Le xénomorphe revient hanter nos écrans, et cette fois, il ramène avec lui des secrets enfouis depuis des années. Fede Álvarez, réalisateur du septième volet de la saga culte, vient de lever le voile sur un mystère qui intrigue les fans : comment son film se connecte-t-il aux préquelles controversées de Ridley Scott ?
L’essentiel à retenir
- Alien : Romulus se déroule entre le premier film (1979) et Aliens (1986), en 2142
- Le film récupère directement le xénomorphe éjecté par Ripley dans le premier opus
- La substance noire de Prometheus revient au cœur de l’intrigue
- Un nouvel hybride mi-humain mi-xénomorphe ressemble aux Ingénieurs
- Fede Álvarez confirme le lien intentionnel avec les préquelles de Ridley Scott
Quand le passé rattrape l’espace
Dès les premières minutes d’Alien : Romulus, le ton est donné. La caméra glisse entre les débris du Nostromo, ce vaisseau mythique dont l’équipage a péri face à la créature. Un module de la Weyland-Yutani récupère alors le xénomorphe que Ripley avait éjecté dans le vide spatial vingt ans plus tôt. Ce prologue n’est pas anodin : il ancre immédiatement le nouveau film dans la continuité directe du classique de 1979.
Mais Álvarez ne s’arrête pas là. Sur la station Renaissance, abandonnée et dérivant dans l’espace, Rain et son groupe tombent sur Rook, un androïde scientifique. Son visage ? Celui d’Ash, l’androïde du premier film joué par feu Ian Holm. Cette résurrection numérique, rendue possible avec l’accord de la famille de l’acteur, crée un pont troublant entre les époques.
Le mystère de la substance noire révélé
C’est dans les laboratoires de la station que le film dévoile ses cartes les plus audacieuses. Rook explique aux survivants que les scientifiques travaillaient sur quelque chose d’extraordinaire : un sérum dérivé de l’ADN du xénomorphe. Cette substance permettrait à l’humanité de s’adapter à n’importe quel environnement spatial, surmontant les limites de l’évolution naturelle.
Álvarez confirme sans détour le rapprochement : « Le liquide noir est la source de tout ce qui a été introduit dans Prometheus. C’est la source de toute vie, mais plus précisément les xénomorphes viennent de là. »
Pour le réalisateur, la logique était implacable. Si cette substance a créé les Ingénieurs dans Prometheus, et si elle coule dans les veines des xénomorphes, alors tout hybride issu de ce mélange devait forcément ressembler à ces créateurs primordiaux.
Kay et la naissance de l’horreur
L’un des moments les plus perturbants du film survient lorsque Kay, gravement blessée et enceinte, s’injecte le sérum dans l’espoir de survivre. Elle ne se doute pas qu’elle vient de sceller son destin. La jeune femme accouche alors d’une créature hybride qui grandit à vitesse fulgurante, prenant l’apparence d’un être longiligne, à mi-chemin entre l’humain et le xénomorphe.
Son visage déformé rappelle immédiatement les Ingénieurs de Prometheus. Álvarez insiste sur ce choix délibéré : relier tous les films de la saga, des origines cosmiques aux horreurs viscérales. Cette créature baptisée « Offspring » incarne la fusion des mythologies, celle des dieux créateurs et celle des prédateurs parfaits.
Un hommage qui divise
Fede Álvarez ne cache pas son ambition : Alien : Romulus devait être un film-passerelle entre toutes les époques de la franchise. Ridley Scott, producteur du projet, lui a laissé carte blanche tout en restant disponible pour conseils. Après avoir visionné le film terminé, Scott aurait simplement lâché : « What can I say ? The film is fucking great. »
Pourtant, cette volonté de réconciliation divise. Prometheus et Alien : Covenant, bien que visuellement époustouflants, ont déçu une partie du public par leur éloignement de l’horreur pure du premier film. En réintroduisant la substance noire et les Ingénieurs, Álvarez prend le risque de raviver les frustrations.
Mais il assume pleinement. Pour lui, ignorer ces préquelles aurait été une injustice envers ceux qui y ont travaillé. Et surtout, ces films font partie de l’ADN de la franchise, que cela plaise ou non.
Entre nostalgie et innovation
Au-delà des connexions scénaristiques, Alien : Romulus brille par son retour aux fondamentaux. Álvarez privilégie les effets pratiques : animatroniques, marionnettes, maquettes de vaisseaux filmées à l’ancienne. Les facehuggers, longtemps cantonnés à des rôles mineurs, deviennent ici des menaces à part entière.
Le réalisateur s’est inspiré du jeu vidéo Alien: Isolation, sorti en 2014, pour recréer cette atmosphère de claustrophobie étouffante. Chaque couloir de la station Renaissance respire le danger, chaque ombre cache une mort potentielle. La photographie orange et sombre, signée Galo Olivares, rappelle l’esthétique rétro-futuriste du film original.
Une saga qui refuse de mourir
Avec plus de 350 millions de dollars récoltés au box-office mondial et des critiques majoritairement positives, Alien : Romulus prouve que la franchise a encore de beaux jours devant elle. Le film cartonne particulièrement en Chine, où il dépasse les 90 millions de dollars de recettes.
Fede Álvarez a déjà confirmé travailler sur une suite, dont le tournage pourrait débuter fin 2025. Il évoque même l’idée d’un crossover Alien vs. Predator avec Dan Trachtenberg, réalisateur de Prey. L’univers continue de s’étendre, entre films, séries et bandes dessinées.
Mais au-delà du business, Romulus réussit là où tant d’autres ont échoué : il réconcilie l’héritage du passé avec les exigences du présent. En assumant pleinement les choix de Ridley Scott tout en retrouvant l’essence horrifique des origines, Álvarez signe un film qui honore la mémoire d’Alien sans la momifier.
Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. Mais sur Terre, les fans continueront longtemps de débattre de ce qui fait battre le cœur acide de cette saga immortelle.
