
L’univers de Gotham City continue de fasciner, Pourtant, le chemin vers une éventuelle saison 2 de The Penguin s’avère plus complexe que prévu. Le spin-off de Batman, lancé avec succès en 2024 sur HBO Max, a su conquérir les amateurs de la mythologie sombre et torturée d’Oswald Cobblepot. Mais Colin Farrell, incarnant magistralement le rôle-titre, affiche aujourd’hui une certaine retenue à l’idée de reprendre son personnage. Cette hésitation nourrit un suspense délicat sur l’avenir de la série, tout autant qu’elle questionne les exigences narratives et artistiques imposées par la continuité du travail de Matt Reeves.
Lorsqu’en juin 2024 est apparu sur HBO Max le spin-off The Penguin, beaucoup voyaient là un simple produit dérivé destiné à capitaliser sur la popularité du film de Matt Reeves. Cependant, la série a dépassé bien des attentes. Centrée sur la lente ascension d’Oswald Cobblepot dans les bas-fonds mafieux d’une Gotham City crépusculaire, elle a offert un écrin dramatique dense et innovant qui a capté l’attention du public comme des critiques.
Avec plus de 3 millions d’entrées en France pour son prédécesseur cinématographique, la démarche semblait risquée mais a largement payé. La mini-série a été célébrée pour sa profondeur narrative, mêlant polar et drame psychologique, tout en révélant des dimensions inattendues du célèbre pingouin. Selon une sélection éclairée figurant dans notre top des séries incontournables de 2024, The Penguin s’est hissée parmi les œuvres les plus marquantes de la saison.
Le monde de Gotham ainsi étayé sur petit écran enrichit la mythologie de Batman, en creusant le terreau sur lequel se déploie l’influence croissante de Cobblepot. L’engouement des fans comme des critiques a déclenché nombre de discussions sur la pérennité du projet, notamment une saison 2 qui ferait office de pont entre les épisodes du réalisateur de renom.
Le succès fulgurant du spin-off n’a pas suffi à dissiper les réserves de Colin Farrell, unanimement salué pour son rôle unique dans la série. Pourtant, l’acteur irlandais campe un personnage complexe, à la fois repoussant et fascinant, qui semble avoir laissé des traces, aussi bien physiques que psychiques.
Au moment de la sortie de la première saison, Farrell avait déjà évoqué les difficultés rencontrées lors du tournage, soulignant notamment l’épreuve quotidienne que représentait la pose des prothèses nécessaires pour incarner le Pingouin. Une transformation bien plus qu’esthétique, qui avait un impact sur son endurance et son humeur.
Lors d’une interview récente à Variety, où il recevait un prix pour sa prestation, l’acteur a exprimé cette ambivalence : « Je ne veux pas le faire. Je ne veux pas ne pas le faire. (…) Je détesterais que, juste à cause d’un succès entre guillemets, on y retourne et que ce soit une version plus faible de ce que les gens semblent avoir aimé, en majorité. Donc je ne suis pas pressé. »
Cette prudence est symptomatique d’un souci artistique rare dans une industrie souvent marquée par la surenchère : la fidélité à une qualité d’écriture et de réalisation qui ne saurait être sacrifiée sur l’autel des attentes commerciales. Colleen Farrell n’exclut pas d’y revenir, sous réserve d’une histoire qui tienne la route, à la hauteur de la première salve.
Dans le paysage concurrentiel des productions super-héroïques, proposer une suite à The Penguin ne se limite pas à réitérer un succès. Il s’agit de s’inscrire avec exigence dans le vaste univers de Batman tout en justifiant narrativement l’existence même d’un spin-off en plusieurs saisons. L’écriture doit affiner l’ascension du personnage d’Oswald Cobblepot et approfondir son rapport à Gotham, ce lieu presque organique qui agit comme un personnage à part entière.
Pour la scénariste Lauren LeFranc, qui avait déjà été applaudie pour sa gestion de la première saison, la suite représenterait une vertigineuse capsule temporelle doublée d’une analyse sociale et psychologique. Résumer les attentes en quelques lignes serait réducteur, mais elles peuvent se décliner en objectifs précis :
Une saison 2 se doit aussi d’opérer une jonction fluide avec le deuxième film de la saga, attendu en salles pour 2027. Comme l’a signalé James Gunn, producteur du nouveau DC Universe, la cohérence entre tous les volets est devenue la pierre angulaire d’une expérience immersive globale. Dès lors, The Penguin ne peut faire exception, sous peine de briser l’enchantement.
Seule une intrigue dense, accompagnée d’une mise en scène à la fois sombre et élégante, justifierait une prolongation. Le spectateur exige un récit intelligent, qui refuse de céder à l’écueil d’une simple exploitation mercantile ou d’un effet de mode.
La saison 2 de The Penguin, si elle se concrétise, devra composer avec la production imminente du film The Batman 2 de Matt Reeves, annoncé pour une sortie américaine au 1er octobre 2027 et probablement en avant-première en France fin septembre. Le tournage est prévu pour la fin de l’année 2025.
Colin Farrell a d’ailleurs confirmé sa présence au casting du long-métrage, soulignant son attachement au personnage même s’il reste prudent quant à une éventuelle suite à la série. Ces confirmations indiquent que le parcours d’Oswald Cobblepot au cinéma ne s’interrompt pas et reste un point d’ancrage de la narration globale.
Par ailleurs, l’univers DC vit une transition marquante dans sa stratégie lumineuse, sous la houlette conjointe de James Gunn et Peter Safran. Outre The Batman, d’autres productions majeures sont sur les rails :
Cette dynamique confirme une volonté claire d’approfondir l’univers en gardant une cohésion thématique, mais sans sacrifier à la qualité d’écriture ni à la solidité des personnages. Le rôle que pourrait représenter le spin-off de The Penguin s’inscrit donc dans une démarche soigneusement calibrée, où chaque projet trouve sa place de manière réfléchie.
La transformation de Colin Farrell en Oswald Cobblepot s’est traduite par un véritable défi pour l’acteur. La pose quotidienne des lourdes prothèses, combinée à l’exigence d’incarner une créature à la fois grotesque et tragique, a laissé une marque indélébile.
Il a reconnu que ce processus était non seulement physiquement éprouvant mais aussi émotionnellement chargé. La complexité du personnage, doublée d’une apparence extérieure si éloignée de son profil habituel, l’a conduit à une forme de saturation :
Évoquant cette expérience dans Total Film, il avouait : « À la fin, je me plaignais et râlais à tous ceux qui voulaient bien m’entendre, affirmant que je voulais absolument que ça s’arrête. […] Lauren [LeFranc] m’a dit : “Écoute, si je trouve un moyen cohérent d’arranger ça, tu voudrais bien continuer ?” Et j’ai dit : “Absolument”. Peut-être que dans un an, je serai prêt. Mais quand j’ai fini [la saison 1], je me disais, “Je ne veux plus jamais mettre ce foutu costume et ce foutu masque” ».
Le poids du personnage, au-delà de son succès, résonne donc aussi comme un poids à porter, rappelant que la dimension artistique peut aussi être une lourde charge tant pour l’interprète que pour l’œuvre.
Au-delà de son statut de spin-off, The Penguin s’impose par son identité propre, qui mêle la complexité d’une série policière digne des plus grands classiques avec une plongée psychologique intense. La série exploite à merveille ce double registre :
Cette tonalité soignée donne à The Penguin un cachet distinct et une maturité rare dans le contexte actuel des adaptations de comics. Le traitement des enjeux humains et moraux dans un Gotham plus réaliste contribue à immerger le spectateur dans un univers à la fois connu et résolument neuf.
Le réalisateur Matt Reeves, dont le travail sur The Batman a redéfini la mythologie du Chevalier Noir, demeure un pilier central pour l’ensemble des projets qui gravitent autour de cette nouvelle ère. Son souci du détail, sa capacité à faire coexister noirceur et humanité sont autant de repères pour la série The Penguin.
La cohérence esthétique et narrative de la franchise repose largement sur la justesse de cette vision singulière. La série, tout en élargissant l’univers, reflète parfaitement la ligne directrice posée par Reeves, qui reste impliqué dans la supervision des projets pour ne pas diluer la force du récit central.
Ce positionnement exigeant explique sans doute, en partie, la prudence de Colin Farrell et les délais envisagés pour un éventuel renouvellement de la série.
Alors que l’attention est de plus en plus captée par le DC Universe remodelé par James Gunn et Peter Safran, notamment par des projets innovants et parfois audacieux, le spin-off The Penguin représente un modèle de série à suivre. Il illustre le potentiel des récits annexes pour donner corps à des personnages secondaires souvent sous-exploités.
Avec des sorties majeures comme Superman (9 juillet 2025), Supergirl : Woman of Tomorrow (été 2026), ainsi que des séries policières comme « Lanterns » programmée sur HBO Max, l’univers DC se veut à la fois riche, varié et cohérent.
Pour le futur immédiat, la saison 2 de The Penguin ne devrait pas voir le jour avant 2028, au regard des contraintes de production et de la sortie de The Batman 2. La prudence de Colin Farrell, alliée à la stratégie réfléchie de DC Studios, laisse plutôt entrevoir une attente patiente mais attentive, un luxe rare dans des circuits de surenchère et d’urgence médiatique.
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