⚡ L’essentiel à retenir
- Budget de 45 millions $, déjà rentable avec 122 millions $ récoltés en 3 semaines
- Concept meta : des amis refont le film culte de 1997… et tombent sur un vrai serpent géant
- Critiques mitigées (49% sur Rotten Tomatoes) mais public conquis (76% d’approbation)
- Deuxième plus gros succès de la franchise Anaconda après l’original
Un concept audacieux qui détourne les codes du reboot
Oubliez le remake classique. Tom Gormican, réalisateur d’Un talent en or massif avec Nicolas Cage, récidive avec sa recette de la mise en abyme. Ici, Jack Black et Paul Rudd incarnent Doug et Riff, deux quadragénaires nostalgiques qui décident de réaliser leur rêve d’enfance : tourner leur propre version d’Anaconda avec les moyens du bord. Sauf que leur expédition amateur dans la jungle amazonienne bascule lorsqu’un véritable serpent géant s’invite sur le plateau improvisé.
Cette approche meta n’est pas sans rappeler Tropic Thunder de Ben Stiller, où des acteurs prétentieux se retrouvent plongés dans une vraie guerre. La différence ? Ici, le film assume totalement son absurdité et transforme le manque de moyens en force comique. Doug rêve même de devenir “le Jordan Peele blanc”, une réplique qui résume l’autodérision du long-métrage.
Le duo Black-Rudd sauve-t-il vraiment le film ?
Unanimité sur un point : Jack Black et Paul Rudd portent littéralement le film sur leurs épaules. Les critiques françaises soulignent leur “duo incroyablement charismatique” capable de transformer les moments les plus bancals en séquences amusantes. The Guardian note que le long-métrage “fonctionne au mieux lorsqu’il permet à ses deux acteurs principaux de se livrer à des excès de légèreté”.
Mais cette alchimie ne suffit pas à masquer les faiblesses du scénario. Le personnage de Daniela Melchior, actrice pourtant remarquée dans The Suicide Squad, est jugé comme “une pièce détachée du puzzle” par Collider, avec une sous-intrigue qui ressemble davantage à du remplissage ennuyeux. Le Journal du Geek va plus loin en affirmant que tout ce qui l’entoure “pourrait être effacé de la narration” sans conséquence.
| Critère | Points forts | Points faibles |
|---|---|---|
| Casting | Duo Black/Rudd charismatique et drôle | Seconds rôles sous-exploités |
| Concept | Approche meta originale et audacieuse | Idée trop étirée pour un long-métrage |
| Réalisation | Quelques blagues bien trouvées | Rythme inégal, serpent mal filmé |
| Effets spéciaux | Assumés comme cheap (voulus ?) | Serpent en CGI moche et peu crédible |
Un box-office qui fait mentir les critiques
Avec un budget de 45 millions de dollars, Anaconda 2025 affiche déjà 122 millions de dollars de recettes mondiales après seulement trois semaines d’exploitation. Ces chiffres placent le film au rang de deuxième plus gros succès de la franchise, derrière l’original de 1997 qui avait totalisé 137 millions de dollars. Une performance d’autant plus remarquable que le film est sorti dans un contexte ultra-concurrentiel, face à Avatar : Fire and Ash, Five Nights at Freddy’s 2 et d’autres blockbusters.
L’écart entre critiques et public est saisissant : 49% d’avis positifs chez les journalistes spécialisés contre 76% d’approbation auprès des spectateurs sur Rotten Tomatoes. Sur AlloCiné, les avis français oscillent entre enthousiasme (“un hymne à tous ceux qui ont toujours aimé le cinéma”, “une véritable madeleine”) et déception (“pas drôle, très forceur”). Mais une constante émerge : ceux qui acceptent le délire au second degré passent un bon moment.
Le verdict : divertissement assumé ou occasion manquée ?
The Hollywood Reporter résume bien le paradoxe : un projet “suffisamment divertissant pour passer le temps” mais “trop superficiel” pour marquer les esprits. Le film souffre d’une ambition tronquée : le concept meta ne va jamais au bout de ses idées, se contentant de blagues de surface sans exploiter pleinement son potentiel satirique.
Pourtant, Sony peut se frotter les mains. En transformant une franchise oubliée en comédie d’aventure auto-consciente, le studio a trouvé une formule rentable qui plaît au grand public. Le serpent géant CGI est peut-être raté, les sous-intrigues sont bancales, mais Jack Black courant avec un phacochère mort sur la tête génère suffisamment de rires pour justifier le prix du ticket.
Au final, ce nouvel Anaconda illustre parfaitement le dilemme du cinéma commercial moderne : entre recyclage créatif et facilité lucrative, la frontière est aussi floue que les écailles numériques du serpent à l’écran. Pari réussi pour Sony et les fans d’humour décalé, occasion manquée pour ceux qui espéraient une vraie satire du système hollywoodien.













