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    Nrmagazine » Salaires de mannequins de 150 € la journée à 40 millions par an : l’envers du podium
    Blog emploi 4 mai 2026Mise à jour:4 mai 20268 Minutes de Lecture

    Salaires de mannequins de 150 € la journée à 40 millions par an : l’envers du podium

    On vous vend du rêve, des paillettes et des contrats à sept chiffres. La réalité du mannequinat, c'est surtout une industrie à deux vitesses où la majorité galère au SMIC pendant qu'une poignée d'élues décrochent la lune, et les marques de luxe font semblant de ne pas voir la différence.
    Dynamic adult woman in yellow skirt, holding a megaphone, surrounded by fake money on white backdrop.
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    Le mythe Kendall, ou comment mentir avec des chiffres vrais

    Kendall Jenner. Gigi Hadid. Bella Hadid. Ce trio de podiums a engrangé respectivement 40, 30 et 28 millions de dollars en 2024 selon les estimations du secteur. Des chiffres qui circulent sur tous les sites mode, qui ornent les fils de réseaux sociaux en or, et qui alimentent depuis des décennies le fantasme d’une profession glamour où le simple fait d’être belle suffit à devenir riche. L’industrie raffole de cette narration, parce qu’elle fait vendre du rêve, des cours de pose et des formations en agence à 2 000 euros.

    Sauf que Kendall Jenner n’est pas mannequin. Kendall Jenner est une célébrité issue d’une émission de téléréalité qui a fait du catwalk un accessoire de personal branding. Confondre son cas avec le métier réel de mannequin, c’est mesurer le salaire moyen d’un médecin en incluant celui de Patrick Pelloux dans un cabinet parisien du 7e. Pas mensonger. Juste parfaitement inutile.

    Ce que dit vraiment la convention collective (et c’est moins sexy)

    Revenons sur terre et sur le droit du travail français, qui encadre l’activité depuis la convention collective nationale des mannequins adultes et enfants de moins de seize ans (IDCC 2397). L’avenant n° 2 du 22 janvier 2025 fixe un plancher horaire à 74,70 euros bruts hors congés payés. Un mannequin débutant touche en pratique 180 euros bruts pour une séance photo de quatre heures, un profil confirmé décroche entre 250 et 500 euros pour un lookbook, et un défilé haute couture oscille entre 400 et 1 200 euros bruts selon la notoriété du modèle. Sur le papier, ça fait envie. Dans la réalité d’une semaine où il n’y a qu’un seul défilé, ça fait 400 euros bruts pour sept jours d’existence.

    Le salaire moyen en France tourne autour de 2 500 à 2 869 euros bruts mensuels tous profils mélangés, avec une fourchette réelle qui s’étale de 2 181 euros en bas de grille jusqu’à 4 000 euros pour les profils confirmés parisiens. Un mannequin confirmé à Paris gagne sensiblement autant qu’un développeur junior en télétravail depuis Rouen, avec en prime l’instabilité contractuelle, les frais d’agence et la durée de vie limitée d’une carotte. Et encore, on parle ici des chanceux qui ont décroché un contrat, parce que le Code du travail est formel : en France, un mannequin ne peut pas exercer en indépendant. Pas de micro-entreprise, pas de facturation directe. Soit on passe par une agence, soit on sort du cadre légal.

    « Un mannequin ne peut être considéré comme un travailleur indépendant et être payé sur facture », précise la circulaire du 20 décembre 2007, une disposition régulièrement contournée dans les faits, comme le relèvent les avocats spécialisés en droit du mannequinat.

    The Model, The Mannequin, and Me (2025) explore précisément ces failles du système, entre contrats précaires et illusions entretenues par les grandes agences. Un film à voir avant de signer quoi que ce soit.

    L’agence prend sa part, et pas qu’un peu

    La relation tripartite qui structure le secteur, mannequin, agence, client, est une mécanique bien huilée pour l’agence. La commission standard oscille entre 20 et 30 % prélevés sur les honoraires du modèle. Mais la convention collective prévoit elle-même que le mannequin adulte perçoit au minimum 33 % des sommes versées par le client pour la presse, et 36 % pour la publicité. Ce qui revient à dire qu’une large part du budget de production d’une campagne ne voit jamais les mains de celle qui est devant l’objectif. Jordan Barrett, icône de la génération réseaux sociaux, a été l’un des premiers à parler publiquement de ces déséquilibres, avant que d’autres ne lui emboîtent le pas.

    Pour celles et ceux qui atteignent le niveau campagne internationale, les montants deviennent plus intéressants : entre 800 et 5 000 euros pour une campagne print, jusqu’à 2 500 euros pour une publicité télévisée d’une journée. Un contrat d’exclusivité annuel avec une grande maison peut aller de 30 000 euros pour un profil en ascension à plusieurs centaines de milliers pour une égérie établie. Mais ces cas représentent une infime fraction des 10 000 personnes qui, chaque année en France, se déclarent mannequins professionnels.

    La pyramide des revenus dans le mannequinat : 0,1 % qui font la une de Forbes, 99,9 % qui font la queue au casting.

    Le backstage de l’enfer, ou la main invisible du podium

    L’argent, c’est une chose. Les conditions de travail en sont une autre, et là le secteur se distingue par un art consommé du silence. Le Monde rapportait dès 2017 les déclarations du directeur de casting James Scully, qui avait publiquement dénoncé des comportements lors des castings Balenciaga : 150 mannequins maintenues dans l’obscurité d’une cage d’escalier, l’une d’elles ayant attendu dix-sept heures avant les essayages de son premier grand défilé. Dix-sept heures, sans nourriture, sans eau, sans explication. « Nous sommes parfois traitées comme des chiens », témoignait anonymement une modèle dans une enquête de Models.com. Le luxe, on vous dit.

    La France a légiféré pour tenter de circonscrire les abus les plus visibles. La loi de 2017 oblige désormais les agences à exiger un certificat médical attestant de la bonne santé des mannequins et interdit les mineurs de moins de seize ans sur les podiums. Des avancées réelles, mais qui n’effacent pas une culture de l’industrie où l’attente gratuite, l’humiliation administrative et les retards de paiement restent des rites de passage. En 2022, Mixte Magazine documentait encore des abus psychologiques systémiques, une précarité endémique et des pratiques contractuelles proches de la captation d’image à bas coût. La loi protège sur le papier. Le podium, lui, a ses propres règles.

    Top Model (2003) reste un document d’époque sur cette ambiance poisseuse de castings, où la sélection par la souffrance est présentée comme normale, presque vertueuse. Vingt ans plus tard, le scénario a peu changé.

    Les PDG s’en sortent mieux (quelle surprise)

    Pendant que les mannequins négocient leur cachet de 280 euros pour quatre heures de shooting, les dirigeants des maisons qui les emploient ont vécu une autre réalité en 2024-2025. Selon un rapport de WWD analysé par NSS Magazine, sur 50 PDG du secteur mode et luxe, 25 ont enregistré une augmentation salariale d’au moins 10 millions de dollars sur l’année écoulée. Le salaire moyen des vingt-cinq mieux payés a progressé de 23,5 % en 2024, pendant que Burberry procédait à des licenciements massifs. Certains dirigeants ont touché jusqu’à 61 millions de dollars. L’équation est simple : moins on porte les vêtements, plus on gagne d’argent dans ce secteur.

    On pourrait voir là une ironie savoureuse. C’est en fait la logique économique d’une industrie qui a toujours traité le corps comme une matière première. Le corps du mannequin est l’outil de production : il se loue, se remplace, se recycle. Pas besoin de lui verser des stock-options.

    La génération réseaux sociaux a changé les règles (un peu)

    L’irruption des réseaux sociaux dans le mannequinat a redistribué partiellement les cartes. Un profil avec 500 000 abonnés peut négocier ses propres contrats de partenariat de marque, court-circuiter l’agence traditionnelle et construire une rémunération complémentaire significative. La commission d’agence atteignant parfois 30 % a poussé de nombreux modèles vers cette voie hybride : représentation classique pour les castings d’envergure, contenu sponsorisé en direct pour l’ordinaire. La diversification est devenue une survie.

    Sauf que la logique du nombre d’abonnés reproduit exactement la même pyramide que les agences traditionnelles : les 1 % d’influenceurs au sommet captent l’essentiel des budgets, et les autres créent du contenu gratuit en espérant que l’algorithme les remarque un jour. On a juste remplacé la cage d’escalier de Balenciaga par un studio loué à ses propres frais. Le progrès.

    Le documentaire Models disponible en vidéo plonge dans cette réalité contemporaine du mannequinat à l’ère des réseaux, entre aspirations légitimes et désillusions programmées.

    La réalité des salaires de mannequins tient en une phrase que personne dans l’industrie n’a envie d’imprimer sur un tote bag : c’est un des rares métiers où l’on vous vend le rêve d’être Kendall Jenner pour mieux vous faire accepter d’être payé comme un stagiaire. Et tant qu’on continuera d’ouvrir les articles mode avec les chiffres des tops internationaux plutôt qu’avec la grille de la convention collective, rien ne changera vraiment. Sauf peut-être le nombre de castings où des candidates attendent six heures dans un couloir pour décrocher 180 euros bruts. Ça, ça ne change pas.

     

    Vincent
    Vincent

    Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.

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