12h45, salon Versailles du Bristol à Paris. Le cliquetis des claviers résonne. Les téléphones se lèvent d’un bloc. La porte grince. James Cameron entre, suivi de Sigourney Weaver, Zoe Saldana, Sam Worthington et Stephen Lang. Et une nouvelle tête : Oona Chaplin, antagoniste du troisième opus. L’atmosphère est électrique, presque familiale.
Quelques heures plus tard, cette conférence de presse européenne aura dévoilé bien plus que des anecdotes de tournage. Entre les lignes, l’avenir incertain d’Avatar 4 et 5 s’est dessiné. Avec 1,4 milliard de dollars de recettes pour De feu et de cendres, la saga de Cameron traverse une zone de turbulences financières. Pourtant, le casting ne cache pas ses envies pour la suite.
L’essentiel à retenir
- James Cameron conditionne Avatar 4 et 5 au succès d’Avatar 3 : le budget astronomique oblige
- Michelle Yeoh confirmée au casting des prochains films dans le rôle de Palakpuelat, une Na’vi
- Le casting évoque une atmosphère familiale sur le plateau, essentielle à la saga
- Dates de sortie prévues : décembre 2029 pour Avatar 4, 2031 pour Avatar 5
- Cameron promet une conférence de presse pour révéler l’intrigue si les films ne se font pas
Quand Cameron vérifie le cadre avant de parler cinéma
13 heures pile. Tout le monde est en place. James Cameron, polo noir, jean noir, simplicité déconcertante pour un homme qui a révolutionné le cinéma à plusieurs reprises. Avant même de répondre à la première question, il s’assure que les caméras filment correctement. La conférence est diffusée en direct dans toute l’Europe.
« Pourquoi Avatar touche-t-il autant de gens à travers le monde ? » La question fuse. Cameron ne tergiverse pas. Son objectif a toujours été de traiter des sujets universels de l’histoire humaine. Identité, famille, devoir envers la communauté. Ces thèmes traversent les frontières et les générations.
Il parle d’appartenance. De respect. De cette quête perpétuelle de savoir où l’on se situe dans le monde. Pandora n’est qu’un prétexte visuel. Un écrin pour raconter des histoires profondément humaines.
Une famille à l’écran comme dans la vraie vie
Oona Chaplin, petite-fille du légendaire Charlie Chaplin, a rejoint l’univers Avatar pour incarner Varang, cheffe du clan du feu. Son témoignage résonne avec authenticité : « C’est impossible de faire semblant d’être une famille. »
Dès son arrivée sur le plateau, elle a ressenti cette connexion. La confiance. L’encouragement mutuel. Les défis lancés entre acteurs. Pas de faux-semblants. Juste une alchimie rare, presque palpable.
Zoe Saldana renchérit. Pour elle, James Cameron n’est pas seulement un réalisateur. Il accompagne ses acteurs comme un père, tout en restant le capitaine du navire. Même si les comédiens plaisantent en disant qu’il est parfois plus facile de parler quand il n’est pas dans la pièce.
Stephen Lang et le souvenir indélébile de son casting
Lorsqu’on demande aux acteurs quel moment les a le plus marqués, Stephen Lang remonte à 2009. Pas une scène spectaculaire. Pas un effet visuel bluffant. Non. L’annonce de sa sélection pour jouer le Colonel Miles Quaritch.
Il se souvient avoir été remercié pour avoir lu le scénario. Comme s’il faisait une fleur à James Cameron et Jon Landau. Pourtant, c’est lui qui n’avait jamais reçu pareille offre. Ce moment fondateur restera gravé toute sa vie.
La scène qui a frappé Cameron au cœur
Pour le septuagénaire canadien, une séquence domine. Celle de la mort de Neteyam, fils aîné de la famille Sully, dans La Voie de l’eau. Le silence sur le plateau ce jour-là. Le poids porté par chacun. L’émotion brute.
Cameron décrit le jeu de Zoe Saldana comme « frappant, puissant, bestial ». Exactement ce qu’il fallait pour Neytiri, cette mère Na’vi déchirée par la perte. Sam Worthington, à ses côtés, a porté la scène avec une retenue dévastatrice.
Saldana, de son côté, salue les jeunes acteurs incarnant les enfants Sully. Pour elle, ce sont les nouveaux héros du troisième opus. Une passation de relais naturelle, organique.
Avatar 4 et 5 : entre espoir et incertitude
Alors que la conférence touche à sa fin, une question plane. Y aura-t-il vraiment un Avatar 4 et 5 ? Les chiffres d’Avatar 3 inquiètent. 1,4 milliard de dollars, c’est colossal. Mais c’est moins que les 2,3 milliards d’Avatar 2 et les 2,7 milliards du premier film.
Avatar 3 a coûté très cher. Environ 400 millions de dollars de budget de production, sans compter les 200 à 300 millions de promotion. Pour être rentable, il doit doubler sa mise au box-office. Le seuil se situe entre 1,2 et 1,4 milliard. Techniquement, c’est atteint. Mais la marge est mince. Mais Avatar se hisse en tête des sites les plus rentable de l’histoire.
Michelle Yeoh confirmée pour les prochains films
Malgré ces interrogations financières, Cameron a lâché une information capitale. Michelle Yeoh rejoindra officiellement Avatar 4 et 5. Elle incarnera Palakpuelat, une Na’vi dont le rôle reste encore mystérieux.
Le réalisateur a précisé à la chaîne taïwanaise TVBS News : « Michelle sera assurément dans le 4, si nous en faisons un. » Cette tournure conditionnelle dit tout. Rien n’est gravé dans le marbre.
Cameron a aussi révélé que, comme pour les opus 2 et 3, les épisodes 4 et 5 seraient tournés simultanément. Une seule et même histoire, découpée en deux films. Les dates de sortie ? Décembre 2029 et 2031. Si tout se passe bien.
La promesse de Cameron : une conclusion coûte que coûte
James Cameron n’a pas l’habitude de laisser les choses en suspens. Lors d’un entretien avec Entertainment Weekly, il a fait une promesse solennelle. Si Avatar 4 et 5 ne se font pas, il tiendra une conférence de presse pour révéler l’intrigue complète.
« Je ne sais pas si la saga ira au-delà de ce point. J’espère que oui. Mais si nous ne parvenons pas à faire les 4 et 5, pour quelque raison que ce soit, je tiendrai une conférence de presse et je vous dirai ce que nous allions faire. »
Une garantie rare dans l’industrie. Cameron refuse que ses fans restent dans le vide. Il a aussi évoqué l’idée d’adapter ces histoires en romans, mais reconnaît que le modèle économique n’existe plus. Les gens ne lisent plus assez pour rendre cela viable.
Des années de développement, des montagnes de détails
Le cinéaste insiste : « Il y a tellement de culture, d’histoire et de détails secondaires dans ces personnages qui ont été élaborés. » Tout est écrit. Tout est prêt. Reste à savoir si Disney donnera son feu vert.
Les studios n’ont pas encore officialisé Avatar 4 et 5. Cameron a néanmoins précisé que quelques séquences du quatrième opus ont déjà été tournées. Essentiellement des flashbacks, pour combler l’ellipse temporelle entre Avatar 3 et 4.
Un business plan impossible, selon Cameron
En 2022, James Cameron avait qualifié Avatar de « pire business plan de l’histoire du cinéma ». Pas une blague. La recherche et développement, la capture de performance, la post-production étendue… Tout cela coûte une fortune.
Bien sûr, la saga génère des revenus ailleurs. Disney+, les parcs à thème, les produits dérivés. La zone Pandora à Animal Kingdom en Floride est un succès. D’autres parcs Disney pourraient suivre. Mais Avatar n’est pas Marvel ou Star Wars. Pas de comics à foison, pas de séries spin-off. Juste un jeu vidéo, Frontiers of Pandora, et quelques bandes dessinées.
La question est donc simple : Disney peut-il se permettre d’investir encore 1 milliard de dollars sur deux films dont le public semble se détacher progressivement ?
Réduire les coûts, seule issue ?
Cameron en est conscient. Durant la promotion d’Avatar 3, il a martelé l’importance de réduire les coûts de production à Hollywood. La recherche technologique a été faite. Les 13 ans entre Avatar 1 et 2 ont servi à développer des outils révolutionnaires.
Maintenant que la machine est en place, peut-être qu’Avatar 4 et 5 pourraient être produits pour moins cher. Mais certains analystes, cités par Variety, avancent une autre théorie. Le public n’a pas été aussi impressionné par Avatar 3 que par Avatar 2. Pas de fossé technologique suffisant.
Cameron est-il coincé dans une escalade du spectacle ? Chaque film doit dépasser le précédent visuellement. Sinon, les curieux ne se déplacent pas. Mais chaque surenchère coûte plus cher.
Quand les petites disputes révèlent la complicité
Au Bristol, en fin de conférence, une scène résume tout. James Cameron et Sigourney Weaver se coupent la parole. Ils se disputent presque, comme un père et sa fille lors d’un dîner de famille. Les autres acteurs sourient. Le public aussi.
Personne ne manque de rappeler la qualité du travail de chacun. Oona Chaplin remercie le groupe de l’avoir accueillie. Zoe Saldana met en lumière les jeunes talents. Stephen Lang évoque Jon Landau, producteur historique de la saga, décédé en juillet 2024.
Quand tout le monde quitte le salon, on regrette de ne pouvoir partir avec eux. De ne pas continuer à les entendre parler pendant des heures. Cette famille Avatar existe bel et bien. Pas seulement à l’écran.
Avatar, un héritage qui se joue maintenant
Avatar 3 termine sa course au box-office. Les estimations initiales le plaçaient entre 1,5 et 1,8 milliard. Il terminera probablement autour de 1,6 milliard. Honorable, mais en deçà des attentes.
Pour autant, la saga reste le troisième plus gros succès de 2025, derrière Zootopie 2 et Ne Zha 2. Pas si mal dans une industrie en pleine mutation, où les spectateurs sont de plus en plus sélectifs.
Disney doit maintenant trancher. Investir massivement dans Avatar 4 et 5, ou clore la saga à trois films. Cameron, lui, a déjà fait son choix. Il racontera cette histoire, d’une manière ou d’une autre. Même si c’est lors d’une simple conférence de presse.
Les acteurs, eux, espèrent retrouver Pandora. Oona Chaplin a parlé de « sentiment prenant ». Zoe Saldana de « père ». Stephen Lang de « privilège ». Tous veulent continuer. Reste à savoir si le public suivra.
Rendez-vous en décembre 2029. Ou pas.
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.


