Thermique, électrique ou hybride : peu importe la source d’énergie. Ce qui compte, c’est le résultat. Des temps au tour qui pulvérisent des records vieux de plusieurs décennies. Des accélérations qui défient la physiologie humaine. Des ingénieurs qui repoussent les lois de la physique avec autant d’audace que de précision.
Ce classement n’est pas une liste de chiffres froids. C’est le portrait d’une époque, celle où la puissance absolue est redevenue le terrain de jeu des constructeurs les plus ambitieux de la planète.
En un coup d’œil
- La Yangwang U9 Xtreme domine avec plus de 3 000 ch et un record au Nürburgring en 6 min 59 s
- La Rimac Nevera R atteint 2 107 ch et boucle le 0-100 km/h en 1,81 seconde
- La Bugatti Tourbillon ressuscite le V16 atmosphérique avec 1 800 ch combinés
- La Hennessey Venom F5 pousse un V8 thermique à 1 817 ch pour 438 km/h
- L’hybridation s’impose comme la norme dans toutes les nouvelles supercars
- La Chine s’impose, pour la première fois, comme un acteur crédible du segment hypercar mondial
La Yangwang U9 Xtreme : quand la Chine explose les records

Personne ne l’avait vraiment vu venir. BYD, le géant chinois de la mobilité électrique, n’était pas censé jouer dans cette cour. Et pourtant, la Yangwang U9 Xtreme est aujourd’hui l’hypercar la plus puissante au monde avec plus de 3 000 chevaux, répartis entre quatre moteurs électriques fonctionnant sur une architecture révolutionnaire en 1 200 volts, soit trois fois la tension standard d’un véhicule électrique ordinaire. Le rapport puissance/poids atteint un chiffre hallucinant de 1 217 ch par tonne, un standard que les meilleurs ingénieurs aéronautiques envieraient.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais c’est sur l’asphalte qu’ils prennent leur vrai sens. En août 2025, le pilote Moritz Kranz a bouclé la Nordschleife du Nürburgring en 6 minutes et 59,157 secondes, devenant le premier modèle de série électrique à passer sous la barre symbolique des sept minutes. Quelques semaines plus tôt, la même voiture avait atteint 496,22 km/h en vitesse de pointe sur la piste d’essai de Papenburg. L’U9 Xtreme ne se contente pas de signer des records : elle les collectionne.
Seulement 30 exemplaires seront produits. Prix de départ annoncé au-dessus de 200 000 livres sterling. Un objet de collection autant qu’une démonstration de force industrielle. La Chine vient d’écrire une nouvelle page de l’histoire automobile.
La Rimac Nevera R : 2 107 ch et une physique à redéfinir

Quand Rimac a présenté la Nevera originale avec ses 1 914 chevaux, le monde de l’automobile s’était déjà figé. La Nevera R va plus loin encore, avec un groupe motopropulseur électrique gonflé à 2 107 chevaux, alimenté par une batterie de 108 kWh orientée performance. Le 0-100 km/h est expédié en 1,81 seconde. Le 0-300 km/h en 8,66 secondes. La vitesse maximale plafonne à 412 km/h. Ces chiffres ne sont pas des projections marketing ; ils ont été validés par 24 records de vitesse homologués en une seule journée.
Ce qui distingue la Nevera R de ses concurrentes électriques, c’est la maîtrise. Rimac ne vend pas simplement de la puissance brute ; le constructeur croate a développé un système de gestion du couple par roue d’une précision chirurgicale, couplé à un aileron actif générant 15 % d’appui supplémentaire par rapport à la version standard. La voiture sait quand frapper, quand retenir, quand tout lâcher. C’est cela, la vraie performance.
Bugatti Tourbillon : le retour du V16 et la fin d’une ère

Pendant vingt ans, le W16 biturbo a été la signature sonore et mécanique de Bugatti. La Tourbillon tourne la page avec un V16 atmosphérique de 8,3 litres développé en collaboration avec Cosworth, capable de monter à 9 000 tr/min et de délivrer 1 000 chevaux thermiques. Trois moteurs électriques viennent compléter l’architecture hybride rechargeable pour une puissance cumulée de 1 800 chevaux et une vitesse maximale de 445 km/h. Le 0-100 km/h est franchi en exactement 2,0 secondes.
La philosophie de la Tourbillon est à l’opposé du tout-électrique. Bugatti a fait le choix délibéré de préserver l’émotion sonore, la montée en régime, le frisson d’un moteur à combustion poussé dans ses derniers retranchements. Les trois moteurs électriques ne sont pas là pour remplacer le V16 ; ils sont là pour l’amplifier, combler le vide microseconde entre chaque demande d’accélération. C’est une voiture qui sonne comme une œuvre d’art et qui accélère comme une catapulte.
Hennessey Venom F5 : l’Amérique refuse de céder

Texas, fibres de carbone, V8 bi-turbo de 6,6 litres. La Hennessey Venom F5 ne prétend pas à l’hybridation ou à l’électrique ; elle assume pleinement son héritage thermique avec 1 817 chevaux envoyés aux roues arrière uniquement. Une audace mécanique totale. Le 0-100 km/h est expédié en 2,6 secondes et la vitesse de pointe atteint officiellement 438 km/h, Hennessey visant à terme les 483 km/h sur une tentative de record homologuée.
Ce qui rend la Venom F5 singulière dans ce classement, c’est son poids plume de 1 360 kg associé à un moteur « Fury » entièrement conçu en interne. Pas de turbo emprunté, pas de plateforme partagée. Une feuille blanche. Un parti pris aussi courageux qu’efficace dans un monde où les constructeurs se tournent massivement vers les hybrides.
SSC Tuatara et Koenigsegg Jesko Absolut : les rois de la pointe

La SSC Tuatara reste officiellement détentrice du record du monde de vitesse sur route avec 532,93 km/h atteint dans l’État du Nevada, grâce à son V8 biturbo de 5,9 litres et 1 750 chevaux. Un exploit qui continue de susciter le débat dans la communauté automobile, mais que le constructeur américain défend données GPS à l’appui.
Face à elle, le Koenigsegg Jesko Absolut joue une partition différente. Ses 1 600 chevaux et son poids de 1 390 kg lui permettent de revendiquer théoriquement une vitesse de pointe supérieure à 483 km/h. Mais c’est surtout dans l’exercice du 0-400-0 km/h qu’elle s’illustre : en août 2025, le pilote d’usine Markus Lundh a bouclé cet enchaînement en 25,21 secondes, soit un nouveau record mondial homologué. Passer de 0 à 400 km/h puis revenir au repos complet en moins d’une demi-minute, c’est une prouesse qui dépasse l’entendement.
Lamborghini Revuelto : le V12 hybride comme testament d’une époque

La Revuelto occupe une place particulière dans ce classement. Ses 1 015 chevaux combinés, issus d’un V12 atmosphérique de 6,5 litres couplé à trois moteurs électriques, en font techniquement la « moins puissante » de cette liste d’élite. Mais parler de hiérarchie ici serait manquer l’essentiel. La Revuelto est une déclaration d’amour au moteur à combustion, une promesse que Sant’Agata Bolognese n’abandonnera pas le V12 sans se battre. Vitesse maximale supérieure à 350 km/h, 0-100 km/h en 2,5 secondes.
Ce qui frappe avec la Revuelto, c’est la cohérence entre l’héritage et l’innovation. Lamborghini n’a pas simplement ajouté des batteries à un moteur existant ; toute l’architecture a été repensée, avec une réduction de masse de plus de 33 kg sur le seul bloc thermique. La voiture est plus légère, plus précise, plus vivante. C’est cela, l’hybridation intelligente.
Le classement : puissance, vitesse et temps au départ
| Modèle | Puissance | Motorisation | 0-100 km/h | Vitesse max |
|---|---|---|---|---|
| Yangwang U9 Xtreme | +3 000 ch | Électrique (4 moteurs) | ~2,0 s | 496 km/h |
| Rimac Nevera R | 2 107 ch | Électrique (4 moteurs) | 1,81 s | 412 km/h |
| Hennessey Venom F5 | 1 817 ch | V8 bi-turbo 6,6L | 2,6 s | 438 km/h |
| Bugatti Tourbillon | 1 800 ch | V16 hybride (PHEV) | 2,0 s | 445 km/h |
| SSC Tuatara | 1 750 ch | V8 bi-turbo 5,9L | 2,5 s | 532 km/h* |
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.



