À Busan, le réalisateur revisite son film avec Jonas Cuarón et évoque une envie de comédie, sans annoncer de projet.
Alfonso Cuarón place désormais la vie devant le cinéma : il l’a expliqué lors de sa masterclass à Busan, le 8 octobre 2026. Un changement de priorités, pas une annonce de retraite, alors qu’il exprime aussi une envie de comédie.
La rencontre au Festival international du film de Busan venait après des retrouvailles avec Gravity, sorti en 2013. Alfonso et son fils Jonas, coscénariste du long métrage, avaient revu le film après une projection Imax. Ce retour sur leur travail commun réunissait deux conversations : comment fabriquer une expérience de cinéma, et quelle place lui laisser dans une existence.
Avec Sandra Bullock et George Clooney au casting, ce long métrage de 91 minutes offre un point de départ précis à cet échange. Le père revient sur les outils employés; le fils sur le moteur du récit. La mécanique est sophistiquée, mais Jonas ramène la discussion à une idée simple : renaître après la perte.
Des robots, des LED et une raison de vivre

Alfonso Cuarón a détaillé un dispositif associant une boîte lumineuse LED conçue sur mesure, des caméras robotisées et des effets numériques. Trois composantes qui permettent de parler concrètement de la fabrication de Gravity, plutôt que de ranger son travail sous l’étiquette commode de la prouesse technique. On ouvre le capot, pas le catalogue des superlatifs.
Jonas Cuarón déplace, lui, l’attention vers l’écriture. Il décrit une renaissance après la perte, portée par peu de dialogues et par un environnement où chaque action compte. Son explication fait du geste un élément central du récit : la parole occupe moins de place, tandis que les actions portent le cheminement du personnage.
Ces deux interventions éclairent des niveaux différents du même film. L’une décrit les moyens de production de l’image; l’autre précise ce que le scénario cherche à raconter. Les confondre ferait perdre l’essentiel de leur échange : une boîte LED ne raconte pas, à elle seule, une renaissance. Le matériel et le motif dramatique ne jouent pas dans la même catégorie.
La vie reprend le premier rôle

La déclaration du réalisateur sur ses priorités prend un relief particulier à côté de cette lecture de Jonas. D’un côté, un film dont le coscénariste parle comme d’un récit de retour à la vie; de l’autre, un cinéaste qui accorde maintenant davantage d’importance à la vie qu’au cinéma. Le rapprochement est tentant. Il ne constitue pas pour autant une explication biographique du film.
Busan accueillait également le travail actuel de Jonas Cuarón : il y a présenté Campeón Gabacho en première asiatique, dans la section World Cinema. La rencontre ne se limitait donc pas à regarder derrière soi. Le fils accompagnait aussi son propre long métrage, à côté de cette relecture de leur scénario commun.
Changer de gravité, pas raccrocher

Alfonso Cuarón a indiqué qu’il aimerait réaliser une comédie et apprendre de cinéastes plus jeunes. Voilà qui évite de transformer sa hiérarchie personnelle en faire-part de départ. Ces envies restent des envies, pas l’annonce d’un film en préparation. Le réalisateur parle encore de cinéma, mais aussi de ce qu’il souhaite y découvrir : un autre registre, et les façons de travailler d’une génération plus jeune.

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