
C’était dans les montagnes de l’Utah que tout a commencé. Bien avant de révolutionner le monde du cinéma indépendant avec le Festival de Sundance, Robert Redford a offert au public un premier regard sur sa passion pour le ski à travers le film Downhill Racer. Mais comment un simple film de sport a-t-il pu laisser une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma américain ?
En 1967, après avoir partagé l’écran avec Jane Fonda dans Barefoot in the Park, Redford se prépare à un tournage chez Paramount pour un western intitulé Blue. Mais, là encore, il change de cap. Il abandonne tout en cours de route. Résultat ? Une bataille judiciaire avec le studio qui finit par céder… à condition que Redford envisage d’autres projets. Et c’est ainsi que l’adaptation du roman d’Oakley Hall, The Downhill Racers, entre dans sa ligne de mire.
Au sein de ce récit, Redford incarne David Chappellet, un skieur au talent brut qui rejoint l’équipe nationale des États-Unis. Imaginez un instant : un athlète arrogant, en front contre son entraîneur. C’est un vrai choc de personnalités ! Michael Feeney Callan, l’auteur de la biographie de Redford, décrit ce film comme un tournant pour l’acteur, qui choisit d’emprunter le chemin moins conventionnel de l’auteur.
En compagnie de Peter Salter, Redford s’est immergé dans le monde du ski de compétition. Ils ont voyagé avec l’équipe américaine, s’inspirant de vraies personnalités pour étoffer leur personnage. Quand Roman Polanski se retire pour finir Rosemary’s Baby, Redford prend un risque calculé en confiant la réalisation à Michael Ritchie, encore novice dans le long métrage mais dont les travaux télévisuels avaient captivé l’acteur. Cette collaboration a donné naissance à un duo d’acteurs mémorable : Gene Hackman en entraîneur charismatique et Camilla Sparv en amour troublant de Redford.
Ce qui rend Downhill Racer si singulier, c’est son approche documentaire. Les scènes de course, filmées en Suisse, en Autriche et en France, sont enrichies par des caméras portées par les skieurs eux-mêmes. Une innovation pour l’époque, offrant au spectateur une immersion totale dans la frénésie de la compétition. Grant Wiedenfeld, auteur d’un ouvrage sur les films sportifs, explique magistralement : “C’est un peu comme les films de courses automobiles des années 60. On ressent ce mélange d’adrénaline et de lutte sociale à travers le personnage principal”.
Sorti le 28 octobre 1969, le film a rapporté 1,9 million de dollars (l’équivalent de 16 millions aujourd’hui), contraste frappant avec le triomphe précédent de Redford, Butch Cassidy and the Sundance Kid. Dans une interview, l’acteur avouait : “Downhill Racer n’a pas vraiment fonctionné car il n’y avait pas assez de tenue narrative, mais c’est un film très personnel pour moi”.
Cette année, le festival de Sundance touche à sa fin, juste à temps pour que le monde du ski fasse son apparition aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Si l’histoire de Downhill Racer n’a peut-être pas rencontré le succès escompté, elle reste une pièce maîtresse, révélatrice de la complexité humaine, du désir d’ascension sociale, et d’une passion indéniable. Un héritage que Robert Redford portera toujours avec lui, même après son départ en septembre dernier à l’âge de 89 ans.
Parfois, les films ne sont pas juste des histoires. Ils parlent de nous, de nos combats, et de notre bonheur. Qui sait ? Peut-être que le prochain chef-d’œuvre sur les sports d’hiver attend d’être écrit.
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.