et de figures d’autorité.
Alfred Pennyworth et la fidélité à Tim Burton
En 1989, Batman lui confie Alfred Pennyworth, le majordome de Wayne Manor. Le film de Tim Burton le place face à Michael Keaton, puis Batman: Le Défi reprend la même configuration en 1992. Cette série de rôles se prolonge avec Batman Forever en 1995 et Batman and Robin en 1997, toujours dans le même personnage. Pour Gough, Alfred devient une présence régulière, intégrée à une saga qui change de ton et d’interprètes principaux autour de lui.
Le lien avec Burton ne se limite pas à Gotham. En 2005, il prête sa voix à Elder Gutknecht dans Les Noces funèbres, puis en 2010 à Uilleam / Dodo dans Alice au Pays des Merveilles. Ces deux films d’animation referment une boucle entamée plus tôt avec Little Nemo: Les aventures au pays de Slumberland. L’acteur y trouve une manière tardive de prolonger une familiarité de ton, d’autant que Burton lui offre des personnages qui s’inscrivent dans des mondes où le grotesque et le cérémonial avancent ensemble.
Cette fidélité n’a rien d’un simple retour d’affection. Elle repose sur une économie précise du regard, de la voix, de la tenue, très utile dans des récits où Alfred, le notaire Hardenbrook ou les figures animées demandent moins de démonstration que de précision. Michael Gough traverse ainsi plusieurs décennies de cinéma sans quitter les marges actives du genre fantastique, du gothique au film d’aventure en passant par l’animation.
Une longue présence, jusqu’au dernier rôle vocal
Michael Gough meurt le 17 mars 2011 à Londres à l’âge de 94 ans. Sa dernière apparition mentionnée ici, Alice au Pays des Merveilles en 2010, le replace une ultime fois dans l’univers de Tim Burton. Le passage du personnage filmé à la voix seule lui convient jusqu’au bout, dans une filmographie qui a souvent croisé des silhouettes d’autorité, des aristocrates, des médecins, des notaires et des serviteurs.
Son nom figure parmi ceux qui ont accompagné durablement le cinéma britannique de studio, puis les grandes machines gothiques de la fin du siècle. Il a traversé des films de Marc Allégret, Julien Duvivier, Terence Fisher, Freddie Francis, John Huston et Tim Burton, sans changer de cap ni d’époque apparente. Peu d’acteurs ont servi avec une telle régularité des mondes où le costume pèse autant que la parole.
La cohérence de cette présence tient moins à une ligne spectaculaire qu’à une manière de tenir le cadre, d’installer une fonction, de rester lisible dans des récits qui aiment les décors chargés et les hiérarchies nettes. Alfred Pennyworth demeure le rôle le plus reconnaissable de sa fin de carrière, mais il ne dit pas tout. Entre Le Cauchemar de Dracula et Alice au Pays des Merveilles, Michael Gough a laissé une suite de visages de confiance, de menace polie ou de réserve cérémonieuse.
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