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Mondial de l’Auto 2026 : cinq voitures à voir pour 2027, et un piège à éviter

Publié le Mis à jour le 7 min de lecture
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Au Mondial de Paris, du 13 au 18 octobre, il y aura des voitures à acheter, des voitures à attendre et des voitures à photographier sans trop savoir quand elles rouleront. On a retenu cinq modèles qui racontent quelque chose de l’année 2027 : la Dacia Spring, la smart #2, le Dacia Striker, la Fiat Grizzly et la Leapmotor B03. Pas pour leur promesse de « révolution », mais pour les questions très ordinaires qu’ils devront régler : combien ça coûte, jusqu’où ça va et qu’est-ce qu’on met dedans?

Le salon réserve le 12 octobre à la presse, puis ouvre au public le 13. Renault Group annonce 50 véhicules et concepts sur ses espaces; Stellantis en promet plus de 60. Ce retour des grands stands a quelque chose de rassurant pour les organisateurs, mais le nombre de voitures sous les spots ne dit rien de leur intérêt une fois garées devant chez soi. Pour préparer la visite, les dates et informations pratiques du Mondial sont déjà réunies chez NR Magazine.

Le marché, lui, ne patiente pas jusqu’à l’ouverture des portes. D’après les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles publiées en septembre 2026, les électriques représentaient 21,7% des immatriculations neuves dans l’Union européenne de janvier à août, contre 15,8% sur la même période en 2025. Les hybrides restent devant, à 36,6%. On comprend pourquoi les constructeurs veulent occuper tous les créneaux, de la puce de ville au gros véhicule familial. On comprend moins pourquoi certains persistent à présenter chaque nouvelle carrosserie comme une idée que personne n’avait eue avant eux.

IMPORTANT : « voiture pour 2027 » ne signifie pas « nouveauté dévoilée en 2027 ». Certaines sont déjà commandables, d’autres doivent encore révéler leur tarif ou leur version de série. C’est cette différence qui mérite d’être gardée en tête devant les stands.

Spring : le prix pousse, les questions aussi

A man leans against a Dacia car on a scenic road at sunset, capturing a sense of wanderlust.

La nouvelle Dacia Spring ne sera pas une surprise du Mondial : Dacia l’a présentée et ouverte à la commande en septembre 2026. Elle mérite pourtant qu’on s’y arrête. Cette deuxième génération est fabriquée en Slovénie, affiche quatre places, un moteur de 80 ch, une batterie de 27,5 kWh utiles et jusqu’à 250 km d’autonomie annoncée selon le cycle WLTP. Dacia promet une gamme sous 20 000 € hors aides, avec une version d’entrée sous 18 000 €. Pour une petite électrique, c’est le genre de chiffre qu’on va voir sur la fiche collée au pare-brise avant même d’ouvrir la portière.

Le détail à examiner ensuite se trouve du côté de la prise. La recharge en courant alternatif est limitée à 6,6 kW de série; la recharge rapide en courant continu, annoncée jusqu’à 50 kW, demande une option. Autrement dit, deux Spring affichées au même salon peuvent ne pas convenir au même usage. Si votre quotidien consiste surtout en trajets locaux avec une possibilité de recharge à domicile, la fiche a du sens. Si vous comptez souvent prendre l’autoroute, demandez le prix de la voiture avec recharge rapide et comparez-le à celui de la Twingo électrique que nous avons passée au crible. Le prix d’appel n’a jamais payé une borne d’autoroute.

Et ne prenez pas les 250 km WLTP pour une promesse de trajet hivernal. Lors d’un essai publié en janvier 2026, l’automobile-club allemand ADAC a soumis 14 électriques familiales à une simulation d’autoroute par 0 °C : leurs autonomies mesurées s’écartaient sensiblement des valeurs WLTP. L’ADAC n’a pas testé cette nouvelle Spring dans ce protocole ; son étude rappelle simplement pourquoi le cycle d’homologation ne suffit pas à prévoir un voyage. Sur le stand, posez la question qui fâche : « À quelle vitesse puis-je rouler, par temps froid, avant de devoir recharger? »

Smart #2 : la ville réclame sa place

La smart #2, elle, a une vraie première mondiale à jouer à Paris. La marque a annoncé qu’elle y dévoilerait sa petite deux-places électrique de série, après avoir montré un Concept #2 en avril 2026. Ce dernier mesurait 2,79 mètres et avançait près de 300 km d’autonomie WLTP. Tentant, mais ce sont des données de concept : il faudra attendre la voiture définitive pour connaître ses caractéristiques homologuées et son prix.

L’intérêt de la #2 n’est pas de faire rentrer une famille de quatre dans deux sièges, surprise. Il est de voir si une voiture pensée d’abord pour les rues encombrées peut encore séduire autrement que par la nostalgie de la Fortwo. Une fois devant elle, regardez l’accès à bord, le coffre et la largeur réelle des portes. Puis demandez le tarif. Une petite voiture qui prend peu de place mais coûte le prix d’une plus grande, c’est surtout une grande contradiction.

Striker : le break n’a pas dit son dernier mot

Avec le Striker, Dacia prend le contre-pied du réflexe « encore un SUV ». Ce modèle de 4,62 mètres conserve certes une garde au sol élevée et des attributs de crossover, mais sa silhouette allongée emprunte aussi au break familial. Présenté en juillet 2026, il doit être proposé notamment en hybride et en version 4×4. Dacia annonce un prix de départ inférieur à 25 000 €. C’est assez pour attirer l’attention; pas encore assez pour savoir ce que coûtera la configuration que les familles choisiront vraiment.

Sur place, oubliez une minute les photos de profil. Installez un adulte à l’arrière, ouvrez le coffre et vérifiez ce qu’il reste de place une fois la banquette utilisée normalement. Demandez aussi quelle motorisation correspond au tarif d’entrée et combien coûte la version hybride. Un break n’est pas pratique parce que sa publicité montre trois valises; il l’est quand les trois valises entrent sans négociation.

Grizzly et B03 : voisins de stand, vrais rivaux ?

Fiat présentera à Paris le Grizzly et le Grizzly Fastback, deux interprétations d’un SUV familial. Stellantis a confirmé leur présence, mais c’est au salon que les questions concrètes devront trouver réponse : dimensions, places utilisables, motorisations, prix et calendrier de vente. Avant cela, proclamer le Grizzly « rival du Striker » serait aller un peu vite. On sait qu’ils courtisent tous deux les familles; on ne sait pas encore ce qu’ils leur demanderont à la caisse.

La Leapmotor B03 mérite le détour pour une autre raison. Stellantis annonce la première européenne de cette compacte électrique à Paris, alors que sa coentreprise accompagne déjà le déploiement de la marque chinoise. Voilà une scène assez parlante : un grand groupe européen présente, parmi ses autres nouveautés, une voiture venue renforcer la concurrence sur le terrain des électriques abordables. Pour la B03, le juge de paix sera le même que pour les autres : un prix français, une dotation claire et des données de recharge comparables, pas seulement une fiche pleine d’écrans.

Le piège du concept, option impatience

a blue sports car on display at a car show

Il y aura aussi de quoi rêver devant la future Alpine A110. Seulement voilà : ce qu’Alpine a annoncé pour Paris est une sculpture préfigurant la prochaine génération, pas la sportive de série. Elle peut révéler une direction esthétique; elle ne permet de juger ni son poids, ni son autonomie, ni son comportement. La regarder comme un avant-goût, oui. En déduire que l’A110 électrique a déjà réussi son virage, non.

Ce distinguo compte au-delà d’Alpine. Une analyse publiée en juillet 2025 par l’International Council on Clean Transportation estime qu’en moyenne, sur l’ensemble du cycle de vie, une électrique vendue dans l’Union européenne émet 73% de gaz à effet de serre de moins qu’une voiture à essence comparable. L’étude tient compte notamment de la fabrication du véhicule et de la batterie, de l’énergie consommée et de l’utilisation. Elle donne une raison sérieuse de s’intéresser à l’électrification, pas un blanc-seing à chaque gros concept électrique aperçu sous une housse. Une voiture réellement produite, au bon prix et adaptée à son usage, reste plus intéressante qu’une promesse brillante sur une estrade.

À Paris, on ira donc voir les cinq voitures pour des raisons différentes : la Spring pour vérifier ce que son petit prix comprend, la #2 pour découvrir sa version de série, le Striker pour tester sa place à bord, le Grizzly pour obtenir enfin des chiffres et la B03 pour prendre la mesure d’une nouvelle concurrente. Quant aux concepts, on les photographiera aussi. On a le droit d’aimer les jolies formes sans signer tout de suite le bon de commande.

Vincent Bazire
Écrit par

Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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