Lee J. Cobb: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Lee J. Cobb en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
104
œuvres recensées
85 films · 19 séries
- Première année recensée
- 1934
- Dernière année recensée
- 1976
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1935, alors qu’il fréquente l’université de New York, Lee J. Cobb rejoint un groupe de théâtre marqué à gauche et joue dans « Waiting for Lefty », de Clifford Odets. Deux ans plus tard, il passe au cinéma avec « Nuits d’Arabie » et « Au nord de Rio Grande », sous la direction de David Butler et Nate Watt. Le nom de naissance qui circule alors est Leo Jacoby.
Des scènes militantes au premier écran
Le théâtre donne à Cobb un point d’appui avant Hollywood. En 1935, sa présence dans « Waiting for Lefty » le place dans un environnement politique très marqué, au moment où la Grande Dépression nourrit les colères et les mots d’ordre de la pièce de Clifford Odets. Cette étape n’a rien d’un détour anecdotique. Elle fixe une manière d’occuper l’espace, avec des personnages souvent placés du côté de la pression sociale, de l’autorité ou du désordre urbain.
Ses premiers rôles au cinéma arrivent en 1937. Il figure dans « Nuits d’Arabie » de David Butler, puis dans « Au nord de Rio Grande » et « La Vallée des ruffians », tous deux réalisés par Nate Watt la même année. Il apparaît aussi dans « Danger on the Air » en 1938, avant « L’Esclave aux mains d’or » de Rouben Mamoulian en 1939. La suite l’installe dans des productions où il tient des rôles de policiers, d’hommes de pouvoir ou de figures brusques, comme dans « La Mariée célibataire », « Des hommes vivront » et « Ici Londres » en 1941.
La décennie suivante le retrouve dans « La Nuit sans lune », « Tonight We Raid Calais » et « La Vallée infernale » en 1943, puis dans « Le Chant de Bernadette » de Henry King et « La Victoire des ailes » de George Cukor en 1944. Son nom circule alors sur plusieurs fronts, du film d’aventures au drame religieux, avec une régularité qui l’amène vers des partitions plus amples que les simples silhouettes de début de période.
Les années 1940, visages d’autorité
« Anna et le Roi de Siam » en 1946 l’emmène vers Kralahome, avant « L’Heure du crime » de Robert Rossen et « Boomerang ! » d’Elia Kazan en 1947. Dans « Capitaine de Castille », la même année, Henry King lui confie Juan Garcia. L’année 1948 apporte « Appelez nord 777 », « Le Miracle des cloches », « L’Énigmatique Monsieur Horace » et « La Fin d’un tueur ». En 1949, Jules Dassin le dirige dans « Les Bas-fonds de Frisco », puis Felix E. Feist lui donne Lt. Ed Cullen dans « Captif de l’amour » en 1950.
Ces rôles dessinent un acteur de confrontation. Il joue des inspecteurs, des capitaines, des colonels, des chefs, des hommes de loi ou de terrain. Dans « Sirocco » de Curtis Bernhardt en 1951, puis dans « Le Poids du remords » de Henry Levin la même année, la même tension subsiste. En 1952, il est Durango dans « The Fighter », puis le capitaine Theodore Bess dans « Les Démons du Texas » en 1953. Les titres s’accumulent sans que le profil se disperse.
En 1954, la collaboration avec Elia Kazan prend une forme plus connue avec « Sur les quais », où Cobb tient le rôle de Johnny Friendly. La même année, il joue le sultan dans « Yankee Pasha » et le sergent Garrison dans « Panique sur la ville ». Le personnage de chef de gang dans « Sur les quais » reste l’un des points de repère les plus nets de sa filmographie, par la place qu’il occupe dans le récit et par la dureté du rapport de force qu’il impose.
Le juré n°3 et la grande scène du procès
En 1957, Sidney Lumet lui confie le rôle du troisième juré dans « Douze hommes en colère ». Le personnage reste celui qui doute le moins longtemps de la culpabilité du jeune accusé. La place accordée à Cobb dans ce film de procès concentre beaucoup de ce que le public retient de lui : une parole ferme, un blocage persistant, une présence qui tient la discussion par la force de l’opposition. Le film s’impose comme le sommet de sa carrière cinématographique.
Quelques mois plus tard, il apparaît dans « La Cité sans voile » en 1958, puis dans « The DuPont Show with June Allyson » la même année, où il joue le capitaine Maximillian Gault. En parallèle, il travaille dans « Westinghouse Desilu Playhouse » en 1958 et dans « Startime » en 1959, où il passe aussi à la réalisation. Cette circulation entre cinéma, télévision et mise en scène traduit une pratique régulière des plateaux plutôt qu’une spécialisation étroite.
La même saison, Cobb continue d’apparaître dans des productions où l’autorité et la contrainte restent des moteurs dramatiques. Il ne cherche pas à adoucir ses emplois. Il les durcit, les resserre, les rend immédiatement lisibles dans le cadre.
De la télévision à « L’Exorciste »
En 1962, il joue dans « Le Virginien » sous le nom de Richter Henry Garth, puis comme Ritcher Henry Garth, et prend aussi part à « La Conquête de l’Ouest » dans le rôle de Marshal Lou Ramsey. La même année le replace au centre de grands récits collectifs, avec des figures de commandement nettement dessinées. Sa participation à « Bob Hope Presents the Chrysler Theatre » en 1963, comme Ernie Wigman, prolonge cette présence télévisuelle déjà installée.
Il retrouve le cinéma dans « L’Exorciste » en 1973, où il joue le lieutenant Bill Kinderman. Le contraste avec « Douze hommes en colère » tient moins au registre qu’à l’âge du personnage : un policier dépassé, pris dans un récit qui lui laisse peu de prise. Le rôle clôt presque une série d’emplois durs, de chefs, d’enquêteurs et de représentants de l’ordre dont Cobb a longtemps porté les signes.
Lee J. Cobb meurt le 11 février 1976 à Woodland Hills, à 64 ans. L’acteur né à New York le 8 décembre 1911 laisse derrière lui des films où le conflit passe souvent par la parole et par la pression exercée sur les autres personnages.
- 1937 : « Nuits d’Arabie » de David Butler ; « Au nord de Rio Grande » de Nate Watt ; « La Vallée des ruffians » de Nate Watt.
- 1939 : « L’Esclave aux mains d’or » de Rouben Mamoulian.
- 1941 : « Des hommes vivront » de Norman Taurog ; « Ici Londres » d’Edwin L. Marin.
- 1943 : « La Nuit sans lune » d’Irving Pichel ; « Tonight We Raid Calais » de John Brahm ; « La Vallée infernale » de Lesley Selander.
- 1944 : « La Victoire des ailes » de George Cukor.
- 1946 : « Anna et le Roi de Siam » de John Cromwell.
- 1947 : « L’Heure du crime » de Robert Rossen ; « Boomerang ! » d’Elia Kazan ; « Capitaine de Castille » de Henry King.
- 1948 : « Appelez nord 777 » de Henry Hathaway ; « Le Miracle des cloches » d’Irving Pichel ; « L’Énigmatique Monsieur Horace » de Henry Koster ; « La Fin d’un tueur » de Rudolph Maté.
- 1949 : « Les Bas-fonds de Frisco » de Jules Dassin.
- 1950 : « Captif de l’amour » de Felix E. Feist.
- 1951 : « Sirocco » de Curtis Bernhardt ; « Le Poids du remords » de Henry Levin.
- 1952 : « The Fighter » de Herbert Kline.
- 1953 : « Les Démons du Texas » d’Elmo Williams.
- 1954 : « Yankee Pasha » de Joseph Pevney ; « Panique sur la ville » de Harmon Jones ; « Sur les quais » d’Elia Kazan ; « Day of Triumph » de John T. Coyle et Irving Pichel.
- 1957 : « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet.
- 1958 : « La Cité sans voile » ; « The DuPont Show with June Allyson » ; « Westinghouse Desilu Playhouse ».
- 1959 : « Startime ».
- 1962 : « Le Virginien » ; « La Conquête de l’Ouest ».
- 1963 : « Bob Hope Presents the Chrysler Theatre ».
- 1973 : « L’Exorciste » de William Friedkin.
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