Sō Yamamura: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Sō Yamamura en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
193
œuvres recensées
183 films · 10 séries
- Première année recensée
- 1946
- Dernière année recensée
- 1997
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1953, Voyage à Tokyo place Sō Yamamura dans l’un des récits les plus scrutés de Yasujirō Ozu. Il y tient le rôle de Koichi Hirayama, au sein d’un film où sa présence compte autant que la retenue du dispositif. Né le 24 février 1910 à Tenri, dans la préfecture de Nara, et mort le 26 mai 2000, il a également travaillé comme réalisateur. Son nom apparaît parfois sous Hirosada Koga ou Satoshi Yamamura.
Les années 1940 et l’entrée chez Mizoguchi
En 1947, Sō Yamamura joue dans L’Amour de l’actrice Sumako de Kenji Mizoguchi, où il interprète Hogetsu Shimamura. Le nom revient chez Mizoguchi en 1950 avec Le Destin de madame Yuki, puis en 1951 avec La Dame de Musashino. Ces présences dessinent une relation de travail régulière avec un cinéaste dont les films exigent des interprètes une précision nette.
La même période le voit passer chez Mikio Naruse avec La Bête blanche en 1950, puis La Danseuse, Le Repas et Okuni et Gohei en 1951 et 1952. Il apparaît aussi chez Yasujirō Ozu dans Les Sœurs Munakata, avant Voyage à Tokyo l’année suivante. D’un cinéaste à l’autre, le rythme reste soutenu et l’acteur circule dans un pan très identifié du cinéma japonais de l’après-guerre.
En 1953, il joue encore dans Epitome de Kaneto Shindō et Eaux troubles de Tadashi Imai. Sur cette période, sa filmographie retient des titres qui relèvent autant du drame social que du récit familial, avec des réalisateurs de premier plan. Le lien avec Ozu, Naruse et Mizoguchi suffit à situer son importance dans les castings de l’époque.
Les années 1950, entre mise en scène et grands rôles
Au cours des années 1950, Sō Yamamura réalise 6 films, parmi lesquels Sara no hana no toge, Kuroi ushio et Les Bateaux de l’enfer. L’activité de metteur en scène ne se laisse pas réduire à une parenthèse: elle se loge dans la même décennie que ses apparitions chez les grands noms du cinéma japonais. Un détail retient l’attention, car Les Bateaux de l’enfer figure aussi dans sa filmographie comme interprète, ce qui laisse apparaître un passage entre les fonctions sans que l’une efface l’autre.
En 1954, Le Grondement de la montagne le réunit de nouveau avec Mikio Naruse dans le rôle de Shingo Ogata. L’année suivante, L’Impératrice Yang Kwei-Fei de Mizoguchi lui confie An Lushan, puis Printemps précoce d’Ozu le retrouve en Yutaka Kawai en 1956. La continuité des collaborations ne tient pas à une seule famille de cinéma, mais à une capacité à passer d’un univers à l’autre sans rupture de ton visible.
En 1957, il apparaît dans Crépuscule à Tokyo d’Ozu, L’Averse de Noboru Nakamura et Le Trou de Kon Ichikawa. La même année, Typhon sur Nagasaki d’Yves Ciampi l’amène dans une production française tournée au Japon. En 1958, Le Barbare et la geisha de John Huston marque son travail en langue anglaise, avec le rôle du gouverneur Tamura.
Le tournant des années 1960
En 1959, La Condition de l’homme de Masaki Kobayashi lui confie Okishima. Il travaille ensuite dans À travers les ténèbres de Yasuzō Masumura la même année, puis chez Tadashi Imai avec Les Lumières du port en 1961. Les titres qui reviennent à cette période l’inscrivent dans un cinéma attentif aux tensions sociales et politiques, sans que sa filmographie se laisse enfermer dans un seul type de rôle.
En 1961 encore, il joue dans Les femmes naissent deux fois de Yūzō Kawashima et La Dernière Guerre de l’Apocalypse de Shuei Matsubayashi, où il tient le rôle du Premier ministre. L’année suivante, il figure dans L’Héritage de Masaki Kobayashi. Cette fréquentation de cinéastes majeurs des années 1960 le maintient au centre d’une production japonaise qui regarde la guerre, ses suites et les désordres du présent.
Le registre politique revient avec Le jour le plus long du Japon en 1967, où il incarne le ministre de la Marine, l’amiral Mitsumasa Yonai. Son travail se rapproche alors d’un cinéma historique où les responsabilités civiles et militaires deviennent matière dramatique. En 1970, Tora! Tora! Tora! le montre en amiral Isoroku Yamamoto, puis Le Barbare et la geisha avait déjà ouvert cette circulation vers des productions internationales.
Des figures d’autorité aux années 1990
En 1971, 春の坂道 lui donne le rôle de Tokugawa Ieyasu, avant Hissatsu Shikakenin en 1972, où il joue Hanemon Otowaya. Le milieu des années 1970 le voit encore dans des œuvres comme La Bêtise ou Shinsengumi, puis Working Class Man en 1986, où il incarne Mr. Sakamoto. Le passage du temps ne change pas son placement dans les récits: il revient souvent vers des personnages d’autorité, de décision ou de mémoire.
En 1978, Pearl Harbor lui confie l’amiral Nagumo, commandant des forces d’attaque japonaises, même si le crédit reste non mentionné. Plus tard, Godzilla vs King Ghidorah en 1991 le fait apparaître comme Premier ministre. Dans l’animation, Anju et Zushioumaru lui donne la voix de Fujiwara no Morozane en 1961. Ce détour par le doublage ajoute une autre adresse à une filmographie déjà traversée par les registres historiques et politiques.
Entre 1947 et 1991, Sō Yamamura tourne dans près de 200 films. La quantité n’épuise pas l’affaire, mais elle fixe une présence régulière sur plus de quatre décennies. Mort à 90 ans en 2000, il laisse derrière lui des collaborations qui vont de Mizoguchi à Ozu, de Naruse à Kobayashi, avec quelques incursions hors du Japon qui élargissent encore sa place dans le paysage du cinéma d’après-guerre.
Films et séries avec Sō Yamamura
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