April X : Connor Storrie à l’étroit dans une SF de recyclage

Clonage humain, rêves à vendre : le film de Michel K. Parandi accumule les promesses, mais nourrit trop peu son personnage principal.

Connor Storrie tient son rôle dans April X; le scénario, lui, lui laisse peu de quoi travailler. Cette dystopie rassemble des ingrédients de science-fiction familiers sans leur donner suffisamment de personnalité.

Sommaire2 sections
  1. 01Des clones jusque dans le scénario
  2. 02Storrie, moteur sans carburant

Réalisé par Michel K. Parandi, qui cosigne le scénario avec Jack Coulter, le long métrage suit les jumeaux Baxter et April dans un futur où le clonage humain côtoie la commercialisation des rêves. Deux idées qui placent l’identité et l’intimité au centre du dispositif. Sur le papier, on tient de quoi alimenter un récit autrement plus singulier qu’un simple assemblage de motifs connus.

Le problème n’est pas de reconnaître les ingrédients, mais de chercher ce que le film en fait.

Des clones jusque dans le scénario

Scène officielle : April X
April X © Droits réservés

Le récit souffre précisément de cette impression de recyclage. Ses éléments semblent empruntés à d’autres œuvres de science-fiction, sans que leur combinaison produise une proposition assez originale. Le clonage devient presque une mauvaise blague involontaire : le sujet du film ressemble aussi à son défaut.

On ne demande pas à chaque dystopie de faire table rase du genre. Encore faut-il que les idées déjà vues trouvent une nécessité propre, un personnage qui les éprouve plutôt qu’un récit qui les empile. Ici, la minceur de Baxter fragilise ce point d’ancrage : les concepts occupent la place que son écriture ne remplit pas.

Storrie, moteur sans carburant

Scène officielle : April X
April X © Droits réservés

Connor Storrie interprète Baxter avec compétence. C’est le mérite le plus net du film, et sa frustration la plus concrète : l’acteur porte un personnage trop peu nourri pour donner toute sa mesure. L’interprétation et l’écriture ne jouent pas dans la même équipe. Pas franchement un cadeau pour celui qui doit tenir la barre.

Cette limite distingue un rôle faible d’une prestation faible. Storrie ne manque pas à l’appel; c’est la matière dramatique qui lui manque. Un acteur peut porter un personnage, pas lui inventer une épaisseur que le scénario ne lui donne pas.

Tourné en Roumanie, notamment à Bucarest, April X dure 92 minutes et porte la classification américaine PG-13. Son exploitation en salles aux États-Unis accompagne donc un long métrage au format resserré, mais dont la brièveté ne corrige ni les emprunts du récit ni les limites de Baxter.

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